• Bromo, lever du soleil
    Richard:  Au-delà du voyage, une leçon de vie et de sérénité
    Pantai Kawona Bumi, Sumba.

    Partir trois mois en Indonésie, ce n’est pas simplement enchaîner les kilomètres, les vols ou cocher des cases sur une carte. C’est accepter de changer de rythme, de poser ses valises et de laisser la magie de l’archipel opérer. Voici le récit de notre traversée de 90 jours, des temples mystiques de Java aux traditions mégalithiques de Sumba, aux rizières de Bali, pour finir dans les différentes îles. Voici ce qui reste gravé à jamais dans mon cœur :

    L’incomparable gentillesse du peuple indonésien : juste « WOW »

    S’il n’y avait qu’une seule image à retenir de ces trois mois, ce serait celle d’un sourire. Partout, de la ferveur culturelle de Java aux villages les plus isolés de Sumba, nous avons été enveloppés par une bienveillance d’une pureté rare.

    Ici, l’accueil n’est jamais commercial ou forcé ; il est viscéral. Les Indonésiens possèdent cette rare qualité d’être entièrement présents à l’autre. Chaque salutation sur le bord de la route, chaque regard échangé avec les artisans qui tissent les Ikats ancestraux à Prai Yawang, ou chaque attention du personnel de nos hôtels à Malang ou Amed nous a touchés au plus profond. C’est une douceur de vivre qui s’exprime dans la voix, une générosité spontanée qui donne sans rien attendre en retour. Cette connexion humaine, si vibrante, redéfinit instantanément le sens du mot hospitalité. On ne se sent jamais simples touristes, mais invités d’honneur de tout un peuple.

    Temple Nusa Lembongan

    Bien sûr, tout n’est pas rose. Vous verrez beaucoup d’erreurs, des repas qui ne sont pas servis en même temps, des incohérences dans les hôtels, parfois de l’insalubrité et des bibittes que vous ne souhaiteriez pas voir sur votre corps. Il y a une pauvreté extrême, de la malnutrition, des enfants mendiants… Mais ce n’est jamais dans l’agressivité envers nous, les touristes riches.

    Alors, à vous d’ouvrir votre cœur, de participer à cette bienveillance et d’aider ce peuple si gentil en étant généreux en retour de vos sourires et de votre argent. Soyez généreux dans vos pourboires, s’il vous plaît ! Arrêtez de jouer les touristes faux riches. Si vous êtes ici, c’est que vous êtes riches comparativement à eux, sinon ne venez pas et cessez d’exploiter ces gens.

    Alors, comment les aider concrètement ? Voici des exemples simples :

    • Soutenez l’économie ultra-locale : Achetez vos fruits directement au marché, mangez dans les restos familiaux et achetez vos souvenirs directement aux artisans, comme ces magnifiques tissus Ikats faits à la main à Sumba, plutôt que dans des boutiques de luxe appartenant à de grandes chaînes.
    • Cessez les négociations agressives : Arrêtez de vous battre pour économiser quelques sous. Ces quelques dollars de différence pour lesquels vous négociez ne change absolument rien à votre budget de vacances, mais il peut représenter le repas d’une journée entière pour une famille locale.
    • Donnez de la main à la main : Donnez vos pourboires en argent comptant directement à la personne qui vous a rendu service (votre chauffeur, votre guide local, le personnel d’entretien de votre chambre). C’est la seule façon de vous assurer que votre argent va directement dans leurs poches et non dans celles des gros complexes hôteliers.

    Bon, c’était mon éditorial !

    Bromo

     

    La beauté brute et sauvage de Sumba : Notre coup de cœur

    Si vous cherchez une Indonésie secrète, mystique et préservée, Sumba est une terre de contrastes saisissants qui nous a offert nos plus grands chocs visuels. L’île possède une force brute, presque cinématographique, qui laisse sans voix.

    Pantai Wanga, Sumba.

    J’ai également fait de la plongée sous-marine à Candidasa, où la diversité des coraux et de la faune marine est tout simplement spectaculaire. Nous sommes présentement à Nusa Lembongan, un autre endroit sublime pour la plongée, mais je dois malheureusement passer mon tour en raison d’une otite du baigneur, résultat de toutes ces heures merveilleuses passées dans l’océan et les piscines.

    Comment décrire la sensation de liberté absolue en contemplant les plaines à perte de vue de Puru Kambera ? Comment ne pas frissonner pendant les marches sur des plages vierges, partagées parfois avec quelques pêcheurs qui lancent leurs filets ?

    Sumba déploie une poésie visuelle unique : des eaux translucides de la piscine naturelle de Weekuri aux falaises blanches et vasques turquoises du Grand Canyon de Tanggedu. Et puis, il y a ces moments suspendus au coucher du soleil, où les silhouettes des célèbres mangroves, les « arbres dansants », se détachent sur un ciel de feu.

    Sumba ne se visite pas, elle se reçoit comme un cadeau précieux et sauvage. Tellement sauvage qu’au début, on peut se sentir déboussolé. Mais avec un guide local que je vous recommande chaudement: InfinitySumba

    Vous vibrerez à coup sûr au rythme de Sumba.

    La plage des arbres dansants, Sumba.
    Les perles incontournables : l’or vert de Jatiluwih
    Jatiluwih, site Unesco, rizières, Bali.

    Au milieu de cette longue traversée, certaines étapes s’imposent comme des chefs-d’œuvre d’harmonie. C’est le cas des rizières de Jatiluwih, classées à l’UNESCO, qui incarnent à elles seules la splendeur des paysages balinais.

    S’y réveiller dans les montagnes, tout près de cet océan vert, est une expérience mystique. Partir tôt le matin à pied pour la fameuse Boucle Jaune, c’est s’offrir plus de trois heures de communion totale avec la nature. On marche au milieu des terrasses de riz rouge traditionnel, l’air frais du matin sur le visage, alors que le volcan Batukaru se détache fièrement à l’horizon. C’est le tableau parfait d’une Indonésie éternelle, où le travail de l’homme magnifie la terre depuis des siècles.

    Du mouvement à la zénitude : l’art de ralentir
    Bromo au loin

    Voyager pendant près de 90 jours impose une transition invisible mais profonde dans notre rapport au temps. Au début, le rythme est dicté par l’excitation des réveils à minuit pour le Mont Bromo ou les treks intenses vers la cascade de Tumpak Sewu. On court après les paysages, on absorbe l’énergie brute de Java.

    Chutes, Bali.

    Puis, peu à peu, la magie opère. Le voyage prend une tout autre dimension : le rythme ralentit. La frénésie des débuts fait place à une contemplation tranquille, une véritable quête de zénitude. On commence à savourer le silence de la savane, le murmure d’un warung sur pilotis face aux rizières, ou la douceur d’un souper de fruits de mer les pieds dans le sable à Jimbaran avec ma fille et son amoureux. On passe de l’action à l’émotion pure. Ce long périple devient alors un retour à l’essentiel, un état d’esprit où l’on réapprend simplement à respirer, à apprécier le vide, et à être intensément bien, ici et maintenant.

    Conclusion : Le cœur gros, mais l’âme riche

    C’est le moment de boucler nos sacs à dos pour la toute dernière fois de ce périple. On se surprend à regarder notre billet d’avion pour l’Australie avec un pincement au cœur. Nous repartons le cœur gros, profondément émus de quitter cette terre qui nous a tant donné, mais nous repartons surtout avec une belle énergie de cœur et une bienveillance que les Balinais nous ont si bien transmises.

    Offrandes, Temple Pura Lingsar, Lombok.
    Temple Pura Lingsar, Lombok.

    Quitter l’Indonésie après 89 jours, c’est laisser derrière soi des paysages grandioses et des visages inoubliables. On ramène avec nous un peu de la force des volcans de Java, de la liberté sauvage des savanes de Sumba, et de la sérénité des rizières de Bali. Mais par-dessus tout, on emporte avec nous cette incroyable leçon de vie dictée par la bonté de ses habitants.

    Alors, si le cœur vous en dit, venez en Indonésie. Prenez le temps dans le temps, laissez-vous surprendre doucement et vous verrez à quel point les Balinais sont des êtres très touchants au quotidien.

    Ah oui, n’oubliez pas de sortir des sites touristiques ! Il y a juste trop de touristes et vous risquez de perdre l’essence même de l’Indonésie. Sortez de votre zone de confort, osez l’aventure, et qui sait ce qui se passera en vous…

    Anne:
    Notre voyage en Indonésie : Une pause douceur et des rencontres inoubliables

    L’Indonésie est arrivée exactement au bon moment dans notre itinéraire. Après un peu plus d’un an de voyage, nous avions un réel besoin de prendre des vacances de nos vacances. Contrairement au Vietnam, où le rythme est dicté par d’innombrables visites de toutes sortes, l’Indonésie se vit plutôt comme une ambiance, une énergie unique à ressentir. Bien qu’il y ait des incontournables, les sites sont moins nombreux, ce qui laisse tout le temps nécessaire pour relaxer. Et nous avons relaxé comme des professionnels !

    Muraille, Jokgyakarta

    Nos interactions avec les habitants ont toujours été positives, profondément réconfortantes et empreintes d’une grande douceur. Au fil des discussions, nous avons compris que les Indonésiens, peu importe leur religion (et ce sont plusieurs religions qui vivent en paix côte à côte), partagent un sens de la communauté admirable. Ils accordent une valeur immense à la famille et au respect de leurs ancêtres, et portent une bienveillance sincère envers les voyageurs.

    Voici les moments précieux qui resteront gravés dans nos mémoires :

    Java : Entre sommets glacés et récits anciens

    À Java, nous avons vécu une excursion hors du commun qui nous a tenus éveillés toute la nuit, changeant de véhicule à plusieurs reprises en direction du mont Bromo. Nous avons gravi la montagne dans la fraîcheur de la nuit, emmitouflés dans toutes les couches de vêtements chauds que nous possédions, pour observer le lever du soleil sur le volcan. C’était à couper le souffle. Pouvoir grimper jusqu’au cratère plus tard en matinée restera un moment gravé à jamais.

    Le temple de Borobudur, le plus grand temple bouddhiste au monde, est lui aussi présenté comme un incontournable au lever du jour. S’il est indéniablement photogène sous cette lumière matinale, l’expérience n’est peut-être pas aussi cruciale à cette heure précise que celle de Bromo. Quant au temple de Prambanan, nous avons eu la chance inouïe de tomber sur le guide touristique le plus divertissant qui soit. Il nous a raconté l’histoire de Shiva avec tellement d’entrain et d’esprit que nous étions littéralement suspendus à ses lèvres.

    Bromo
    Sumba : Le coup de cœur et la tendresse de Victor

    C’est un article du New York Times qui nous a donné envie de visiter Sumba, une île moins touristique et quand même éloignée. En arrivant, je me suis brièvement demandé si l’auteur n’avait pas embelli la réalité.  Quelques jours plus tard, par contre, après avoir exploré l’île, j’ai plutôt conclu qu’il l’avait sous-estimée. C’est là que nous avons rencontré notre chauffeur, Viktor, de l’entreprise Infinity Sumba.

    Ani et Viktor

    Pendant quelques jours, il nous a guidés à travers les plus beaux trésors de l’île : une lagune abritant un petit récif de corail et une multitude de poissons, des plages sauvages où nous étions seuls au monde, ou encore, un village traditionnel où les habitants partagent des croyances animistes fascinantes.

    Photo depuis la voiture à Sumba
    Photo depuis la voiture à Sumba

    Voyant notre grand calme à l’arrière du véhicule, Viktor nous demandait souvent si tout allait bien. Il s’inquiètait peut-être nous etions blazés par le paysage.  Nous devions le rassurer : nous ne nous ennuyions pas, nous étions simplement émerveillés par la beauté de cette île luxuriante et paisible. J’ai pris une quantité phénoménale de photos ! Nous avons terminé notre séjour à Sumba dans un bungalow directement sur la plage. Entre notre routine d’entraînement et nos deux marches quotidiennes sur le sable, nous avons enfin décroché, oubliant les exigences de notre voyage intense à travers l’Asie.

    Viktor et Richard, Sumba

    Les mots me manquent pour exprimer toute notre gratitude et admiration envers Viktor. C’est un jeune homme extrêmement travaillant et si investit pour réaliser son rêve et bâtir son entreprise. La façon dont il nous a traités, avec un respect et une tendresse immenses – nous appelant affectueusement Mom and Pop –, son souci constant de notre confort et de notre bonheur, et la générosité avec laquelle il nous a présentés à sa famille et à sa charmante copine nous ont profondément émus. À travers son professionnalisme, nous avons pu constater la grande rigueur et la détermination qui habitent les Indonésiens. On ne peut que leur souhaiter tout le succès possible et une juste chance de s’épanouir.

    Lapopu Waterfall Sumba
    Villa Ratenggaro Marapu
    Lapopu Waterfall
    Viktor ❤️
    Lapopu Waterfall
    Le personnel de l’hôtel Tanoma Sumba, trop sympas
    Retrouvailles en famille et aventures à Bali

    Nous avons ensuite rejoint la fille de Richard, Laurence, et son copain Jérémie à Jimbaran. Cette ville possède une immense plage magnifique, réputée pour ses couchers de soleil inoubliables. C’est un endroit vibrant de vie où se côtoient les enfants qui jouent, les équipes sportives à l’entraînement, les cerfs-volants géants, les cérémonies religieuses et une multitude de restaurants de poisson frais.

    Richard, Laurence et Jérémie
    Jimbaran

    Nous avons loué les services d’un chauffeur pour nous rendre à Uluwatu, un temple suspendu au sommet d’une falaise offrant une vue imprenable sur le coucher de soleil. Ce que nous ignorions, c’est que le site est envahi par des singes chapardeurs, passés maîtres dans l’art de voler les touristes pour obtenir de la nourriture. Laurence s’est fait subtiliser ses lunettes de prescription en un clin d’œil par un singe très agile ! Heureusement, un employé du site a réussi à les récupérer en échange d’une friandise. Elle s’en est bien tirée, car nous avons vu un autre touriste tenter de récupérer ses lunettes en offrant une barre tendre; le singe, loin d’être impressionné par l’offrande, a failli le mordre ! Il existe d’ailleurs plusieurs forêts de singes à visiter dans la région, mais nous n’arrivons franchement pas à comprendre pourquoi les gens recherchent ce genre d’interaction !

    Les bandits: beaux de loin mais loins d’être beaux!
    Les rizières de Jatiluwih et le calme des îles Gili

    Nous avons eu le bonheur de prendre le temps de faire une longue randonnée à travers les spectaculaires rizières en terrasses de Jatiluwih, classées à l’UNESCO.

    Pour la suite, notre choix s’est arrêté sur Gili Air, réputée pour être la plus tranquille des trois îles Gili. Ce fut l’un des grands moments forts de notre voyage. L’absence de voitures – on s’y déplace uniquement à pied, en calèche, à vélo ou en scooter électrique – y apporte une belle quiétude. En revanche, nous n’étions pas tout à fait convaincus par la présence de jeunes touristes (certains des enfants!) et d’adultes manquant visiblement d’expérience au guidon de ces scooters électriques. Marcher dans la rue devenait parfois stressant lorsqu’il fallait esquiver ces conducteurs hésitants ! On a rarement à s’inquiéter avec les conducteurs locaux : les Indonésiens semblent pratiquement nés sur un scooter.

    L’apnée à Gili Air est fantastique. Que ce soit en louant un bateau pour s’éloigner des côtes ou simplement en partant de la plage, les fonds marins regorgent de poissons, et de quelques tortues vertes et luths.

    5 à 7 et jeu de dés
    Cours de cuisine avec Laurence
    Les résultats délicieux
    Escapades aquatiques et fins de séjours

    Bien que nous ayons beaucoup apprécié notre semaine au Sheraton de Senggigi à Lombok – qui offrait nos activités préférées : marches sur la plage, piscine magnifique et salle de sport, nous avons réalisé après coup que notre deuxième semaine à Kuta Lombok n’était pas nécessaire. Kuta Lombok se résume essentiellement à une artère principale au trafic de scooters incessant et bruyant. En nous y promenant à pied, nous avons d’ailleurs été témoins de deux accidents impliquant des touristes qui surestimaient leurs habiletés de conduite. Nous avons aussi croisé un grand nombre de voyageurs portant des plâtres, des bandages et de sérieuses égratignures, de toute évidence des blessures de la route.

    Amed, Bali.

    À Amed, tout juste devant l’hôtel Ibus Beach, l’apnée est exceptionnellement accessible et gratifiante (à marée haute seulement, car la marée basse expose les coraux et comporte des risques de coupures !). J’ai eu un plaisir fou à aller saluer deux fois par jour une variété impressionnante de poissons : poissons-anges, poissons-papillons, poissons-perroquets, sergents-majors, poissons-licornes. J’ai suivi un baliste titan par deux fois pour bien l’observer, pour ensuite regarder dans fishi-pedia et l’identifier. Je n’avais aucune idée que je m’approchais d’un des poissons les plus agressifs de l’eau!   La vie marine est incroyablement diversifiée et facilement accessible ici.

    Sur une plage de caillous où gissait une épave Japonaise, nous avons rencontré une jeune Française qui nous a expliqué qu’elle ne pouvait pas aller en apnée car elle avait été frappée par un scooter, et avait une fracture et une entorse!  C’est un sérieux problème ici, la mixture de touristes et scooters!

    Temple Pura Lingsar

    À Candidasa, j’ai eu l’opportunité de plonger au Blue Lagoon, un récif en excellente santé où l’on peut voir une immense variété de poissons et coraux.   Mon compagnon de plongée, Gary, un Australien avec plus de 1,000 plongées complétées, m’a montré comment il lui manquait un bout d’oreille grâce à une rencontre avec un baliste titan. J’ai donc finalement été chanceuse de rencontrer ce poisson à un moment où il ne protégeait pas sa frayère!

    Padang Bai

     Si  je devais suggérer un itinéraire à un ami, je lui dirais sans hésiter de visiter Java, Bali, Sumba et Gili Air, mais pour les raisons déja expliquées, je pense que Lombok n’est pas entièrement à recommander.

    L’Indonésie aura été le pays où j’aurais le mieux manger. Leur plat typique de Gado Gado, avec tempeh et tofu et cette délicieuse sauce aux arachides, aura été mon repas dépanneur-protéine à plusieurs reprises. En plus de leur plats délicieux locaux, les Indonésiens se démarquent dans leur offre de cuisine internationale.  Le meilleur Indien que j’ai mangé, et toutes sortes d’options, du Coréen au Grecque en passant par l’Espagnol et l’Italien, vraiment délicieux! 

    L’Indonésie sera le pays où j’aurais pris, somme toute, le moins de photos, mais il sera le pays dont j’aurais le meilleur souvenir de bien-être.

    Je suis bien d’accord avec Richard lorsqu’il suggère de donner des pourboires directement dans les mains des personnes qui nous offrent des services.  La vie n’est pas facile ici, comme au Laos et au Cambodge, on voit beaucoup de pauvreté. Lorsqu’une pédicure nous coûte seulement trente dollars, on ne peut pas, en toute bonne conscience, ne pas laisser un pourboire important. On ne peut pas ignorer que les Indonésiens travaillent sans cesse, souvent dans plus d’un emploi, pour tirer de l’avant. Je suis convaincue que notre contribution à l’atmosphère sécuritaire et réconfortante de ce pays, dans notre expression de gratitude, est primordiale.

    Un couple touriste avec leurs jeunes enfants s’est arrêté devant un mascotte en costume épais dans lequel il devait suffoquer dans l’humidité de mi-journée à Seminyak, Bali. Le mascotte dansait et sautait pour amuser les enfants et les parents prenaient photo après photo. Oui, la petite boîte de pourboires affichait qu’il n’était pas obligatoire de payer, mais quand-même, c’est notre devoir en tant que touriste, riche parce qu’on s’est payé un billet d’avion et une chambre d’hôtel, riche parce qu’on récolte en salaire en un jour ce que plusieurs Indonésiens se feront payer au mois, riche, oui, on est riche et on n’a pas vraiment fait quelque chose de plus pour l’être, on n’a pas travailler aussi fort qu’eux, ce n’est simplement pas le cas. Il faut donner. Il le faut.

    On pourrait argumenter que le problème est ailleurs et que la solution se trouve dans un gouvernement qui cherche par tous les moyens à protéger et soutenir son peuple pour que ce soit eux, avant les grandes entreprises privées venues d’ailleurs, qui profite directement du tourisme. Oui, c’est probablement vrai, mais en attendant, et puisqu’on est là, et qu’on a tellement plus d’argent, eh bien, il me semble que l’on doit donner.

    Nussa, Balai
    Ulun Danu Beratan Temple
    La nuit tombée à Jimbaran
    Coucher du soleil à Seminyak

    Merci à L’Indonésie, pour m’avoir donné tellement de souvenirs et surtout de m’avoir permis de me ressourcer tout en douceur.

  • Barrils de sake

    Richard
    Le Japon faisait partie de ces destinations que j’avais hâte de découvrir depuis longtemps. Entre ce qu’on voit partout sur les réseaux sociaux et sa réputation de pays fascinant, les attentes étaient élevées. Alors, est-ce que ça a été à la hauteur ? Oui… et même plus, mais pas toujours de la façon à laquelle je m’attendais.

    Totonbori, Osaka.
    Osaka

    Le Japon se définit avant tout par ses contrastes. C’est un pays insulaire composé de milliers d’îles, où la capitale, Tokyo, immense, vibrante et presque irréelle, coexiste avec des régions beaucoup plus calmes, parfois figées dans le temps. En quelques instants, le décor change complètement : les néons, les trains ultra rapides et les foules denses laissent place à des temples silencieux, des ruelles paisibles et des paysages qui semblent tout droit sortis d’une carte postale.
    On a commencé par le classique : Tokyo, Osaka, Kyoto. Le fameux triangle du surtourisme. Et oui, c’est ultra bondé. Par moments, c’est même étouffant. Mais malgré ça, impossible de ne pas être impressionné. Je me rappelle être debout au milieu de Shibuya Crossing, entouré de centaines de personnes, et pourtant, tout était fluide, organisé, presque chorégraphié. Aucun chaos. Juste un mouvement collectif parfaitement maîtrisé. C’est là que tu comprends que tu n’es pas dans un pays comme les autres.
    Kyoto, c’est autre chose. Très touristique, oui, mais il suffit de s’éloigner de quelques rues pour tomber sur un petit temple presque vide, entendre le vent dans les arbres et retrouver un calme inattendu. Ce contraste constant rend l’expérience unique. On passe du bruit au silence en quelques minutes.

    Kyoto

    Puis vient ce que j’appelle le « vrai Japon ». Celui qu’on ne voit pas forcément sur Instagram. Moins spectaculaire au premier regard, plus discret… mais profondément authentique. On a fait quelques randonnées, et les paysages étaient magnifiques, mais avec une réalité qu’on ne peut pas ignorer : les ours. Oui, des ours, et pas juste en théorie. Les panneaux d’avertissement sont partout. On avait nos clochettes, on faisait du bruit en marchant, et malgré ça, il y avait toujours une petite tension. Résultat : moins de sorties que prévu. Un peu frustrant, mais ça fait partie de l’expérience.

    Faute d’avoir notre propre cloche, on peut sonner celle-ci


    Ce qui m’a le plus marqué, au final, ce n’est pas seulement ce qu’on voit… c’est comment on le vit. Les Japonais, de façon générale, vivent simplement. Pas de fla-fla, pas d’excès. Les villes et les villages sont à leur image : sobres, fonctionnels, efficaces. Si tu cherches constamment à être impressionné visuellement, tu pourrais passer à côté. Mais si tu ralentis et que tu t’adaptes à leur rythme, il y a quelque chose de profondément apaisant qui s’installe.
    Et puis il y a les Japonais eux-mêmes.
    Honnêtement, c’est mon plus grand « wow » du voyage.
    Je me souviens d’un moment tout simple dans un train bondé à Tokyo. Silence total. Pas un téléphone qui sonne, pas de conversation forte. Juste des gens présents, respectueux des autres. À un moment, j’ai échappé quelque chose par terre. Avant même que je réagisse, quelqu’un l’avait ramassé et me l’avait tendu avec un léger sourire et un signe de tête. Aucun mot. Juste du respect.

    Les Alpes japonaises

    Mais sérieusement… qu’est-ce qu’ils mangent au petit-déjeuner pour être comme ça ?
    Même face à des touristes clairement irrespectueux, et j’en ai vu, ils restent calmes, polis, dignes. Mais attention, ce n’est pas de la faiblesse. Il y a une fermeté tranquille derrière tout ça. Une façon de dire : ici, on fait les choses autrement.
    Et ça se voit partout.
    Dans les transports, où le silence est la norme, même aux heures de pointe. Dans les rues, où il y a très peu de poubelles, mais où rien ne traîne par terre, parce que chacun garde ses déchets avec lui. Dans les files d’attente, où personne ne dépasse, même quand le train arrive.
    Ce sont des petits gestes… mais mis ensemble, ça crée une société incroyablement fluide.

    Mont Fuji a fait une apparition, Tokyo.
    Le village Shirakawa-go

    Derrière tout ça, il y a une valeur forte : le collectif avant l’individuel. Chacun est conscient de l’impact de ses actions sur les autres. Ce n’est pas imposé de manière visible, c’est intégré. Naturel. Et c’est probablement ce qui m’a le plus fait réfléchir.
    Parce qu’en comparaison, dans plusieurs sociétés occidentales, on sent que ce lien collectif s’effrite. On privilégie souvent le confort personnel, au détriment du reste.
    Le Japon m’a impressionné, bien sûr. Par ses paysages, ses villes, ses contrastes. Mais au final, ce n’est pas ce que je retiens le plus.
    Ce qui reste, c’est ce sentiment d’harmonie. Cette impression que tout fonctionne sans friction, non pas parce que tout est parfait, mais parce que chacun fait sa part, simplement, sans chercher à se mettre en avant.
    C’est un pays qui ne crie pas pour impressionner. Il ne cherche pas à séduire à tout prix. Et pourtant, il marque profondément.
    Il m’a rappelé qu’une société peut être à la fois moderne et profondément respectueuse. Qu’on peut aller vite, très vite même, tout en restant attentif aux autres. Qu’il est possible de vivre ensemble autrement, avec plus de considération, plus de retenue et plus de conscience.
    Et surtout, il m’a fait réaliser à quel point ce sont les petites choses qui changent tout. Un silence respecté. Une file bien ordonnée. Un simple geste d’attention envers un inconnu.
    Des détails, en apparence. Mais une fois additionnés, ils transforment complètement l’expérience.

    Hokaido
    Hokaido

    Je repars avec plus que des souvenirs. Je repars avec une réflexion… et peut-être même une envie d’intégrer une part de cette philosophie dans mon quotidien.
    Parce qu’au fond, le Japon ne se visite pas seulement.
    Il se ressent. Et il laisse une empreinte en soi.
    Et aujourd’hui, en étant en Malaisie, je peux le dire sans hésiter : ce qui me manque le plus du Japon, ce ne sont pas ses temples ni ses villes.
    Ce sont ses gens.
    心からありがとうございます。 (« Merci du fond du cœur »).

    Forêt de bambou

    Anne
    Le Japon, en trois observations:
    1:
    Ma fille. Elena et moi avons une relation assez fusionelle, merci, ce qui rend notre présence l’une à l’autre très intense.  Notre séparation, dû au voyage, a crée le besoin de colles sérieuses et exclusives chez cette mère et sa fille, et cela n’a pas toujours été facile pour trois voyageurs.  Pour chacun de nous, cela a été confrontant de façons différentes. Malgré cette bousculade d’émotions, et à cause de l’amour profond que j’ai pour ma fille, je ne peux que la remercier d’être venue si loin pour nous voir. Elena avait choisi le Japon comme la destination où elle voulait nous rejoindre, et elle était pleine d’énergie et d’enthousiasme face à l’exploration. Richard et moi, avec dix mois de voyage dans le corps et une fatigue accumulée, avions ralenti notre rythme assez drastiquement, et j’avais peine à garder le pas.  Des moments dont je me souviens:  Elena dont le visage s’illumine devant tout ce qui est Japon, du thé Matcha aux vêtements flyés aux bidets Japonais. Les câlins généreux et uniques de ma fille. Les “I love you” prononcés à l’improviste, et lui tenir la main. Cette maman a été choyée.

    Hakone

    2:
    L’ultra fonctionalité Japonaise. Si quelque chose est fait dans ce pays, la façon de le faire a été pensé pour que ce soit avec logique et raison. C’était éducatif de voir comment les processus sont efficaces, demandant un effort raisonnable de ceux qui y participent. Résultat: les citoyens participent à la propreté de leurs rues, la circulation de tout ce qui bouge est fluide, que ce soit les piétons, les bus, les métros ou les trains. Comme dit Richard, on participe à une chorégraphie et tout est fluide et rassurant pour le touriste.

    Parc de sculptures Hakodate

    3:
    Sa nature. Des randonnées dans ses montagnes et forêts sont accessibles et comfortables.  Nous avons profité de la glorieuse nature du pays, en marchant dans des forêts de bambou et de magnifiques cèdres rouges. En plein milieu d’une forêt, il y aura quand même des toilettes avec sièges chauffés et des distributeurs de boissons, c’est paisible et comfortable.

    Yamagata
    Parc de sculptures Hakone

    Ce que j’ai préféré:
    Hakone: village de bains Onsen, et point de départ d’excursion amusant, car il comprend un train de banlieue, un funiculaire et un téléphérique pour explorer les environs. Un parc de sculptures impressionant à même le village.
    Tokyo, c’est fou. C’est accéléré, c’est dynamique, c’est moderne et ancien, c’est peuplé. On en a découvert une partie à travers sa mode, avec Elena. Les tendances se promènent du classique au complètement hors de ce monde.  C’est des milliers de pas par jour à Tokyo, c’est une stimulation visuelle constante, on a à peine le temps de cligner les yeux, il y a tout simplement trop à voir.

    Osaka
    Tokyo

    Hokaiddo: La ville a préservée bien des immeubles patrimoines, et la marche par ici nous permettait d’admirer le tout: des temples et églises, plusieurs bâtiments d’architecture soit typique ou d’époque du siècle passé.


    Les 7-11 et Family Mart. Ce sont des dépanneurs pour de vrai: on peut y payer ses factures, retirer de l’argent, faire des photocopies et réchauffer la nourriture que l’on y achète. Et les choix de nourriture! Portions de tofu, edamame, toutes sortes de viandes, sandwiches variés, onigiris délicieux, soupes, smoothies que l’on fait sur place, suppléments de nutrition, articles de bureau et essentiels de voyage. Chaque excursion dans ces petits magasins nous faisait découvrir des nouveautés.

    Osaka

    Aucun doute que le Japon m’a impressionnée au-delà de mes attentes. J’en retiens un profond respect et une grande admiration pour un peuple qui semble avoir compris comment créer des communautés fonctionnelles et responsables.  J’ai appris du Japon, et j’en suis reconnaissante.

  • Coucher du soleil à Jeju
    Richard

    Arrivés directement de Taïwan, nous avons eu un énorme choc culturel. 

    La Corée du Sud a tout pour devenir une destination internationale incontournable : Séoul est impressionnante, l’histoire est riche, la culture puissante, la nature souvent spectaculaire, et le système de transport est parmi les plus efficaces au monde. Alors qu’est‑ce qui cloche et nous écorche au quotidien ? 

    Bienvenue au pays des « poker face ».
    Parc Unesco Sokcho
    Le peuple coréen

    Oui, c’est dur à dire, mais c’est la vérité telle que nous la vivons : pour un touriste, la grande majorité des Coréens que l’on croise sont peu accueillants, froids, parfois carrément impolis, et frôlent l’impolitesse systématique. Et ce n’est pas un fait anecdotique, c’est le ton général de la rue, des commerces et des services publics.

    Voici quelques exemples du quotidien, sans exagération :

    – Vous leur faites un sourire : en retour, vous avez droit à un visage totalement impassible, parfois accompagné d’un regard vide ou chargé de jugement. 

    – À l’hôtel, le « bienvenue » est une affaire de transaction, rien de plus ; tout est froid, sans chaleur humaine. 

    – Dans les restaurants, le service se résume souvent à des écrans, généralement uniquement en coréen, et aux plats posés sans aucune attention ni la moindre politesse. 

    – Dans la rue, beaucoup ne se gênent pas pour vous foncer dedans, vous bousculer, souvent sans un regard, sans un mot, sans s’excuser. 

    À gauche, à droite, partout, ils ne respectent aucun sens de circulation, avancent en groupe, en regardant leur téléphone, comme si le reste de l’humanité n’existait pas, malgré une campagne officielle depuis 2009 qui leur rappelle de marcher à droite.

    – Dans l’autobus, il n’y a aucune notion de priorité : celui qui pousse le plus fort passe, et l’on joue des coudes avec une impolitesse appuyée. 

    – Au comptoir d’autobus ou de train, quand vous achetez un billet, les autres voyageurs coréens n’hésiteront pas à vous couper la parole, à parler par‑dessus votre conversation, sans le moindre égard.

    Les exemples que je viens de citer ne sont pas des exceptions, ils reflètent le quotidien de vivre en Corée du Sud pour un touriste étranger. Et ce n’est pas une impression isolée : beaucoup d’autres voyageurs confirment exactement la même chose.

    C’est donc un quotidien lourd, désagréable et parfois épuisant, ce qui est d’autant plus dommage que le pays possède un potentiel touristique énorme. On se retrouve à visiter un endroit magnifique tout en étant constamment malmené par l’attitude de la population locale.

    Certains diront que tout cela provient de leur obsession pour l’efficacité, la rapidité et l’excellence. Ça, on peut le comprendre. Mais là encore, ils se plantent complètement avec les touristes : l’efficacité ne doit pas servir de prétexte à l’impolitesse et à l’indifférence.

    Voici d’autres exemples, toujours sans fard :

    – Les sentiers de randonnée pédestres sont presque tous mal indiqués, quand ils le sont. Sans exceptions notables. 

    – Les lieux touristiques, y compris certains sites UNESCO, sont souvent mal balisés, peu clairs, et parfois quasiment sans aucune information utile pour un étranger. 

    – Leur anglais est globalement nul, même si le gouvernement met l’accent dessus, l’enseignement reste centré sur la théorie et les examens, pas sur la communication réelle. 

    – Leurs guichets automatiques et leurs sites web sont presque inaccessibles pour les touristes : interface compliquée, peu de langue étrangère, zéro assistance.

    Côté alimentation, si vous êtes végétariens ou simplement amateurs de fruits et légumes, vous serez très mal servis. Il y a de la viande partout : hot pots, BBQ coréens ultra carnés, plats côtés, soupes en boîte au dépanneur bourrées de viande. La cuisine végétarienne, ici, c’est presque un concept étranger.

    Vivre au quotidien ici avec ces « poker face » coréens est donc fatiguant, frustrant et parfois carrément désagréable, malgré la beauté des paysages et la modernité de la capitale. On se sent souvent comme un intrus, un simple numéro dans un système qui ne vous considère pas.

    Et pourtant, on a bien vu que les Coréens peuvent être chaleureux. À deux reprises, sur des traversiers pour aller faire des randonnées sur les îles, nous avons croisé des gens incroyablement amicaux, généreux, pleins de joie de vivre. À ce moment‑là, on se dit que tout n’est pas perdu. Mais dès que vous remettez le pied à terre, ils remettent leur masque, retrouvent leur poker face et leur froideur habituelle.

    En journée de congé et en groupe et fête (alcoolisée), beaucoup de sourires.

    Donc, est‑ce que la Corée du Sud est à voir ? 

    Oui, mais seulement si vous êtes déjà dans la région et avec un bon budget.  Un petit passage de deux semaines, le temps d’en voir l’essentiel à condition de faire abstraction de ces « poker face » coréens et de tout ce que cela implique.

    Conclusion :

    Ils veulent des touristes, pas seulement pour l’argent, mais pour faire parler d’eux, améliorer leur image mondiale, renforcer leur influence politique et économique, et donner une belle vitrine de la Corée du Sud.

    Alors, assurément, la mission est échouée : dans la vraie rue, la chaleur humaine n’est pas au rendez‑vous, et politiquement comme socialement, ils restent des « poker face ».

    Anne

    Certains pays nous confrontent davantage que d’autres, pour toutes sortes de raisons. La Corée fait partie de ceux qui nous ont à la fois charmés par leurs paysages et déstabilisés par une certaine distance envers les étrangers. Bien sûr, ce ressenti est aussi lié à nos propres attentes et à notre façon d’être, façonnées en partie par notre culture d’origine. Mais ici, le contraste était particulièrement marqué.

    Jusqu’à présent, nous étions habitués à de petits échanges spontanés : quelques mots lors d’un paiement, un sourire échangé, un léger hochement de tête en croisant quelqu’un. En Corée, c’était souvent… rien. Rien du tout. Une expérience un peu déroutante quand on voyage justement pour découvrir et créer des connexions — on avait parfois l’impression de frapper à une porte qui restait obstinément fermée.

    Ajoutons à cela les contacts physiques fréquents : se faire dépasser en diagonale, bousculer, recevoir un coup de coude par-ci par-là… Comme si nous étions constamment au mauvais endroit au mauvais moment. Disons qu’on a fini par s’y habituer, un peu comme on s’habitue aux klaxons incessants à Ho Chi Minh — au début ça surprend, puis ça devient la trame sonore.

    Après avoir lu un peu sur la réalité de vie en Corée du Sud, on comprend mieux certaines choses et on se sent moins visé. Il semble s’agir d’une société qui exerce une forte pression sur ses citoyens à toutes les étapes de la vie. Cela explique sans doute pourquoi nous les avons rarement vus détendus ou enclins à communiquer.

    Comme le dit Richard, il y a eu quelques moments où l’on a entrevu un potentiel de connexion humaine — sur les traversiers, par exemple. Mais quelque chose (rythme de vie, pression sociale, méfiance, barrière linguistique?) semble freiner ces interactions. Le plus souvent, ce sont des regards neutres, presque vides, que l’on croise au fil des promenades, des achats et des déplacements.

    On dit qu’on peut en apprendre beaucoup sur une société en observant son système de transport. Malgré les sièges réservés aux personnes âgées, il n’était pas rare de voir de jeunes passagers rester solidement installés, ignorant les aînés. Une scène que j’avais déjà observée à Montréal, et que j’associais à une certaine perte de sens collectif. Dans les autobus, à l’inverse, les “aunties” (femmes âgées entre 60 et 90 ans) n’hésitent pas à jouer du coude pour obtenir une place, comme si l’équilibre se rétablissait… à leur manière.

    À Busan, Richard et moi sommes montés au sommet d’une montagne qui, selon l’IA, promettait une superbe randonnée ponctuée de temples. Une fois sur place : presque aucune signalisation bilingue, et très peu même en coréen. Aucun lien clair entre ce que l’on savait exister (temples, sentiers) et ce qui était réellement indiqué. Une expérience frustrante… qui s’est répétée plus d’une fois.

    Je n’ai jamais autant utilisé Google Translate pour décoder des affiches. Malheureusement, les traductions étaient souvent aussi mystérieuses que les textes d’origine — mais parfois involontairement très drôles, ce qui ajoutait au moins un peu de divertissement.

    Le genre de traduction comique de Google 🤣

    Malgré ces défis, nous avons tout de même apprécié plusieurs moments marquants :

    Séoul :  

    Les cerisiers en fleurs étaient magnifiques, l’architecture impressionnante, et les palais ainsi que les parcs offraient de belles parenthèses de calme.

    Sokcho :  

    Le parc de biosphère UNESCO est absolument à voir. Des randonnées exigeantes, mais avec des paysages à couper le souffle — le genre d’effort qu’on oublie rapidement une fois au sommet.

    Lorsque le vent passe entre ces rochers, ils chantent, d’où le nom « Howling Rocks »
    300 mètres d’escaliers!

    Tongyeong :  

    Un vrai coup de cœur. Pouvoir prendre un traversier pour explorer différentes îles et y faire de la randonnée, c’était tout simplement génial.

    Île de Jeju :  

    Une belle île volcanique avec des attraits dans toutes les directions. Nous avons opté pour un tour organisé, car les transports en commun pouvaient être longs. La randonnée sur le mont Hallasan, la tête dans les nuages, restera un souvenir fort.

    J’ai aussi été touchée par l’histoire des Haenyeo, ces courageuses plongeuses. Autrefois, elles subvenaient aux besoins de leur famille par un travail exigeant. Aujourd’hui, elles continuent de faire vivre leur héritage et de soutenir l’économie locale en partageant leur histoire à travers des spectacles.

  • Richard

    Assurément, si vous êtes du côté asiatique, il vous faut faire le détour par Taïwan. Ce n’est peut-être pas une destination qui brille par un glamour éclatant ou par un skyline vertigineux digne des grandes métropoles. Ici, pas de spectacles tape-à-l’œil ni d’attractions surfaites qui promettent monts et merveilles pour finalement décevoir. Taïwan ne cherche pas à impressionner artificiellement, et c’est justement là toute sa force.

    Sun Moon Lake

    Ce qui vous frappe d’abord, presque immédiatement, c’est la bienveillance des gens. Une gentillesse sincère, naturelle, qui ne demande rien en retour. Vous hésitez devant une carte ou cherchez votre chemin ? Quelqu’un s’arrêtera spontanément pour vous aider, parfois même sans parler votre langue, mais toujours avec le sourire. Cette attention constante crée un sentiment de sécurité rare, où l’on se sent libre de se promener, de se perdre même, sans jamais ressentir d’inquiétude.

    Les cerisiers en fleurs

    La vie ici semble plus douce, plus simple. Se déplacer à vélo en ville devient un plaisir plutôt qu’un défi, loin du chaos que l’on peut retrouver ailleurs en Asie du Sud-Est. Tout est fluide, organisé et respectueux. On respire.

    Mais Taïwan, c’est avant tout une immersion dans une nature grandiose et accessible. Ici, le spectacle ne se trouve pas dans des artifices, mais dans les éléments eux-mêmes. Le vent qui balaie les côtes, le soleil qui perce à travers les montagnes, la pluie qui nourrit une végétation luxuriante, la mer qui s’étend à perte de vue. Chaque instant est une invitation à ralentir et à observer.

    Et le plus remarquable, c’est que cette nature est toujours à portée de main. Grâce à un réseau de transport d’une efficacité remarquable, il suffit de peu de temps pour passer de la ville aux sentiers de randonnée. Les montagnes, les plages, les parcs nationaux : tout est accessible, sans effort démesuré.

    On réalise alors à quel point il est rare de pouvoir vivre autant de contrastes en si peu de distance, sans jamais ressentir de pression ou de précipitation.

    Taïwan ne se visite pas seulement, elle se ressent. C’est un endroit où l’on redécouvre le plaisir des choses simples, où l’émerveillement ne vient pas du spectaculaire, mais de l’authentique.

    Kenting

    Nous avons profondément apprécié nous retrouver ici après plusieurs pays d’Asie du Sud-Est où l’on reste souvent en alerte. À Taïwan, nous avons doucement déposé nos bagages, apaisé le cœur et retrouvé une sérénité précieuse, portés par la douceur de la nature et la bienveillance des gens.

    En terminant, nous souhaitons à Taïwan de préserver longtemps sa paix, sa douceur et son identité.

    Merci, Taïwan, pour cet accueil si sincère.

    Anne
    Budget et conseils pratiques

    Nous avions prévu un budget de 266 $ par jour pour 41 jours, mais notre budget réel a été d’environ 179 $ par jour. En résumé, nous avons dépensé moins que prévu, notamment parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’activités payantes à Taïwan.

    Les Family Mart ne chargent aucun frais pour retirer de l’argent. Les 7-Eleven facturent 100 dollars taïwanais, soit environ 4 $ CAD. La carte EQ, une carte bancaire canadienne, ne charge aucun frais : c’est une bonne carte à avoir en voyage.

    Pour les déplacements, prenez une EasyCard ou une iPass pour faciliter vos trajets en MRT et en autobus.

    Notre passé de transport

    J’ai installé l’application UBike et enregistré nos passes électroniques de transport (T-Pass) après avoir créé un compte. Il suffit d’avoir une carte SIM taïwanaise avec un numéro local. Après cela, c’est simple et très peu coûteux à utiliser. Le plus que nous ayons payé pour ces vélos, c’était 4 $. Nos trajets de moins de trente minutes étaient gratuits. Quelle façon intelligente d’encourager les gens à se déplacer à vélo !

    Taïwan, ce sont d’abord les gens. Souvent, une personne taïwanaise nous observait pour voir si nous arrivions à comprendre une pancarte ou un mécanisme, puis s’offrait rapidement pour nous aider. Vraiment, on se sentait soutenus.

    C’est aussi l’efficacité des infrastructures qui impressionne. Nous avons utilisé une même carte de transport dans plusieurs villes, pour les autobus, les trains de banlieue, le métro et les vélos. Le transport en commun est tout simplement remarquable.

    Au festival des lanternes

    Ici, on peut facilement remplir nos gourdes d’eau, il y a des toilettes publiques partout, on peut louer des parapluies : tout semble pensé pour améliorer le confort des gens. Il ne faut pas hésiter à visiter Taïwan.

    Ce qui nous a marqués: j’ai décidé de faire une liste de mes dix moments préférés:

    Yangmingshan National Park

    Taipei

    Nous y sommes allés en métro, puis avec un petit autobus local qui se remplit vite. Les jardins, le Flower Clock et les cerisiers étaient jolis, mais ce qui nous a le plus marqués, c’est la marche autour des chutes. Nous avons réalisé après coup que le sentier n’était pas recommandé en raison de glissements de terrain. Les pancartes étaient en chinois en haut, là où nous avons commencé, et bilingues en bas. C’est pour cela que nous ne voyions que des étrangers comme nous, haha. Trop tard, et nous avons survécu !

    Les chutes du parc Yangmingshan

    Comme nous n’avions pas assez marché après le circuit du parc, nous avons décidé de descendre la montagne à pied plutôt que de prendre l’autobus. Un peu plus bas sur le chemin, nous hésitions devant une pancarte écrite en chinois quand une femme s’est donné la peine de nous accompagner pour nous montrer le chemin qui quitte la route et longe les canaux d’eau détournés pour l’agriculture. Grâce à sa gentillesse, nous nous sommes retrouvés sur un sentier sans voitures, avec des vues superbes et les plus beaux cerisiers.

    Nous avons marché 12 kilomètres.

    Elephant Mountain et Thumb Mountain

    Nous sommes facilement arrivés au pied d’Elephant Mountain en métro. Les montagnes autour de Taipei sont nombreuses, et un millier de chemins se dessinent sur leurs flancs. Il y aura souvent un temple, des arrêts de pèlerinage, des plateformes d’observation, et même des espaces avec appareils d’exercice, avec postes de défibrillateurs (pas juste un, plusieurs!). C’est fascinant de voir comment ces montagnes sont utilisées de différentes façons. Nous avons même vu un club de badminton en chemin !

    La tranquilité des montagnes

    Et puis, il y a les marches. Des marches, encore des marches, toujours des marches. J’ai grogné et résisté à la première montée de 500 marches, marmonné et soupiré à la deuxième randonnée de 2 600 marches, puis j’ai finalement abandonné et accepté de ne plus compter à la troisième montée.  J’apprécie comment Richard peut magiquement devenir sourd à mes contestations, et me laisser le temps de me gérer.

    Monkey Mountain

    Le métro nous a menés facilement jusqu’à l’arrêt du zoo de Taipei. De là, nous avons pris des vélos UBike pour traverser l’immense campus universitaire, puis fait une petite marche jusqu’au pied de la montagne.

    Comme presque toutes les enseignes et les cartes sont exclusivement en chinois, il nous arrive souvent de dévier de notre route planifiée malgré nous. Cela dit, nous étions en vacances, alors nous faisions simplement comme ça nous plaisait. Nous sommes donc allés jusqu’au fameux temple Zhinan, magnifique et grandiose, perché en haut de sa montagne.

    Le temple Zhinan

    J’ai beaucoup pensé à ma sœur Kathy en montant. Mon souvenir physique le plus puissant de ma sœur, c’est de lui tenir la main.  Ce que j’aurais voulu lui tenir la main durant cette randonnée si magnifique, elle aurait adoré autant que moi.  Alors, je l’ai invité à me joindre dans mes pensées et mon coeur. Une fois rendue en haut, je lui ai rendu hommage, ainsi qu’à mes parents, en allumant des bâtonnets d’encens. Un peu émotive de cette réunion avec eux, j’ai pu verser mes larmes autour d’un thé et des grignotines offertes gratuitement et avec grande gentillesse au temple.  On a pu se reposer tranquillement.

    Depuis le temple, nous avons décidé de ne plus suivre la route prévue, qui consistait à prendre la gondole jusqu’au mont Maokong, parce que le chemin de retour n’était pas clair pour nous. Nous avons choisi de redescendre la montagne à pied par la route pour changer de paysage. Au village, nous avons mangé de délicieuses soupes udon dans un café étudiant incroyablement silencieux.

    Jiufen et Mount Keelung

    Le trajet jusqu’à Jiufen était un peu plus long : métro, puis autobus pendant 45 minutes. Le chauffeur a essayé de nous expliquer, à nous qui étions les seuls deux passagers, qu’il devait faire un arrêt pour mettre de l’essence. Ensuite, il nous a demandé : « Are you hungry? », et j’ai répondu : « Yes! ». Il a alors dit : « Oh! Jiufen! Eat! Eat! Yum! Yum! »

    La magie des lanternes à Jiufen

    Cet échange avec le chauffeur ressemble à bien d’autres que nous avons eus avec les gens à Taïwan. Il y a une belle volonté de partager et d’aider, et nous avons beaucoup apprécié cela. D’ailleurs, notre chauffeur avait raison : le petit village regorge de stands de nourriture, avec plein d’échantillons. Nous nous sommes arrêtés pour prendre un fish cake pour moi et un plat local de porc pour Richard. Ensuite, nous avons pris un Earl Grey milk tea pour moi et un cappuccino pour mon mec, puis nous avons commencé à marcher vers la montagne.

    En chemin, Richard savourait son macaron aux framboises, et je me contentais de goûter des échantillons de biscuit, de nougat et de noix, comme nous l’avait dit le chauffeur : « Eat! Eat! Yum! Yum! »

    Bon, assez mangé, et passons aux choses sérieuses : le mont Keelung. Après une petite marche pour sortir du village, on arrive au sentier, qui monte abruptement presque uniquement par des marches. Les vues sur l’océan et sur le port de Shen’ao sont superbes. En descendant, nous avons trouvé un sentier alternatif pour retourner au village. Cela valait le détour : un chemin de terre traversant la forêt et serpentant sur la montagne.

    De retour au village, nous avons visité quelques temples et nous nous sommes reposés en attendant que la nuit tombe et que les lanternes s’allument. On dit que Jiufen aurait inspiré la ville dessinée dans Spirited Away. Je me souviens de l’avoir regardé avec Elena. Nous avions vu et beaucoup aimé Castle in the Sky du même réalisateur, mais Spirited Away m’avait semblé un peu trop lourd.

    Au final, ce village, avec ses maisons et structures tassées sur ses rues et ruelles qui montent et descendent le flanc de la montagne, est assez magique et vraiment inspirant.

    Marché de nuit Raohe et temple Songshan Ciyou

    Sur notre retour de Jiufen, nous nous sommes rendus au temple, immense et magnifique, puis au marché de nuit. Nous avons goûté aux champignons king oyster, à un maïs rôti et épicé, et à du steak pour Richard. Tout était bon.

    Sun Moon Lake, mon endroit préféré!

    Pagode Ci’en et temple Xuang Zang et Zuanguang

    Sun Moon Lake

    Nous avons visité d’abord le temple Xuan Zang. Une moine était là pour nous accueillir, et elle m’a remis une bougie-lotus (4 $) ainsi qu’une prière pour ma famille, en anglais. J’ai lu cette prière devant la statue du moine Xuanzang, qui a voyagé en Chine pour rapporter des écrits bouddhistes. La prière demandait que les membres de ma famille soient protégés du karma négatif dans leur vie.

    Je ne suis ni bouddhiste ni vraiment religieuse, mais quand nous visitons des temples ici en Asie, loin de ma famille et de mes amis, je suis souvent émue. Je suis dans des lieux si uniques et beaux que je pense souvent à une personne que j’aime, et à ce qu’elle apprécierait en voyant ce que je vois. Ces espaces me donnent des moments pour continuer mon deuil de ceux qui ne sont plus là, rendre hommage à ma mère et penser à mes enfants, ma famille et mes amis. J’apprécie beaucoup ces moments, car le temps s’arrête et mon cœur s’ouvre.

    Pagode Ci’en

    Nous avons ensuite continué vers la pagode. C’était une journée ennuagée, et les nuages étaient bas. Nous avions l’impression d’être seuls au monde. La pagode se dressait comme un fantôme dans la brume. C’était impressionnant, et photogénique!

    Sun Moon Lake

    Nous sommes descendus ensuite vers le deuxième temple, Xuanguang, juste à côté d’un arrêt d’autobus. Ce temple était petit et magnifique, avec son jardin de cerisiers en fleurs et des orchidées qui poussaient sur les arbres. Les vues depuis ce temple, surtout aujourd’hui avec le ciel si gris et l’eau si bleue, étaient superbes. Nous avons marché à peine 10 000 pas ce jour-là, mais le paysage nous a marqués.

    Kenting
    Parc forêt de Kenting

    Randonnée dans la forêt de Kenting

    Forêt magique

    Il faut absolument visiter cette forêt digne d’un conte de fées. C’est magnifique.  La forêt est très très belle, avec sa variété d’arbres, ses grottes, ses fleurs, ses oiseaux, juste magnifique.  Il y a une structure avec vue sur le toit et restaurant au sixième.  Un tout petit autobus local monte là-haut, et il se remplit vite. Sinon, un taxi vous y conduit pour douze dollars. Nous avons pris le minibus pour monter, puis nous sommes descendus à pied. Il y a des macaques sur le chemin, mais comme ceux rencontrés dans le parc, ils ne sont pas agressifs du tout.

    Plage à Kenting
    Kaohsiung

    Pier 2

    Tout autour, c’est beau, moderne et photogénique.  On peut visiter le pont pivotant, de vieilles usines transformées en restos, boutiques et galeries d’art.  Il y a des sculptures et des murales partout. Le marché de nuit offrait des options différentes : riz frit au saumon, tartelettes salées à différentes saveurs, cocktails en bouteille faits sur place. Il y avait aussi un espace vert où s’asseoir et écouter les chansonniers.

    Une de plusieurs sculptures au Pier 2

    Lotus Lake

    Un immense lac en pleine ville, entouré de temples : quelque chose à voir ! Nous en avons fait le tour avec des UBike.  Les tempes sont “bigger than life”, avec des statues immenses.  Il y en a aussi des plus traditionnelles à visiter.

    Lotus Lake

    Il y avait encore plus à découvrir dans cette ville dynamique, mais nous avons manqué de temps…

    Un peu partout, les papillons!

    Les papillons étaient présent à chaque randonnée.  Je n’ai jamais vu une telle variété de ces insectes!

    Pour résumer…

    Taïwan nous a offert un beau mélange de douceur, de simplicité et de beauté discrète. Ce n’est pas un pays qui cherche à impressionner par des effets spectaculaires ; il séduit autrement, par sa fluidité, par ses paysages, par l’attention de ses habitants et par la facilité avec laquelle on s’y sent bien.  C’est un pays qui est constant dans la beauté de sa nature et la bonté des ses gens.  Merci, Taïwan, pour ta bienveillance et ta nature.

  • 9 au 18 février 2026

    Arrivée et premières impressions
    Décorations de nouvelles an lunaire

    Atterrissage le 9 février, et hop ! L’Airport Express nous dépose illico à Causeway Bay, sur Hong Kong Island. Notre Best Western est un cocon imparfait, mais budget oblige.
    Ici, la carte Octopus est magique : elle règle tout, bus, métro, ferry et bien plus encore. On n’a plus 20 ans, mais avec des transports aussi impeccables, on se sent presque rajeunis.
    Adieu le chaos vietnamien, bonjour l’organisation suisse d’Asie !
    Il faut l’avouer : le désordre et la pollution du Vietnam commençaient à peser lourd, surtout sur nos poumons à Hanoï, où l’air était vraiment irrespirable.

    Les deux visages de la ville

    Héberger d’un côté puis de l’autre, le Best Western sur l’Island et le Prudential à Kowloon, c’était vraiment une bonne idée. Les deux quartiers sont très différents, mais chacun révèle une facette fascinante de la ville, reliée par un réseau de transports digne d’une horlogerie suisse.

    Hong Kong Island, c’est la modernité chic

    Le tramway historique vers le Victoria Peak nous offre des panoramas à couper le souffle… sans effort.
    Kowloon, c’est l’âme populaire.
    On flâne sur l’Avenue of Stars au crépuscule, puis on admire la Symphony of Lights qui illumine le port comme un feu d’artifice privé. On se laisse porter par le rythme de la ville, main dans la main, sans se presser.

    Symphony of Lights
    Lantau: spiritualité sans sueur


    Le clou du séjour : le Ngong Ping 360 vers le Grand Bouddha. Téléphérique tout en douceur (pas de marche forcée !) et atmosphère paisible au monastère Po Lin.
    La superbe randonnée de huit kilomètres autour de la montagne offre des points de vue à tomber : la baie, l’aéroport, la mer, les montagnes, juste du WOW ! Nos articulations approuvent sans réserve.

    Big Bouddha
    La fête du Nouvel An lunaire

    Après quelques jours sur l’île, nous traversons la baie pour rejoindre le Prudential Hotel, côté Kowloon.
    Le tempo change à nouveau, juste à temps pour la parade du Nouvel An lunaire : dragons virevoltants, chars colorés, ambiance festive mais sans bousculade.
    Les transports ? Toujours impeccables et fluides, sans un retard. À notre âge, ce confort se savoure doublement !

    Le coup de cœur

    À 60 ans et quelques poussières, sans enfants à trimballer, Hong Kong est un véritable coup de cœur : accueillante, moderne, contrastée, néons contre temples, ferries contre pics montagneux.
    Côté nourriture, rien à redire. Aucun repas décevant, une grande variété de saveurs et des options végétariennes d’excellente qualité. Être hébergés des deux côtés de la baie nous a offert le meilleur des deux mondes.
    Humour du destin : on voulait du repos, on a eu de l’émerveillement !
    Une bulle de satisfaction pure.
    Vraiment, faites un détour par Hong Kong en Asie — juste du wow !
    Bientôt, la Chine ouvrira ses portes aux Canadiens avec un accès sans visa.
    Je crois qu’il faudra revenir…

    Restaurant végétarien japonais
    Anne

    Hong Kong — Bilan de voyage

    Budget : 365 $ par jour  

    Hébergement 37% : 146 $/jour (réel avec nos réservations)  

    Repas 20% : 73 $/jour  

    Activités 20% : 73 $/jour  

    Transport 20% : 73 $/jour  

    Budget réel total : 3 628 $ pour 10 jours. On s’est laissé aller du côté restaurant le soir.  Normalement, on essaie de faire un repas plus budget par jour, mais comme on était plus fatigués que d’habitude et malades, on s’est gâté.

    Impressions générales 

    À notre arrivée, nous avons pris une carte SIM au 7-Eleven de l’aéroport, puis nous avons dîné au restaurant Alchemist. Un très bon accueil et un délicieux premier repas – parfait pour commencer le séjour.  

    Vue sur Hong Kong depuis Victoria Peak

    Hong Kong est une ville ordonnée et incroyablement fonctionnelle, où se mêlent doucement modernité effrénée et traditions ancrées. Les rues sont propres, le transport exemplaire et les quartiers vibrent d’une énergie unique, entre gratte-ciel illuminés, marchés animés et temples paisibles — un mélange fascinant d’Asie et d’Occident né de son histoire coloniale britannique et de sa culture chinoise cantonaise. Ce qui nous a frappés, c’est à quel point la ville est dense tout en restant verte : collines, plages et parcs naturels sont à deux pas, offrant un contraste rafraîchissant avec l’agitation urbaine. Malgré la foule du Nouvel An chinois, on s’est sentis en sécurité partout. On pourrait facilement y rester plus longtemps pour explorer davantage ses quartiers contrastants et sa nature généreuse.  

    Temple Sik Sik Yuen Wong Tai Sin

    Premier hôtel : Best Western, Causeway Bay

    Chambres minuscules dans un hôtel un peu vieillot, mais bon rapport qualité-prix avec petit déjeuner inclus. L’emplacement est excellent pour explorer le quartier. Autour, de nombreux petits restaurants, des vendeurs de dumplings, de soupes aux nouilles et du fameux pineapple cake – parfait pour s’imprégner de l’ambiance locale.  

    Activités sur l’île de Hong Kong 

    Pendant notre séjour, le pauvre Richard a attrapé un solide rhume avec toux, et moi, un petit virus (moins intense mais fatiguant). Probablement un contrecoup de la pollution de Hanoï. Cette baisse de forme nous a forcés à ralentir un peu, mais on en a profité pour se reposer et se remettre sur pied.  

    Victoria Peak : Facile d’accès en métro ou en bus. Nous avions acheté nos billets de tram en ligne, avec accès rapide – un vrai plus, vu la foule du Nouvel An. L’accès au pont supérieur, par contre, ne vaut pas vraiment le supplément : la vue est déjà splendide partout. La promenade circulaire de trois kilomètres autour du Peak est magnifique, avec des points de vue à couper le souffle.  

    Promenade du port : Une belle balade le long de la mer, avec une vue dégagée sur la skyline de Hong Kong.

    Deuxième hôtel : Prudential Hotel, quartier Central 

    Un vrai confort retrouvé ! Chambre spacieuse, hôtel moderne, directement au-dessus de la station de métro Jordan – hyper pratique.  

    Victoria Park : Un joli parc, agréable pour une courte pause, sans être incontournable.  

    Temple Man Mo : Atmosphère unique ! L’encens en spirales suspendu au plafond, les sculptures de bois et l’ambiance feutrée en font une visite mémorable.  

    Temple Man Mo

    Temple Sik Sik Yuen Wong Tai Sin: Nous y sommes allés à pied depuis l’hôtel (toute une marche !). C’est un temple taoïste très populaire, connu pour la consultation des “bâtonnets de fortune”. On peut y faire des vœux, des prières ou simplement admirer les jolis jardins environnants.  

    Lady Bouddha, jardin du temple Sik Sik Yuen Wong Tai Sin

    Musée M+ : Superbe bâtiment consacré à l’art moderne. À ne pas manquer : le jardin sur le toit du 3e étage, avec vue splendide sur la ville. Petit bémol : le seul restaurant sur place est hors de prix. Mieux vaut prévoir un petit pique-nique sur le jardin-toit.  

    Chang Xugong, broderie en soie!

    Parc Kowloon : Immense, calme et verdoyant. On s’y promène agréablement, entre l’aviaire et les flamants roses.  

    Kowloon Park

    Spectacle de lumières à Tsim Sha Tsui : Tous les soirs à 20 h. Les effets lumineux sont discrets à l’œil nu, mais ressortent très bien en photo.  

    Escalators de Central : Amusant à faire – c’est le plus long ensemble d’escaliers roulants au monde ! Une bonne façon d’explorer le quartier sans trop se fatiguer.  

    Big Buddha et monastère Po Lin (île de Lantau) :  

    Big Bouddha

    Très facile d’accès en métro, puis téléphérique pour rejoindre le sommet. Nous avons pris un billet « fast-track » (très utile vu la foule) et une cabine “Crystal” avec plancher vitré. Honnêtement, le plancher transparent n’ajoute pas grand-chose : les cabines classiques offrent déjà une belle vue panoramique.  

    En haut, une randonnée tranquille autour de la montagne, paisible et peu fréquentée. Le Bouddha géant est impressionnant et mérite la visite.  Il y a plein de sentiers offerts à Lantau à part celui que nous avons emprunté.

    J’ai consulté une médecin chinoise pour ce qui me semblait être un problème de digestion. Rien de sérieux,  mais ce sentiment de fatigue et ballonement. Prise de pouls, examen de ma langue et discussion.  Elle m’explique que j’ai un ‘sluggish metabolism’ et que ma ratte ne fontionne pas aussi bien qu’elle devrait. Après une séance d’acupuncture, elle me remet mes médicaments, dix jours de petits sacs de poudre à mélanger dans de l’eau tiède. J’ai traduit quelques uns des ingrédients dans cette poudre, et j’ai arrêté après avoir trouvé ‘chenille’ parmi eux. J’ai quand même pris les médicaments, et il y a une vaste amélioration de mon état, encore à ce jour! C’est comme si j’avais eu un boost de batterie, enfin, si j’étais un moteur de voiture.

    Résumé de Hong Kong

    Pour nous Canadiens, le dollar hongkongais frappe fort : tout coûte nettement plus cher qu’en Asie du Sud-Est, et on le ressent vite dans le portefeuille. On quitte brusquement les tarifs ultra-avantageux du Vietnam ou de ses voisins pour entrer dans une réalité plus chère, presque “occidentale” par moments.

    Mais quelle belle surprise que cette organisation impeccable ! Tant mieux pour Hong Kong, qui investit massivement dans ses infrastructures de classe mondiale — transports fluides, rues impeccables, services efficaces. Quand une ville a les moyens, ça se voit partout, et on ne peut qu’apprécier ce confort après le chaos des étapes précédentes. Un vrai bol d’air, même si le budget s’alourdit un peu.

    On espère vivement que les pays d’Asie du Sud-Est pourront à leur tour se développer de façon à avantager d’abord leurs habitants, en investissant dans des infrastructures durables et leur apporter une qualité de vie urbaine plus saine sur le long-terme.

  • Scène de rue, Hanoï
    Richard

    Intro

    Dès que tu poses le pied au Vietnam, ça te frappe comme un uppercut. Pas de chichi, pas de filtre Instagram. Les klaxons te lacèrent les tympans, la chaleur te colle à la peau, les regards te transpercent. Ce pays ne te ménage pas, il te balance sa vérité brute en pleine gueule.

    Et moi, voyageur cabossé moi-même, j’ai vu dans ce chaos un ado en pleine tempête : un gamin qui râle, qui grandit à coups de griffures. Voilà comment je l’ai ressenti, de Ha Tien à Hanoï, sur les routes poussiéreuses.

    Laissez-moi vous raconter mes impressions à travers mon aventure de 60 jours à travers cette analogie :

    De l’enfance volée à l’âge adulte incertain.

    L’enfance volée.

    Le Vietnam, c’est l’enfant qu’on a forcé à grandir trop tôt. Un enfant qu’on a giflé par l’Histoire, la colonisation, la guerre, la peur. Il a tout encaissé : la douleur, les bombes, les cris. Ses cicatrices sont visibles : sur les murs éclatés, dans les visages tannés par le soleil et la poussière. Il s’est construit sans répit, rafistolé sans repos. Ici, on n’a pas eu le luxe de l’innocence ni celui du silence.

    Ancien et moderne, Ho Chi Minh

    Les douleurs de croissance

    Puis il a grandi. Trop vite, trop fort. Il a mal dans ses os, dans sa chair, dans sa mémoire. Sur les routes d’Hanoï ou de Hué, tu sens ce corps tendu, ce pays qui n’arrive pas à se détendre. L’air écrase, le bruit t’agresse, tout déborde. C’est un corps d’ado en pleine mutation : désordonné, capricieux, explosif. Tout hurle “je suis vivant”, même quand la souffrance filtre sous la peau.

    La colère au ventre

    Lui, l’ado, il se bat. Contre tout : la chaleur, la poussière, la pauvreté, les dettes. Il fonce dans la circulation comme on fonce dans une bataille, sans réfléchir. À Saigon, le soir, quand les moteurs rugissent et que les néons saignent sur les façades, tu sens cette rage collective. Pas de méchanceté, non. Juste un trop-plein. Une colère qui gronde depuis des décennies, coincée entre les dents serrées d’un peuple fatigué.

    L’héritage des cicatrices

    Chaque geste, chaque regard, porte la trace d’hier. Le Vietnam avance avec les fantômes sur le dos. Les anciens ont survécu, les jeunes portent. C’est comme une douleur héréditaire, un muscle qui n’a jamais vraiment appris à se relâcher. Pourtant, derrière les rides, il y a toujours une étincelle d’humanité. On partage, on rit, on t’invite, même quand on n’a rien. C’est brutal, oui, mais sincère. C’est la tendresse des cabossés.

    L’âge des questions existentielles

    Aujourd’hui, le Vietnam se regarde dans le miroir. Il doute, il cherche. Qui suis-je ? Où vais-je ? Entre le temple et le centre commercial, entre la rizière et le smartphone, il hésite. Il veut respirer, il veut choisir. Il se connecte au monde, il rêve de liberté, d’ailleurs, d’avenir. Ses jeunes ont dans le regard cette faim de vivre qu’on reconnaît chez ceux qui ont trop longtemps manqué d’air.

    L’ado debout

    Le Vietnam, c’est cet ado qui boîte encore mais avance. Il a connu le pire, mais il ne baisse plus la tête. Il travaille, crée, invente. Sa rage devient force, sa fatigue devient lumière. Il n’est pas encore apaisé, pas tout à fait, mais il respire mieux. Et quand tu t’arrêtes un instant, que tu partages un café glacé sur un trottoir bruyant, tu le sens : sous la poussière, ça bat encore, fort.

    Déplacement: 21 décembre : Bus et bateau vers Phu Quoc : 

    Cité Impériale, Hué

    Le futur est déjà là, dans le corps chaud de cette jeunesse qui n’a peur de rien et qui veut définir son identité, mais dans ce monde de mœurs et coutumes et de pression parentale, l’adolescence est difficile à vivre.

    Le jeune adulte face au monde

    Maintenant, le Vietnam franchit le cap du jeune adulte. Il veut bâtir, rayonner, jouer dans la cour des grands. Mais c’est dur, vraiment dur. Les poches restent vides, les règles dictées par ceux qui ont le cash et les idées bien huilées. Le pays avance en titubant : zones touristiques qui engloutissent les rizières, usines qui prolifèrent sans frein, rivières étouffées par le plastique, forêts rasées, béton qui pousse plus vite que les arbres.

    Ce jeune adulte découvre les pièges du succès, produire sans se perdre, croître sans se brader. Il doit s’adapter aux nouvelles règles, payer des impôts pour armer le gouvernement de stratégies à long terme.

    Mais non, il ne comprend pas, il préfère le cash rapide. Hôtels et restos qui te chargent 4 à 9% dès que tu sors la carte bancaire partout au Vietnam (arnaque flagrante, alors que la norme est de 2-3%). Vente de marques de luxe copiées, stationnements illégaux, stands de bouffe anarchiques, et j’en passe.

    Circulation en chaos total, sans un regard pour le danger, sauf quand la police apparaît. Là, il obéit au doigt et à l’œil, comme un enfant grondé : pas de rouspétance, il encaisse en silence. Mais ils sont rarement là, alors le bordel reprend de plus belle.

    Il chancelle tant qu’on se demande : comment vont-ils s’en sortir ?

    Ici, c’est la norme, le quotidien brut. Alors il tâtonne, s’affirme à force d’erreurs, recommence. Il imite l’ancien modèle sans mesurer les dégâts. Le gouvernement affronte des défis colossaux, titanesques, pour briser cette culture de guerrier adolescent forgée dans les tranchés.

    En conclusion

    Plonger au Vietnam, c’est s’enfoncer dans les tripes d’un ado qui te défie, te percute, te bouleverse.

    Indispensable, mon préféré. Réservez juste avant le coucher du soleil. Montée avec vue sublime à l’arrière, descente avec Hô Chi Minh illuminée, parfaite pour photos. Réservez en ligne, c’est populaire. Allez jusqu’au point le plus loin et retour. Meilleurs 9 dollars pour deux dépensés.  On peut même s’amener à manger et à boire.

    Pas de cadeaux faciles, mais une leçon viscérale : survivre, c’est déjà vaincre.

    N’est-ce pas l’essence du voyage, se frotter au vif, au réel ?

    Alors, n’hésitez pas à venir vous balader au Vietnam.

    Une sacrée expérience de vie.

    Anne

    J’ai voulu partager mes impressions du Vietnam à travers notre itinéraire de deux mois.  Je dois féliciter Richard pour son travail ardu. Bien avant notre départ, il a commencé l’immense travail qu’est de dessiner des itinéraires dans au moins 14 pays différents. Jusau’à maintenant, le tracé nous a amené à visiter les importants sites, avec du temps pour découvrir par nous-mêmes aussi.  Pour le Vietnam. le parcours sur deux mois nous a fait traversé la frontière à pied à Ha Tien, pour lentement monter vers le nord. Nous cherchion à éviter la météo encore froide et pluvieuse du nord. Avec moins de temps et une meilleure météo, je suppose que l’on pourrait sauter tout ce qui est avant Hô Chi Minh, et remonter vers le nord à partir de là. Il serait facile de sauter les destinations du sud que nous avons visitées.

    Nous avons opté pour un budget intermédiaire au Vietnam, et il a été facile de le respecter. Dans cette gamme de prix, nous avons toujours trouvé des hébergements propres et bien équipés. La croisière à Ha Long était un plaisir et un cadeau de Noël pour nous-mêmes, et figure dans notre budget spécial « gâteries ». Nous anticipons que d’autres pays vont épuiser notre budget à toute vitesse, alors nous économisons tant que possible lorsque possible.

    C’est au Vietnam que l’on a essayé les premiers homestays, et ce fut fort agréable. J’avais l’impression d’être dans un cadre familial, sans pour autant perdre de confort.

    Notre budget établi : 

    Hôtels : 40% : 50 $/jour 

    Repas : 20% : 25 $/jour 

    Activités : 20% : 25 $/jour 

    Transports : 20% : 25 $/jour 

    Ce que l’on a dépensé en deux mois:

    On a beaucoup plus mangé dans des restos que prévu.  À la fin de la journée, avec 14,000 pas de marches dans le corps, les petits tambourets grandeur garderie que l’on retrouve souvent dans les restos moins chers ne donnent pas trop envie. Donc, on a souvent fait le choix d’un restaurant avec tables grandeur nature, et menu un peu plus couteux.  En revanche, on a moins dépensé en sorties guidées.

    Café glacé vietnamien

    Vietnam : du 12 décembre au 9 février 2026 

    Sud du Vietnam 

    Ha Tien (12-15 décembre) – 3 nuits 

    Impression générale : il s’agit d’un village local authentique, pas du tout touristique. L’ambiance est amicale en général, mais presque personne ne parlait anglais. Avec Google Translate, et beaucoup de gesticulations des mains et du faux rire des deux côtés, on s’en sort très bien.

    Rizières à perte de vue à Chau Doc

    Nous avons séjourné au Visuha Hotel (Agoda), très bien situé. Si vous écoutez à votre fenêtre ou autour de l’hôtel, vous entendrez ce qui ressemble à des milliers d’oiseaux chantant. Je pense qu’ils étaient dans l’immeuble abandonné à l’arrière de l’hôtel. Plutôt étrange mais intéressant à écouter. Le petit-déjeuner était le pire que nous ayons eu, affreux. Café ultra sucré, pain sec et bien des viandes suspectes. On s’est acheté un pot de beurre d’arachides, et du lait frais pour compenser et garder le sourire.

    Activités : 

    Temple Tam Bao: Visite du temple Tam Bao et du mont Nui Da Dung : Nous y sommes allés à pied depuis Ha Tien, de l’autre côté du pont. Une fois monté tous les escaliers, vous aurez une belle vue sur la rivière et Ha Tien. C’est difficile à trouver, car il faut passer par un étroit passage pour atteindre les escaliers. Demandez votre chemin, et vous y arriverez.  C’était la première fois que je voyais une moine Bouddhiste. Elle était habillé d’un chaleureux jaune safran.

    Plage de Mui Nai : 

    Il faut prendre un taxi. Il y a beaucoup de restaurants et quelques activités de plage. Un bel endroit pour se détendre avec un verre ou un repas au coucher du soleil. On a demandé à la propriétaire de notre petit resto de plage de nous commander un taxi.  Elle a fait venir son oncle, et c’était parfait.

    Marché du matin : 

    Très animé et varié. Fascinant de voir la diversité des aliments proposés.  Je ne me sentais pas à l’aise en prenant des photos. Les gens sont au travail, concentrés et occupés, et ils ne semblaient pas fous de joie avec cette touriste qui n’achètait rien et distrayait du travail.  J’y ai pensé ensuite, et je me suis dis: Imagine qu’un touriste débarque au Super C et commence à prendre des photos, de toi, des marchands, les produits, c’est vrai que ça semblerait bizarre…

    Il n’y a pas grand-chose d’autre à voir à Ha Tien, c’est pourquoi une ou deux nuits au maximum suffisent.

    Déplacement: Bus de Ha Tien à Chau Doc, environ 72 km et 3 heures de trajet. 10-15 USD.

    Chau Doc (15-18 décembre) – 3 nuits 

    Impression générale : cette ville attire plus de touristes grâce à sa montagne, sa forêt flottante et sa réserve d’oiseaux. Aussi, il faut faire attention à une fête importante autour de la pagode, qui attire des milliers de gens. Notre guide nous a dit que c’était alors imposible de circuler dans les environs durant cette célébration. Pour Chau Doc, nous étions satisfaits de trois nuits, mais franchement, deux suffiraient si vous organisez bien les activités. 

    Nous avons séjourné au Luxe Hotel, correct en moyenne avec un personnel charmant, mais je ne le recommande pas car il est à vingt minutes à pied du centre-ville, et il n’y a rien aux alentours. 

    Activités : 

    Mont Nui Sam : 

    Nous avons pris un taxi jusqu’au pied du mont Nui Sam, côté piéton. En bas se trouve le célèbre temple de la Pagode de la Dame, et d’autres temples qui méritent une visite. Ensuite, vous pouvez prendre un taxi pour monter par la route ou vous pouvez prendre les marches. La montée par les marches est exigeante, mais ça en vaut vraiment la peine. Vous verrez de petits temples et statues en chemin. Vous pourrez acheter des boissons ou snacks et vous reposer.  Vous vous sentirez orgulleux de vous y avoir rendu!  Le sommet offre des repas et divers points de vue pour photos. Un peu plus bas côté route, vous trouverez l’hôtel Victoria (luxueux mais parfaitement situé). Nous y avons lunché : un peu cher, mais bonne nourriture et vue spectaculaire sur les rizières. Ça vaut la peine de s’y arrêter si ce n’est que pour une boisson.  Nous sommes ensuite descendus par le côté route, et c’était l’une de mes marches préférées : temple après temple, grands ou petits, dans un calme verdoyant.  Faire ce pèlerinage en montant et descendant m’a permis de me recueillir et penser à mes êtres chers dans une belle tranquilité.  C’est au Vietnam que nous avons commencé à voir plus de statues de Lady Buddha.  À un temple en particulier, j’ai allumé un encens et pensé aux femmes dans ma vie. J’étais toute émue, parce-qu’il y a des femmes assez extraordinaires dans ma vie, et lorsqu’une moine est venu adroitir mon batôn d’encens, que j’avais planté crôche devant l’autel, j’ai mis sur Google translate: I stopped to honor the women in my life pour lui montrer.  Elle a vu que j’étais larmoyante, et elle a souri, m’a tappoché le bras, et nous a donné des bouteilles d’eau, sans doute pour m’aider à me réhydrater.  Peut-être c’est l’isolation de tout ce qui est familier, ou bien peut-être que je sens que j’ai finalement le temps et l’espace pour commémorer ceux qui ne sont plus avec nous, peut-être qu’en vieillissant le besoin devient plus prononcé, mais ce que est vrai, c’est que je suis souvent touchée par les temples et leurs espaces, et je chemine dans un quadruple deuil avec douceur.

    Forêt flottante et réserve d’oiseaux Tra Su : 

    Nous avons réservé une excursion d’une journée avec Alden Travel et notre guide, Alex,  pour visiter la forêt flottante, la réserve Tra Su, le canal Vinhte avec ses fermes de pêche et le village Cham de minorité Musulmane où habite d’Alex avec sa famille. La forêt et la réserve d’oiseaux, eux, sont époustouflants. Nous avons vu au moins cinq espèces d’oiseaux, et la forêt flottante est très photogénique. Les fermes de poissons sont fascinantes.  Apportez des billets de 20 000 VND pour tipper les bateliers.

    Forêt flottante Tra Su

    La promenade sur la rivière Vinhte avec visite des fermes à poissons a été éducative.  Quand on voit l’immensité de la structure de la cage- filet sous l’eau!

    Rivière Vinhte

    Déplacement: Bus Can Tho (18-21 décembre) – 3 nuits 

    Nous avons séjourné au Magnolias Can Tho (Agoda). Petite chambre mais confortables et très bien située, petit-déjeuner non inclus (mais possible sur place).

    Excursion au marché flottant : 

    Marché flottant Can Tho

    L’excursion au marché flottant était fantastique. Départ à l’aube avec Chris, notre guide et un gentil couple Australien. Café et petit-déjeuner sur l’eau (soupe Pho, option végétarienne pour moi). Évitez les gros bateaux touristiques sauf si vous tenez absolument à un siège adossé. Nous étions quatre dans un petit bateau avec bancs, et toit ouvert, pour de meilleures vues.  Cela nous a coûté $25 chacun avec déjeuner, café, gateries au marché et notre guide. Nous avons aussi visité le grand marché extérieur de Can Tho, où nous avons vu pour la première fois une fabrication artisanale du tofu.

    Bus : Can Tho– Rach Gia 

    Bateau : Rach Gia – Phu Quoc

    Impression générale : Phu Quoc est très touristique et occuppée. Nous espérions une ambiance insulaire plus calme. C’est une destination attractive aux russes, et souvent les pancartes et menus sont en russe. La plage est très longue et exposée au coucher du soleil. Il y a une multitude d’endroits pour manger (opportunité de manger du Borsht!) et boire. 

    Nous avons séjourné au Gaia Hotel Phu Quoc (Agoda). Hôtel bien situé (200 m de la plage), chambre spacieuse avec petit-déjeuner inclus.

    Activités : 

    Excursion snorkeling aux trois îles : 

    Si vous êtes sur un tour grand autobus, attention, car la première heure de cette excursion sera dédiée à ramasser les gens dans différents hôtels, changer de bus pour nous redistribuer et finalement atteindre le quai. Je suggèrerais d’essayer de trouver une excursion plus petite (minivan) pour éviter cette perte de temps. Durant nos deux sorties d’apnée, nous avons vu des poissons, peut-être une dizaine de variétés, mais la visibilité est faible à cause des sédiments dans le golfe de Thaïlande dans ce coin-çi.  J’ai eu la même expérience en plongée au Cambodge.

    Marché de nuit : 

    Marché nocturne bondé, avec beaucoup d’options de fruits de mer.   C’est vraiment du coude à coude, armez-vous de patience.

    Il y a un grand parc d’attractions avec téléphérique, mais si vous allez à Da Nang, attendez celui-là (sauf si vous adorez les parcs d’attractions – nous aimons surtout le téléphérique et les vues). 

    En résumé, vous pourriez sauter cette partie entière du Vietnam, ou la traverser vite en sautant Phu Quoc, pour commencer à Hô Chi Minh.

    Déplacement: Avion vers Hô Chi Minh-Ville (27 décembre – 2 janvier) – 6 nuits 

    Nous avons séjourné dans un Airbnb appelé « Home in Ho Chi Minh », hôte Nhien, pour 400$ les 7 nuits. Situé dans une petite rue latérale.  On était bien installés avec une grande chambre, un salon et une cuisine. Nous avons aimé être éloignés du centre ville effréné et on se sentait en sécurité. C’était une marche de vingt minutes pour rejoindre la ville, mais parfois on revenait en taxi, simplement pour sortir le plus vite possible du traffic.

    Activités : 

    Musée des vestiges de guerre : 

    À ne pas manquer, mais déchirant. Il y a des bancs pour s’asseoir, et beaucoup de visiteurs étaient visiblement ébranlés. J’ai dû me joindre à eux pour pleurer, à mon tour. Cette visite est indispensable. Vous repartirez avec une meilleure compréhension du combat intense mené par les Vietnamiens pour obtenir leur liberté, sur plusieurs générations et dans plusieurs combats, et avec un grand respect pour ce peuple tenace et courageux. De plus, je n’avais aucune idée à quel point les États-Unis avait bombardé aveuglement non seulement le Vietnam, mais le Laos et le Cambodge, simplement par manque de précision dans leurs frappes.  Mon émotion était aussi dû à la réflexion qu’un jour, il y aura un tel musée pour la Palestine, et un autre banc où pleurer. On apprend rien avec l’histoire, si seulement que c’est facile de détruire et difficile d’aimer.

    Musée des Beaux-Arts : 

    Au-delà des artistes à découvrir, les collections sont logées dans deux impressionnants bâtiments coloniaux français aux influences asiatiques. Il y a un joli café sur place, dans le jardin.

    Musée de la médecine traditionnelle chinoise : 

    Époustouflant, tant le bâtiment que l’histoire. C’était ici où on a compris la magnitude de la popularité de cette tendance qu’on les jeunes de s’habiller en vêtements traditionelles et se photographier.  Il y en avait partout!

    Musée de médecine traditionnelle

    Rue Bui Vien : 

    Rue typiquement touristique avec nourriture occidentale/asiatique, danseurs sur tables, musique forte, vendeurs de tout et n’importe quoi et karaoké. Un peu fascinant, mais vite fatiguant. À voir ou pas… 

    Bateau-bus : 

    Bateau-bus

    Le bateau bus! Fantastique. Arrangez-vous pour prendre une sortie juste avant le coucher du soleil, avec un billet pour le dernier arrêt et le retour. Vous aurez un superbe coucher du soleil à l’arrière du bateau en partant. Au retour, asseyez-vous du côté droit (tribord) en regardant l’avant du bateau. Vous aurez la ville illuminée au retour. Le billet a coûté 9 dollars cnd, pour les deux. Vous pouvez amener à boire et manger si ça vous tente.

    Bâtiment à cafés:

    Ce bâtiment affiche une casi-centaine de cafés distribués sur ses maintes étages.  C’est sympa, oui, mais c’est assez niais de charger pour prendre l’ascenseur! On a trouvé tellement stupide cette charge, qu’on a pris les marches.  Il y a tout plein de cafés et petits restos intéressants.

    Les Vietnamiens mettent beaucoup d’effort dans le concept de leurs cafés. Ils sont souvent mieux décorés et plus confortables que les restaurants, et le café est exceptionnel. Évitez Starbucks et d’autres chaînes et mettez-vous à défi de découvrir et tester les plus originaux. 

    La circulation à Hô Chi Minh-Ville est chaotique. Nous commencions la journée amusés (haha, beep beep, haha) et finissions épuisés et cherchant à nous cacher dans notre appartement calme le plus vite possible pour enfin pouvoir se récupérer. Nos sinus ont fini par s’emflammer à cause de la pollution de l’air. Je vous conseillerais d’installer l’appli AccuWeather pour tenir l’oeil sur la qualité de l’air ; c’est recommandé de porter un masque N95 si la polution est noté supérieur à 100. La qualité de l’air est mieux à Ho Chi Minh qu’à Hanoï, mais après plusieurs jours, on ressent cette pollution dans nos sinus.

    Déplacement: avion pour Nha Trang (2–8 janvier) – 6 nuits 

    Impression générale : ville de plage.

    Nous avons séjourné au Pavilion Boutique Hotel & Apartment (Agoda). Très bien situé. Cuisinette sans plaque chauffante ni vaisselle. Chambre spacieuse avec canapé et balcon. Piscine minuscule qui ne vaut pas la peine, mais il y a une belle vue sur l’ancien aéroport et le coucher du soleil de ce côté là. La plage est à 50 m.

    Activités : 

    Longue promenade en bord de mer, agréable et sans circulation. Aquarium intéressant (poissons vivants, infos et recherche). 

    Pas sûr que cette destination vaille le détour, c’est surtout la plage. Nous y avons fait escale pour retarder le nord et éviter la pluie. Facilement sautable.

    Déplacement: 8 janvier : Avion Nha Trang → Da Nang

    Da Nang (8-13 janvier) – 5 nuits 

    Impression générale : Nous avons apprécié Da Nang car, bien qu’elle ressemble à Nha Trang, offre un peu plus d’options.
    Nous avons séjourné au Monalisa Luxury Hotel (Agoda). et adoré cet hôtel au style rétro et sa situation centrale. Notre chambre en coin avait de grandes fenêtres et une excellente vue sur la rue et l’animation.

    Activités :
    Montagnes de Marbre :
    À ne pas manquer. Accessible en taxi (Grab) aller-retour. Assurez-vous de visiter tout le site, il y a tant à voir ! Beaucoup d’escaliers à monter et descendre, des temples et grottes impressionnantes. Ne passez pas à côté, c’était mon endroit préféré à Da Nang.

    Marble Mountains

    Pont Dragon :
    Le pont Dragon est un piège à touristes, mais nous avons trouvé ça acceptable. D’abord, nous sommes allés au marché nocturne juste à côté pour des fruits de mer délicieux et des plats végétariens, puis nous avons trouvé une table et une boisson sur le quai. Nous avons réalisé après coup que les meilleures vues sur le dragon sont plus en arrière. Les femmes qui gèrent ces stands temporaires n’ont qu’une heure pour installer tout le monde, servir les boissons et encaisser avant la fin du spectacle. J’ai trouvé plus intéressant d’observer leur efficacité frénétique que le spectacle du dragon lui-même. À l’heure dite, le dragon crache du feu (gaz diesel, donc fumée noire) pendant cinq minutes et puis un grand jet d’eau, et c’est pourquoi je suggère de ne pas de monter sur le pont : nous avons vu les touristes là-haut se faire tremper!

    Rien de tel qu’une douche à l’eau de rivière!

    Musée des Beaux-Arts :
    Notre introduction à Le Ba Dang et d’autres artistes vietnamiens. Une visite agréable.

    Pagode de la Dame :
    Nous n’y sommes pas allés car on la voit depuis la plage, et nous ne voulions pas avoir affaire aux singes agressifs.
    Ba Na Hill :
    Hmmm… Que dire de Ba Na Hill ? Le site nous a semblé kitsch, une coquille vide sans âme. La zone bouddhiste en haut, où l’on peut prendre le thé et profiter du calme, est probablement son meilleur atout. Nous y sommes allés par un jour nuageux, ce qui donnait de superbes photos atmosphériques.
    La montée en téléphérique est la meilleure partie, car c’est une des montées les plus longues et abruptes au monde.  Assurez-vous d’être sur le pont au coucher du soleil. Vous ne serez pas du bon côté pour le soleil direct, mais le ciel coloré et les vues sont superbes. Allez jusqu’au bout du pont où il y a moins de monde.


    Si vous êtes à budget restraint, ne vous embêtez pas avec cette visite, c’est bien trop cher pour ce qu’elle offre.  À moins que tenez vraiment à flâner dans un faux village français, sans vraie nourriture française ni rien de français, finalement, avec des hordes de touristes et zéro culture.  Le plus drôle pour moi, c’était la bande de musique répétitive (digne d’un film Disney), qui suggèrait une aventure magique spectaculaire – alors que ce n’en était clairement pas une. 

    Montée de Bana Hill

    Déplacement: 13 janvier : Départ pour Hoi An en bus.

    Hoi An (13-18 janvier) – 5 nuits
    Impression générale : c’est un bijou de ville. À ne pas manquer, point final.
    Nous avons séjourné au Mulberry Collection Silk Eco (Agoda). Richard est un champion pour trouver les meilleurs hôtels au meilleur prix et au meilleur emplacement, à 5 minutes de la vieille ville. Notre chambre était grande, avec balcon (pratique pour la lessive à la main, nous en avons souvent une en file). Le petit-déjeuner était bon et le personnel est très amical et serviable.
    Vous pouvez emprunter des vélos gratuits à l’hôtel -pas de vitesses, mais bons pour de courtes distances sur le plat.

    Activités : Waouh, cette ville est si belle.

    Vieille ville :
    Se balader dans la Vieille Ville est une activité en soi. L’architecture, les boutiques, les restaurants, et le calme dû à l’interdiction des scooters.  La nuit, la rivière s’illumine de lanternes et c’est magique.
    De jour, vous pouvez acheter un billet pour accéder à certains intérieurs de sites historiques, mais le billet limite vos entrées et donc il faut faire des choiz. Bref, c’est compliqué pour rien. Ils pourraient simplement facturer un peu plus pour un billet tout inclus. On a fait une recherche sur Google pour essayer de voir les immeubles les plus importants.

    De l’autre côté de la rive, c’est une rue pleine de restos et bars cacophonique. Chaque site a un band qui hurle des chansons pour se faire entendre par dessus le prochain band qui hurle. Ça a l’air d’un énorme pite

    Vêtements sur mesure :
    Je me suis fait faire des shorts en lin sur mesure ici. Si vous ne voyagez pas sac à dos comme nous, vous pourriez vous laisser aller et vous faire faire tout plein de vêtements. J’adore mes shorts. J’ai choisi un modèle existant, mais demandé qu’ils soient plus longs.  Ils sont pile à la bonne longueur avec des poches assez énormes pour y ranger une bouteille d’eau: parfaits!
    Ensemble de temples Khmers My Son :
    Nous avons loué des vélos électriques pour y aller, mais il y a aussi des bus touristiques ou locations de scooters. Ces temples sont en restauration car ils ont été détruits pendant la guerre. Le site est en forêt et paisible. Certains tronçons de route étaient très animés, d’autres d’un calme absolu et beaux. Malgré que nous roulions en électrique, par prudence, nous n’avons pas utilisé les batteries pour les 35 km du chemin aller. Au retour, nous avons pu rouler à 20 km/h en constance en tenant l’accélérateur sur le guidon, c’était super le fun ! Même si nous avions à peine pédaller au retour, nous n’avons utilisé que la moitié de la batterie. Location à Hoi An au stand près du petit lac artificiel. Bons prix (120 000 dongs par vélo électrique haut de gamme), proprio très sympa, contact WhatsApp en cas de problème.


    Cours de cuisine :

    Vita, Gioan Family Cooking


    Nous avons rencontré notre groupe Gioan Family Cooking au marché pour acheter des ingrédients et y faire une visite. Vita, notre prof, était adorable et drôle ! Elle a adapté le cours pour que je prépare des versions végétariennes.
    Spectacle Hoi An Memories
    À voir absolument. Meilleurs sièges High ou VIP.  Sièges High :centraux avec dossiers, low: bancs sans dossiers. VIP plus haut (tabourets? Pas sûr si ça vaut le coup). Beaucoup de pré-shows amusants.
    Plage :
    Le plaisir d’aller à la plage, c’est le vélo à travers les rizières sur le chemin. Chaises longues et restos sur place.

    Les lanternes de Hoi An

    Déplacement: Bus jusqu’à la gare de Da Nang, puis train pour Huế (les trains sont vieux et brinquebalants).

    Impression générale : Adoré Huế. Longues promenades fluviales des deux côtés avec ponts faciles. Bonne ville pour marcher. 
    Nous avons séjourné à Villa Hué. Hôtel ancien avec chambres immenses aux hauts plafonds. Nous avons aimé la proximité de tout, y compris location vélos (5 min). Par contre, humide : vêtements humides permanents. Petit-déj bon mais bruyant et bondé (nous aimons le calme). Distributeur d’eau pour nos gourdes.
    La ville entière est humide, je pense. Si vous réservez, visez 2e étage arrière. Notre chambre était la seule avait porte sur grande terrasse (pas un balcon, donc plus de place).

    Piste cyclable Hué

    Activités :
    Cité impériale UNESCO :
    Peut prendre la journée entière, beaucoup à voir. Magnifique. Possible de luncher dans un jardin.
    Mausolées empereurs :
    Visité deux sites : Mausolée empereur Tu Duc, un vaste site vert avec étang et arbres, sublime ; Mausolée empereur Khai Dinh, c’est plus orné, formel et grandiose. Nous avions des vélos classiques, mais les collines sont gérables et balade assez paisible. Snacks (banh mi/boissons) à Khai Dinh.
    Fondation Le Ba Dang :
    Un étage nous permet d’apprécier l’ œuvre de Le Ba Dang, tandis que l’autre étage nous présente des artistes variés. Pièces extérieures, et autour, le long du fleuve, parc à sculptures.

    Bons cafés tout le long.
    Balade vélo rivière :
    Deuxième balade à vélo, cette fois-ci vers Garden House et Chùa Thiên Mụ Pagoda. Il y a une nouvelle piste séparée du traffic qui longe le fleuve et traverse les ponts. Cafés toujours proches.

    Le Ba Dang

    Déplacement: 23/01 : Départ bus Phong Nha.

    Phong Nha (23–28 janvier) – 5 nuits
    Impression générale : Petite ville riveraine (pour l’instant car il y a de gros projets de développement imminents). Les activités centrées sur la visite des grottes fameuses, époustouflantes.
    Séjour Phon Nha AnAn Homestay (Booking). Adoré. Nous avions une triple chambre au 2e étage.  Si il n’y a pas de chauffrette dans votre chambre, demandez en une, c’est froid et humide. Grande chambre confortable. Calme relatif (inevitables vendeurs sur haut-parleurs et fièvre sporadique de karaoké). Moon, la propriétaire, est l’âme du lieu : elle est amicale, aidante, efficace et drôle (adieu larmoyant !).  Elle offre régulièrement un souper « familial » à bon prix qui permettra aux voyageurs de partager une table bien garnie et socialiser.

    C’est 20 minutes de marche pour se rendre au centre mais il y a des restos tout proche et le centre a rien d’intéressant.

    Moon ❤️

    Activités :
    Visite Phong Nha/Paradise Caves et Jardin Botanique en excursion d’une journée, réservé à travers Moon avec Green Adventure Tours. Guarantie tête qui explose devant Phong Nha et Paradise Caves.

    Grottes spectaculaires

    Pour voir les sites clés, il en suffirait avec deux nuits.

    28/01 : Bus Ninh Binh : 6h.

    Ninh Binh (28 janvier-2 février) – 5 nuits
    Impression générale : Incontournable. Seul endroit où l’on a manqué de temps pour tout voir !
    Bungalow Tam Coc Mountain Homestay. Bonne taille. Petit-déjeuner inclus. Bien situé (merci Richard🤎).  Notre bungalow avait du chauffage, fort apprécié car c’est une ville froide et humide. Situé dans une rue étroite et calme à cinq minutes des restos. Nous avions un jardin avec fleurs, arbres et oiseaux (j’ai vu un oiseau-mouche à tête rouge!), vraiment idyllique. Lac adjacent directement en face pour faire une promenade.

    La grand-mère s’occupait du petit-déjeuner et était adorable. Pas d’anglais mais elle connaissait les mots-clés et sinon utilisait Google Translate.  Elle nous offrait son délicieux thé au gingembre sucré à chaque fois que l’on retournait de nos sorties, et autant de câlins que l’on voulait.

    Activités :
    Jour 1 : Vélos loués pour visiter Thai Vi temple (gratuit, mais facilement sauté) et Bich Dong temple (gratuit aussi et vaut la visite). La Réserve d’oiseaux Thung Nham nous a beaucoup impressionnés.  Notre billet d’entrée nous donnait l’accès à trois grottes, dont l’une en bateau, et au wetland. Les oiseaux reviennent à leurs nids vers 5pm, par contre, la vente de billets ferme à 5 pm, donc arriver avant.  Nous avions le droit d’utiliser nos vélos pour visiter cet immense parc avec potagers, arbres fruitiers et jardin de fleurs.  Il y a aussi des voiturettes électriques pour promener les visiteurs.

    Wetland, dans la réserve Thun Nham


    Jour 2 : Excursion Cuc Phuong National Park et Van Long Wet Reserve (1,5M dongs/ch). Matin Van Long : nous avons pu voir les singes  langurs Delacour sur les falaises.  Difficiles à photographier sans zoom. Belle ballade en bateau. 

    Le National Parc : visite du sanctuaire de singes multi-espèces, randonnée dans la jungle, déjeuner délicieux, visite de grotte.


    Jour 3 : Pris un Grab pour nous rendre au site UNESCO Trang An, trajet en bateau de 3h (300k dongs). Sublime. Vraiment sublime.  Ensuite nous sommes allés à  Hoa Lu ancient city pour voir les pagodes en soirée, toutes illuminées.

    Refuge pour singes au National Park

    Jour 4 : Vélos loués pour se rendre à Hang Mua Cave. Un bon 421 marches pour un sommet et un autre 200 marches pour le deuxième sommet. Belles vues et beau site.  Au pied des marches, on peut s’acheter une boisson pour récupérer.  J’ai pris l’habitude de boire une noix de coco, pour me donner du magnésium.  Ce n’était pas la saison de fleurison des lotus, mais l’énorme champs au pied de la montagne doit être une merveille à ce moment là..

    Déplacement: 2/02 : Bus Ha Long.

    Ha Long : 1 nuit
    Palette Collector’s. Hors saison, c’est une zone morte pleine d’immense chantiers autour de cette hôtel. Une nuit suffit. Ville fantôme, qui deviendra plus animée en saison de plage.

    Grab facile pour se rendre aux bateaux de croisières.

    Croisière 3j/2n Indochina Sails Grand. Bateau neuf (2025) rétro. Belles cabines confortables avec balcon et grandes fenêtres. La nourriture était bonne et variée en général mais les plats végés manquaient de créativité.

    Croisière, coucher du soleil

    À refaire, mais par contre une nuit est suffisante.  La sortie Bat Ca, pour ceux qui font deux nuits, est déconseillée. Des bateaux plus petits viennent chercher toutes les personnes qui font deux nuits sur leurs bateaux de croisière pour les amener sur Cat Ba. On ne verra pas le National Park sur l’île, seulement le petit village-dépanneur, où ils nous feront goûter au vin de riz (activité touristique répétitive, on en était à notre 4e fois). Perte de temps. À la fin de cette journée, soit nos bareaux viennent nous chercher ou bien on se fait déposer. J’avais l’impression d’être un enfant qui revenait du camp de jour. Avec une nuit, c’est assez, et, avec un peu de chance, il y aura un beau coucher de soleil et une lune montante, pour faire des photos.

    Pleine lune, Baie de Halong

    Transfert Hanoï peut être organisé par la compagnie de croisière.

    Hanoï (5-9 février)

    Impression générale:  Trop de traffic, trop de pollution de l’air et par le bruit. Ce que la ville a à offrir, selon moi, ne vaut pas le chaos que l’on doit subir dès que l’on met le pied dehors.

    Nous sommes restés au Tranquility Stay Old Quarter by Stella (Booking). C’est en plein centre du Old Quarter, on ne peut être mieux placé, et c’est effectivement, très tranquille. Immeuble « tunnel-house » multi-étages sans ascenseur ; demandez si c’est possible d’avoir une chambre au 1e ou 2e. Chambres propres, grandes et simples. Stella est aimable et le petit-déjeuner est bon.

    Activités:
    Lac Tortue et Temple Ngoc Son. Un trottoir sans scooters pour faire le tour du lac, donc une promenade plus paisible: rare événement à Hanoï.
    Musée des Beaux-Arts : solide collection traversant l’histoire vietnamienne.
    Lac Ouest : étals d’artisans , mais sont-ils seulement installés pour le Tết ?
    Temple de la Littérature : Université la plus ancienne du pays avec des batiments historiques dignes.

    Temple de la Littérature

    D’après moi, il serait bon d’apporter un changement à la mentalité autour des scooters.  Compréhensiblement, ces engins sont peu chers à opérer et rendus si versatiles ici au Vietnam, ils sont le moyen de transport le plus populaire.  90% des locaux sont en scooters ici et ceux ne sont que les touristes qui marchent.  Principalement à Ho Chi Mihn et Hanoï, pour ce touriste qui marche, le scooter confronte constamment, et franchement, assez agressivement. Les trottoirs sont réelement des espaces de stationement pour les scooters, et donc les piétons sont renvoyés à la rue.  Dans la rue, il n’y a aucun règlement qui est respecté: ils peuvent conduire en sens inverse, couper à travers les voies, passer le feu rouge, ignorer les stops, dépasser à gauche ou à droite, aller vite ou lentement. En fait il y a une règle: klaxonner, tout le temps.  Tout le temps! Par contre, c’est vrai que si il y a un policier, on verra tout les scooters alignés sagement, qui attendent le feu vert patiemment.  Ou bien, j’ai remarqué que si je pointais mon téléphone vers eux en traversant devant eux, ils avaient tendance à s’arrêter plus rapidement.  Les vietnamiens ont une relation symbiotique avec leurs mobylettes: ils ne s’en séparent pas. Nous les avons vu faire la sieste sur leur scooter, ou faire leur shopping en scooter, côte à côte avec les piétons.  Une vendeuse est sorti de son magasin pour amener un produit à une personne en scooter pour qu’elle n’ait pas à en débarquer.  Les scooters sont stationnés à même la maison, dans la pièce principale, avec l’autel aux ancêtres. Cette engin fait partie de la famille, c’est un appendage qui a tout les droits. Et tant que le pays ne se dotera pas d’un système de transport urbain plus efficace et performant de que ce qu’il y a en place, cette situation, évidemment, perdurera. 

    En espérant que le gouvernement du pays veillera sur la santé de son peuple en mettant tout en place pour améliorer la qualité de l’air et de leurs vies.

    Pour nous, retraités avec économies et moyens, le Vietnam est super économique, en fait si peu cher que je me suis souvent dit que je profitais de bas prix sur le dos du peuple. Cette tension a commencé au Laos pour moi. On est confronté à notre privilège et confort à chaque minute. Entendre un touriste, fort en Euros, négocier un prix ridiculement bas au départ, me donnait mal au coeur. Richard et moi avons trouvé notre façon de s’équilibrer à travers ça.  Pourboires généreux directement dans la main des gens avec un merci réel et présent. Réperer et reconnaître les opportunités de donner.

  • Richard

    Un pays marqué au fer du passé. Le Cambodge est le troisième pays que nous visitons. On y retrouve certaines similitudes avec ses voisins, mais son histoire récente lui donne un visage bien à part  -un mélange de fragilité et de force tranquille, comme une fleur de lotus poussant dans la boue.  Le pays porte encore les cicatrices du cauchemar des Khmers rouges (1975‑1979), période durant laquelle près d’un quart de la population a péri.  Les intellectuels, les enseignants, les médecins — tout un pan de la mémoire collective — ont disparu dans un silence forcé. Ce passé hante encore les ruelles poussiéreuses, les écoles délabrées, les regards parfois lointains. On le ressent dans les infrastructures, dans l’éducation, dans une forme d’usure intérieure.

    Angkor Wat
    La douceur obstinée du présent

    Et pourtant, ce qui bouleverse, c’est la douceur du présent. Les sourires, francs et lumineux. Les enfants qui vous saluent du bord des routes en criant “hello!”, les vendeurs qui vous offrent un fruit sans calcul. On devine derrière ces gestes simples une incroyable force — celle d’un peuple qui refuse de se laisser abattre, même après avoir tout perdu.

    Angkor Wat
    Le prix du développement

    Mais la reconstruction a un prix. Le Cambodge vit aujourd’hui sous la dépendance de puissances extérieures, notamment la Chine, dont les investissements massifs redessinent le pays. Fin 2024, la dette publique s’élevait à environ 12 milliards de dollars, dont une grande partie envers des créanciers chinois. Faute de soutien soutenu de l’Occident, Phnom Penh s’est tournée vers Pékin, qui finance autoroutes, zones industrielles, barrages et surtout le port stratégique de Sihanoukville. Sihanoukville : mirage ou renaissance ?  Là-bas, la transformation est saisissante. Le front de mer se hérisse de tours de béton et de néons. Les casinos pullulent comme des champignons après la pluie, attirant une clientèle presque exclusivement chinoise. Mais derrière les lumières et les façades vitrées, la réalité est plus crue : pauvreté extrême, drogue, prostitution, trafic d’êtres humains. On croise des visages fatigués, des familles déplacées, des jeunes qui survivent en marge d’un rêve de prospérité qui n’est pas le leur. Voir un pays aussi meurtri se transformer en terrain de jeu pour les investisseurs étrangers laisse un goût amer. Les Cambodgiens, toujours si dignes et souriants, semblent parfois condamnés à sacrifier une part de leur âme pour avancer. Leur terre, leur culture, leur avenir se négocient dans des tours de verre où ils n’ont pas de voix.  Les îles cambodgiennes, miroirs d’un paradoxe. Dans les îles comme Koh Rong, la scène se répète, plus douce en apparence, mais tout aussi dérangeante. Les plages de sable blanc sont bordées d’hôtels et de restaurants appartenant à des investisseurs venus de l’étranger : français, italiens, russes, chinois… Sur les terrasses, on entend plus souvent parler anglais, russe ou mandarin que khmer. Les Cambodgiens, eux, servent, nettoient, construisent — figurants discrets d’un décor de carte postale. Quel paradoxe : un peuple si accueillant, réduit au rôle de spectateur dans son propre pays.

    Une des magnifiques plages de Koh Rong
    Les espoirs d’une nouvelle génération

    Et pourtant… on repart du Cambodge le cœur serré, mais empli d’admiration. Derrière chaque sourire, on sent une fierté inébranlable. Une jeunesse émerge : plus éduquée, plus audacieuse, avide d’apprendre et de bâtir autrement. Elle ouvre de petits cafés, des guesthouses familiales, des projets communautaires. On sent le pays prêt à se relever, lentement, mais avec dignité.On se prend à rêver que, bientôt, les richesses du Cambodge — sa culture, sa terre, son humanité — profiteront enfin à ceux qui les font vivre. Si les investissements et le tourisme se recentrent un jour sur les communautés locales, alors ce pays aura peut‑être trouvé le chemin d’une vraie renaissance.

    Merci, Cambodge. Et après avoir rencontré ses habitants, on ne peut qu’y croire.

    Merci, chers Cambodgiens, pour cette immense leçon d’humilité, de courage et de lumière.

    Anne

    Les enfants, libres!

    Ce qui m’a le plus frappé au Cambodge, c’est le sourire des enfants. Ils semblent jouir d’une liberté qui, au Canada, pour toutes sortes de raisons, s’est peu à peu éloignée de notre quotidien. Ici, ils vont à l’école à vélo ou en scooter, souvent sans casque, pieds nus, et sans qu’un parent plane en permanence au-dessus d’eux en mode « supervision constante ». Au Québec, on resterait sans voix en les voyant, mais eux ont l’air profondément heureux.

    Sophal, notre conducteur de tuk-tuk et guide. Un bon papa qui veut le meilleur pour ses enfants

    Ils se promènent, jouent, se chamaillent un peu, puis tout semble se résoudre de façon naturelle, sans comité parental ni politique officielle de résolution des conflits. On sent un tissu social solide, une solidarité née de la nécessité. Un soir au restaurant, j’ai observé deux enfants, l’un d’environ trois ans et l’autre de huit ans, jouer ensemble. J’étais fasciné par leur ouverture mutuelle : le plus grand suivait le plus petit, attentif à sa façon d’entrer en contact avec les autres, tandis que le plus jeune imitait ses gestes. Leur énergie commune baignait dans le calme et la patience, sans téléphones ni écrans, juste deux enfants qui explorent et s’amusent avec ce qu’ils ont autour d’eux. Ni l’un ni l’autre ne semblait dominer ou brimer son partenaire de jeu. Je m’attendais à voir surgir l’impatience, ou à les entendre réclamer à un parent parce qu’ils s’ennuyaient, mais rien de tout cela n’est venu.

    La pleine lune à Koh Rong Samloem

    Difficile de ne pas comparer leur sérénité avec ce qui ressemble parfois à un mal de vivre chez certains enfants nord-américains. D’après moi, quelque chose s’est perdu en cours de route. J’aurais tendance à dire que nos enfants ont peu à peu désappris à gérer le manque de stimulation, l’ennui. On tente souvent de les en sortir à tout prix, alors qu’il serait sans doute plus sain qu’ils apprennent à apprivoiser le vide, le calme, l’absence d’activité. Avec le temps, ils développeraient leurs propres mécanismes pour apprivoiser ce petit malaise qui accompagne la sensation de « n’avoir rien à faire ». Leur imaginaire et leur capacité de création pourraient alors reprendre la place occupée aujourd’hui par la stimulation creuse et sans relief de l’écran.​

    Ces enfants cambodgiens m’ont rappelé notre génération de baby-boomers. Nous aussi avons grandi dans un monde en mutation, avec peu de règles strictes et beaucoup d’espace pour être libres, courir, tomber, nous relever avec les genoux écorchés et quelques points de suture, loin des environnements de jeux ultra sécurisés d’aujourd’hui. Quand on s’ennuyait, nos parents nous disaient simplement d’aller jouer dehors. Faute d’amis, on passait du temps à observer les fourmis ou à dessiner à la craie sur le trottoir. Comme ces enfants cambodgiens, on jouait ensemble dans le quartier, sans adultes pour arbitrer nos différends : on apprenait à se débrouiller.

    Un des immeubles au palais royal à Siem Reap

    À mon sens, la différence majeure entre nos enfants et ceux du Cambodge se trouve dans l’expérience de vie de leurs parents. Là-bas, les journées de travail sont longues, dix à douze heures, et les semaines s’étirent sur cinq ou six jours. Quand les adultes doivent travailler aussi fort pour survivre, le tissu social devient indispensable : il faut une vraie vie collective, où le sens du lien et de la responsabilité partagée reste très fort. Un soir, une petite fille de six ans est venue à notre table de restaurant, simplement pour nous parler, nous dire son nom, son âge, et nous regarder. Notre réflexe a été de lui demander où étaient ses parents. Le serveur nous a rassurés : ils n’étaient pas loin, et lui aussi gardait un œil sur elle, tandis qu’elle s’aventurait seule entre les tables. Cette solidarité et cette co‑dépendance saine sont exactement ce qui manque souvent à nos sociétés nord-américaines, où la compétition et l’individualisme prennent trop souvent le pas sur la coopération et la bienveillance. Là-bas, dans les restaurants, on voit des équipes qui nettoient ensemble, rient ensemble, et partagent la même boîte à pourboires, peu importe le rôle de chacun. On ressent une vraie dynamique de collectif, que nous avons peut-être déjà connue, mais qui s’effrite peu à peu chez nous, au fil de la méfiance que nous avons dû développer -et que parfois peut-être nous avons de la difficulté à jauger- face à l’inconnu dans nos grandes villes.

    Un restaurant d’insertion sociale, où nous avons mangé trois fois!

    Tout cela met en lumière à quel point la liberté des enfants va de pair avec une véritable solidarité sociale. Là où nos enfants d’hier pouvaient grandir à la fois libres et reliés aux autres, ceux d’aujourd’hui évoluent souvent dans un univers plus normé, plus individualiste et parfois plus craintif. Il ne s’agit pas de blâmer qui que ce soit, mais plutôt de souligner que mes idées de ce qui fait un monde idéal pour un enfant ont été confrontées, et que nos sociétés ultra développées n’ont pas fait que gagner en liberté.​

    J’espère de tout cœur que ces enfants cambodgiens auront un jour accès à davantage de sécurité et à la prospérité des choix, plutôt que de demeurer dans un mode de survie.

    Pour ma part, ce voyage m’a aussi rappelé mes propres limites. Après une exposition beaucoup trop longue au soleil brûlant, j’ai dû m’arrêter complètement pour me reposer. Depuis, nous partons mieux préparés, à de meilleures heures, avec électrolytes et eau de noix de coco, pour mieux écouter et respecter notre corps.

    Le vélo est relaxant (pas de voitures!) au 4,000 îles

    Un jour, alors que je suivais Richard à vélo en bougonnant de faim, de chaleur et de fatigue, deux jeunes femmes croisées sur la route m’ont adressé des sourires éclatants. J’ai souri malgré moi, car ces sourires, incarnation de la douceur cambodgienne, remettent tout en perspective : parfois, un simple sourire suffit à dissiper le nuage gris au‑dessus de notre tête.  

    Pour ceux qui souhaitent découvrir le pays, je recommande quatre jours à Siem Reap — Angkor Wat est absolument à couper le souffle — et une semaine sur chacune des îles de Koh Rong et Koh Rong Samloem, idéales pour les amateurs de plage, de noix de coco et de farniente. Phnom Penh et Battabang méritent une courte halte, tandis que Sihanoukville, en pleine mutation accélérée, m’a plutôt troublé par ses contrastes très marqués.

    À mon avis, le Cambodge n’est pas encore une unique destination à envisager pour les Nord-Américains, qui doivent supporter un très long voyage en avion pour s’y rendre. Il gagne à être combiné avec un pays voisin. Pourtant, malgré ses contradictions, on en repart profondément touchés. La gentillesse et la bienveillance reçues donnent simplement envie de semer la même douceur autour de soi.

    Détail d’une murale immense au palais royal de Siem Reap
  • Richard

    Le Laos, un pays où le temps semble s’être un peu arrêté.

    Merci, Richard, d’avoir insisté…

    Marcher dans ses villages, traverser ses campagnes, c’est comme entrer dans un film des années 1950: tuk-tuks qui tanguent doucement, marchés hauts en couleurs, rythme lent et sourires sincères. Ce charme d’antan séduit, mais derrière cette douceur, la vie n’est pas toujours simple.

    Richard a eu 62 ans!

    En 2025, la croissance ralentit, l’inflation demeure élevée, et le Laos dépend fortement de la Chine pour ses routes et ses barrages. Parfois, on a l’impression que le pays qu’on aime perd un peu de son identité, comme un vieux livre entre des mains trop pressées et peu délicates.

    Pourtant, c’est la force des Laotiens qui impressionne le plus. Malgré les défis, ils gardent une sérénité profonde, presque méditative, comme un moine qui trouve la paix au cœur d’un temple bondé de touristes. Oui, les routes de terre rouge sont semées de trous et de creux, et sans exagération ici, chaque cahot résonne dans votre colonne vertébrale, pour rappeler que la vie est faite d’obstacles et que tout passe comme les nuages. Mais au-delà de tout cela, ces sourires restent discrets et vrais, ces regards bienveillants nous invitent à ralentir, à écouter et à partager.

    Kayak à Vang Vieng

    Et puis, surprise moderne: même dans les villages les plus reculés, les Laotiens ont adopté la technologie. Smartphones, réseau 3G, 4G et parfois même 5G s’immiscent là où on ne les attendait pas. On pourrait presque imaginer un tuk-tuk piloté par GPS dans un décor de rizières, ou un vieux sage faisant défiler son écran entre deux moments de méditation. La modernité détonne avec le charme traditionnel, mais elle accompagne aussi les espoirs d’un pays qui avance.

    Au final, ce qui fait battre le cœur du Laos, c’est cette merveilleuse proximité avec la terre, l’eau des rivières, le feu des marchés nocturnes. Ce lien humble avec les racines, les éléments naturels et les traditions, c’est ce qui donne au Laos son âme.

    Une jeune Taku photographie Richard

    Et même si le pays traverse des bouleversements, il conserve cet esprit vivant, chaleureux et profondément humain au cœur d’une nature très généreuse, mais pour combien de temps encore?

    Anne

    Eh bien, le Laos, pour moi, c’était bien plus qu’une simple destination sur notre itinéraire. C’est ici que j’ai eu une petite crise existentielle – rien de trop dramatique, juste une interrogation sur le sens de tout ça. Ma première impression du Laos, c’est comme entrer dans une véritable jungle. Toutes ces plantes qu’on peine à garder vivantes dans nos salons deviennent ici des arbres géants. Je suis certaine que si je plantais un noyau de mangue sur un bout de terrain en pleine ville, un arbre à fruits ne tarderait pas à pousser. L’air est humide, tout est luxuriant : la vie s’épanouit partout.

    Temple Wat Sisaket

    Au fil du chemin, on s’est laissé surprendre par des paysages de plus en plus spectaculaires. Vientiane, la capitale, n’a été pour nous qu’un point de départ, mais le musée du textile et le temple Wat Sisaket ont enrichi la visite. Ensuite, à Vang Vieng, on se retrouve plongés dans la nature variée et impressionnante du pays. Le Laos a une tranquillité rare, qu’on ne trouve pas chez sa voisine, la Malaisie, bien plus développée et peuplée. La beauté des paysages vue depuis une montgolfière nous a coupé le souffle.

    Luang Prabang, c’est la ville qui nous ressemblait le plus. On pouvait marcher sans fin, longer le fleuve, explorer la jungle et découvrir d’autres temples. C’est là que nous avons visité les éléphants ! Et le retour de notre visite guidée, sur le Mékong au coucher du soleil, restera un de ces souvenirs de couple que j’espère garder longtemps en mémoire. À Pakse, nous avons finalement séjourné dans un hôtel presque luxueux, proposé à bon prix parce qu’il n’était pas encore très fréquenté. Le rooftop bar au centre-ville nous offrait une échappée vers le ciel et le calme, loin du trafic.

    Elephant Cave

    Depuis Pakse, nous sommes partis en excursion sur le plateau des Bolovens avec Robin, de Tad Lo Tours. Nous étions cinq : trois Bretons vraiment sympathiques et nous deux. Ce circuit mêlait voiture, tracteur et marche, avec la découverte de villages qu’on n’aurait jamais vus sans guide. Robin nous expliquait les coutumes des Katus et on se retrouvait face à des réalités bien différentes de celles qu’on connaît chez nous.

    Par exemple, certains villages comptent plusieurs maisons inoccupées, simplement parce que l’esprit des personnes décédées y resterait. Lorsqu’une personne décède, toute la famille doit déménager de cette maison. Les cercueils sont déposés (pas enterrés) dans la jungle environnante. Si quelqu’un meurt sur la route, il ne peut pas être enterré avec ses proches, car il n’était pas sous la protection du village lors de sa mort. Quant aux nouveau-nés, ils ne quittent pas la maison avant le sacrifice annuel du buffle à la maison des esprits, au centre du village. Ce rite protège les bébés, et c’est le chaman qui supervise la santé spirituelle des habitants et anime les rituels. Découvrir tout cela était vraiment fascinant.

    Offrandes pour mon père, ma soeur et Alexis

    La randonnée dans les rizières était magnifique : une mer de vert et d’or qui méritait bien quelques photos. Nos compagnons de voyage étaient attachants. Le couple, comme nous, explorait plusieurs pays et nous avons pu échanger sur nos expériences. Leur amie, venue en vacances avec eux pour le Laos seulement, m’a impressionnée par son sens de l’aventure et de l’humour. Cela m’a fait du bien d’échanger et de rire. Robin, grâce à ses explications et ses traductions, nous a rapprochés du peuple laotien. En plus, grâce à lui, je sais maintenant comment entrer dans un temple en étant certaine de ne pas faire de faux pas.

    Un peu plus sur Robin. Ayant immigré moi-même (vers un pays beaucoup plus semblable au mien par contre), je ressends beaucoup de respect sur comment Robin a entrepris sa vie au Laos.  Il s’est installé avec sa compagne et leur fils dans un village et il a appris la langue et créé des liens.  Son entreprise comprend une collaboration avec les Laotiens, et il amène du tourisme dans des endroits qui sont plus isolés, ont beaucoup à offrir, et auquel on peut, en tant que visiteur, contribuer.  Donc merci Robin, pour ce qui semble être un modèle d’entreprise avec une éthique admirable et bienveillante.

    C’est dans les 4 000 îles que j’ai commencé à ressentir un malaise. Je ne savais pas s’il s’agissait d’un début de rhume ou juste de la fatigue, mais c’était plus profond qu’une simple lassitude physique. Nous logions dans une petite maison au bord du Mékong à Don Khon, avec des couchers de soleil splendides chaque soir. Je crois qu’on a croisé que trois véhicules grandeur nature sur l’île, puisque c’est presque entièrement des motos ou tuktuks que l’on voit, et pour cela, le vélo était le moyen idéal pour se déplacer en toute sécurité et tranquillité. L’île était paisible, endormie tôt, vers dix heures du soir ; même Don Det, l’île voisine, réputée plus animée, restait plutôt calme. C’est cette atmosphère de sérénité qui m’intriguait, car je n’arrivais pas à trouver mon propre calme intérieur.

    J’ai discuté en appel vidéo avec Mary-Ellen et Helen, deux amies de longue date. Parler de ce que je ressentais m’a aidée à comprendre mon état d’âme. Je me sentais presque coupable de me plaindre, car tout semblait réuni pour être heureuse : on échappait à l’hiver, on découvrait des endroits magnifiques, les gens étaient gentils, et nous étions en bonne santé et heureux en couple. Que demander de plus ! Mais en observant la vie ici — les enfants parfois vêtus de haillons, jouant dans une eau qui ne paraît pas très propre, quittant l’école tôt pour travailler, les animaux amaigris ou blessés — je me demandais pourquoi tout cela me bouleversait autant, alors que je n’avais pas à le vivre, mais uniquement à l’observer. Avais-je vraiment le droit de me sentir mal à l’aise ?

    Le soleil se couche sur les rizières de riz au 4,000 îles

    Helen, qui est très sage, m’a apporté une belle image : « Le voyage, c’est comme un muscle à entraîner. Il faut le travailler, mais parfois il mérite du repos. On sait, grâce aux reportages ou documentaires, que beaucoup de gens vivent sans le confort qui nous est familier, mais y être confronté jour après jour, c’est un vrai choc, ça demande de l’adaptation. »

    C’est vrai qu’on reste constamment sur ses gardes quand on voyage : ne rien oublier, vérifier qu’on est sur le bon chemin, repérer les insectes, serpents ou scorpions, dire merci et bonjour (dans le bon ordre et la bonne langue!), se faire comprendre, comprendre ce que l’on visite — le monument, le temple, les coutumes, la nourriture (viande ? végétarien ?), gérer ses sacs, son linge sale, ne rien oublier, ne rien oublier… Le muscle est en constante sollicitation finalement…

    Après cette conversation, je me suis sentie soulagée : mes amies m’ont permis d’assumer mes émotions, même si j’ai connu plus de privilèges que la plupart des gens. Elles m’ont accueillie sans jugement et aidée à comprendre que je peux absorber autant de beauté et parfois difficile réalité, et que c’est finalement essentiel car c’est un geste de solidarité.

    Alors ici, à Pakse, pour nos derniers jours au Laos, on s’est offert une pause. On prend le temps de digérer tout ce qu’on a vu, et de se préparer à de nouvelles aventures. Le Laos est définitivement un pays à visiter. Son peuple et ses paysages ne s’oublient pas facilement. Je leur souhaite un développement économique sain et inclusif.

    Coucher du soleil, Mékong, 4,000 îles
  • Richard

    Débuter notre aventure asiatique par la Malaisie : pas pire pantoute comme choix ! 

    Imagine un pays où tu te sens en sécurité, où les cultures et les religions se côtoient sans chicane, et où tout le monde t’offre un grand sourire comme si t’étais de la famille. 

    Sérieusement, ils ont compris le concept du vivre ensemble mieux que bien des politiciens chez nous !

    Quartier Chinois à Malacca

    Côté bouffe… mon doux ! C’est un feu d’artifice dans la bouche. Tu peux manger chinois au déjeuner, malais au dîner, thaï au souper, et finir avec un dessert japonais si le cœur (ou le ventre) t’en dit. Ils cuisinent tout ici, sauf peut-être la poutine… mais on sent qu’ils en seraient capables.

    Côté circulation, disons que c’est du sport. On appelle ça du chaos organisé : personne ne semble suivre les règles, mais tout le monde sait où il va. Un peu comme sur l’autoroute 40 un lundi matin. Les piétons ? Pas rois. Les vélos ? Euh… invisibles. Les vrais boss ? Les autos et les scooters ! 

    Traverser la rue devient une mission qui te fait apprécier la vie à chaque pas.

    Night market à Kuala Lumpur

    Pour te déplacer, mise sur les autobus, les trains ou Grab – le Uber local, version beaucoup moins chère. Sérieusement, à ce prix-là, on dirait presque que le chauffeur te fait une faveur. Et une fois rendu, marche un peu… ça aide à justifier le troisième repas de la journée.

    Petit clin d’œil économique (merci la techno) :

    Le coût de la vie, c’est le rêve pour nos portefeuilles de Québécois. Avec notre dollar, on se sent presque riche comme un ministre. 

    En y allant mollo, tu peux bien te gâter sans avoir à vendre ton char au retour (le mien est déjà vendu lol!). 

    Et bon à savoir : si t’as passé la cinquantaine (avec fierté), traîne ta carte d’identité – ici, les rabais pour « jeunes d’expérience » sont nombreux !

    Croissance du PIB entre 4 et 4,8 % — pas besoin d’être économiste pour comprendre que ça va bien.

    Coût de la vie : environ 39 % du nôtre. Autrement dit, ici, ta bière coûte le prix d’un café à Montréal.

    Mallaca, mosque Masjid Selat Melaka

    Taux de chômage : 3,5 % — bref, tout le monde travaille, même les scooters.

    Conclusion:  

    La Malaisie, c’est un pays où j’ai appris que le désordre peut avoir son propre charme et où la diversité devient une source de fierté rassurante. 

    On s’en va le cœur plein de gratitude pour tous ces travailleurs, ces artisans du quotidien, qui rendent cette magie possible, du chauffeur d’autobus au marchand de marché, en passant par tous ceux qui œuvrent dans l’ombre pour que cette mosaïque d’expériences reste aussi vivante et authentique. 

    On se dirige vers le Laos le ventre plein, l’esprit léger, et la tête pleine de souvenirs colorés. 

    On se sent déjà privilégiés d’avoir vécu ça.

    Tan Jetty (village de pêche sur pilotis) à Penang
    Anne

    Les surprises ont été nombreuses pour moi : le peuple malais n’appartient pas à un groupe ethnique homogène. Par exemple, à Penang, environ 60% des Malais sont d’ascendance chinoise, tandis qu’à Desaru, nous étions presque exclusivement entourés de Malais musulmans. C’est en grande partie pour cette raison que l’on mange si bien en Malaisie : chaque communauté ethnique contribue à une incroyable diversité culinaire. Nous avons savouré des repas délicieux, encore et encore !

    Bouddha au temple Kek Lo Si, Penang

    Chaque ville présente un important quartier hindou et chinois, chacun avec ses temples, ses restaurants et ses magasins. Ce qui est encore plus étonnant – et vraiment admirable – c’est que tout le monde célèbre les fêtes de toutes les communautés. Il existe une acceptation et un partage qui suscitent respect et admiration : on sait combien il n’est jamais simple pour des peuples différents de bien s’entendre et de cohabiter dans un même pays. Tantôt notre chauffeur Grab était d’origine hindoue, tantôt chinoise, tantôt malaise musulmane ; ainsi, les conversations et les points de vue étaient particulièrement variés.

    Nous avons souvent eu l’occasion de discuter avec les Malaisiens ; ils semblent véritablement aimer échanger et apprendre à connaître l’autre. Je les ai trouvés chaleureux, dignes et souriants.

    Traverséé en ferry de Singapour à Desaru, Malaisie

    On peut calculer que notre dollar vaut environ trois ringgits, ce qui rend la vie peu coûteuse pour nous, touristes. Manger et se loger est facile, mais certains luxes restent plus chers : il faut prévoir un budget conséquent pour les cafés spécialisés ou l’alcool.

    Certaines villes ont plus à offrir que d’autres, et il arrive que l’on fasse rapidement le tour d’une destination en deux jours à peine. Si je devais refaire ce voyage, j’irais à Desaru pour la tranquillité et le repos, à Malacca et à Penang pour la richesse culturelle et l’architecture historique, et à Kuala Lumpur pour son énergie et son rythme effréné.

    Coucher du soleil à Port Dickson

    Je suis pleine de gratitude pour ce pays qui nous a accueillis si chaleureusement et où nous nous sommes toujours sentis en sécurité. Merci, Malaisie, pour ta bienveillance et pour la beauté de tes sites remarquables !

    Mur de pluie, ferry pour Penang
  • Richard

    Singapour se fait belle pour accueillir les visiteurs. Ici, un sentiment de sécurité permet de se promener partout sans avoir à regarder constamment derrière soi. Côté propreté, c’est impeccable, et dans le métro comme dans les autres transports, les gens sont polis et discrets.

    Ce petit pays de seulement 5,85 millions d’habitants, qui n’est pas très grand en superficie, offre pourtant une qualité de vie douce, loin du chaos qu’on pourrait imaginer. 

    C’est une ville ultra-urbaine : 100% de la population vit en ville, avec un profil démographique équilibré, autour de 48% de femmes et 52% d’hommes. La médiane d’âge est d’environ 36 ans, ce qui témoigne d’une population jeune et dynamique. De plus, 88% des habitants sont actifs sur les réseaux sociaux, prouvant que la vie technologique y est omniprésente, avec des visages souvent rivés sur leurs téléphones.

    Sur le plan économique, l’île est un véritable moteur sportif. En 2024, son PIB a frôlé les 548 milliards de dollars américains. Pour 2025, une croissance entre 1,5% et 2,5% est attendue, avec une jolie surprise au deuxième trimestre 2025, où la croissance a dépassé les attentes avec une impressionnante +4,3%, principalement portée par une industrie manufacturière en plein essor, qui a crû de plus de 5%. Une performance remarquable pour un pays qui navigue habilement au milieu des tensions commerciales mondiales.

    Cela dit, la vie ici n’est pas donnée. Le coût de la vie est nettement plus élevé qu’au Québec. Le plus gros poste de dépense est le logement : les loyers peuvent être entre 1,5 et 2 fois plus élevés, surtout dans les quartiers chics du centre-ville. Pour vivre seul, il faut compter au moins 2 000 dollars de Singapour par mois rien que pour les besoins de base, sans inclure le loyer.  Pour un couple dans un condo confortable, les dépenses peuvent facilement atteindre 8 000 SGD mensuels. Heureusement, les salaires élevés autour de 7 300 SGD en moyenne par mois permettent aux habitants de conserver un pouvoir d’achat relativement correct. Le dollar de Singapour vaut un peu plus que le dollar canadien.

    Jeux de dominos, quartier chinois
    Temple Sri Mariammman, Chinatown

    Pour une traversée vers l’Asie, c’est assurément un excellent point de départ. Bon, préparez votre portefeuille et votre sens de l’humour, car ici tout est impeccable… même vos chaussettes doivent être bien assorties pour ne pas détonner !

    Mais une chose est sûre : à Singapour, vous ne trouverez pas un chewing-gum collé sous votre chaussure, ni un coup de chaleur dans le métro, seulement un city-trip où la douceur rime avec efficacité. 

    Bref, une escale où le seul embouteillage que vous risquez, c’est celui pour prendre le selfie parfait dans les célèbres jardins.

    Anne

    Nous nous sommes logés au M Social Singapour à Robertson Quay, un quartier à la fois résidentiel et hôtelier.  La langue officielle étant l’anglais, et les groupes ethniques étant variés, chacun approche la conversation avec un certain anonymat, ce qui rend difficile de voir si l’on parle avec un singaporien ou un expat ou un touriste comme nous. Peu importe, on n’a qu’à entamer une conversation pour découvrir les autres, facilement fait. Il semblerait que Singapour a créé la possibilité pour que plusieurs cultures et religions se côtoient sans que l’une d’elle prenne le dessus.  

    En déjeunant, on observait certaines routines matinales chez les résidents de notre quartier: jogging le long de la rivière, enfants en bicyclette avec les parents à pied traînant derrière, poussettes et parents et bien des maîtres avec bien des chiens. Chaque matin, le ciel s’assombrissait, les parapluies sortaient, et malgré le tonnerre et les éclairs, les activités continuaient. 

    Tout frais arrivés à l’aéroport.  J’adore le pouce du monsieur qui a pris la photo, mdr.

    Un de nos chauffeurs Grab (Uber en Asie) nous a confirmé que nous ferions rapidement le tour de Singapour en quatre jours. C’est effectivement une grosse ville qui offre en fait peu d’activités de tourisme, du moins pour nous deux qui ne sommes pas du style Universal Studios ou ce genre d’attractions. 

    Qu’avons-nous fait durant notre séjour, et qu’est-ce que nous avons préféré?

    #1 Le jardin botanique. Un énorme espace paisible. Le jardin, avec des milliers d’espèces d’orchidées (4,500 en tout!), est un bijou. C’est ici que  nous avons obtenu notre premier rabais senior qui, pour les gens âgés de 60 ans et plus, est significatif. En bonus, d’énormes lézards se promènent ici et là.

    #2 Les vues en hauteur. On s’est rendu au Marina Sands pour pouvoir monter dans le fameux observatoire. C’est vrai qu’on a eu droit à des vues imprenables et de bons cocktails, mais c’est le Lantern, un bar rooftop situé dans l’hôtel Fullerton, qui nous a plu davantage. Depuis le Lantern, nous avions non seulement une vue sur la ville et ses dizaines d’immeubles, mais également sur le Marina Sands et sa baie, où est offert un spectacle de lumières et fontaines chaque soir. De plus, l’atmosphère au Lantern est plus “lounge” et relaxante.

    Cette magnifique architecture moderne, qui incorpore de la verdure sur plusieurs étages.

    #3 Les Hawkers markets, qui offrent une grande variété de repas à des prix bien plus raisonnables que les restos.

    #4 Le National Violet Oon. Un restaurant au décor et service classique avec des plats traditionnels modernisés. On y a fêté la retraite de Richard, donc on s’est gâté! Des options végétariennes gourmets, du bon vin. Un régal.

    Le Lantern, un rooftop bar qui nous a beaucoup plus plu que le Marina Sands. De belles vues et un meilleur vibe.

    Question météo, Singapour est humide et chaud. Les “wows” exclamés en Colombie-Britannique sont devenus des “Fait chaud!” à Singapour. Heureusement la ville a conçu de longs passages à l’ombre du soleil sans merci et des tunnels souterrains pour se rendre aux arrêts de métro (en passant le métro est super simple d’utilisation).

    Comme le dit Richard, à Singapour on se sent en sécurité partout et en tout temps.  Les gens sont souriants et courtois. Les métros sont faciles d’usage et la ville est propre.  Comme plusieurs villes neuves, par contre, on peine à trouver l’expression artistique et culturelle plus alternative, ou peut-être on n’a simplement pas trouvé les bonnes adresses.

    Le jardin des orchidées est une merveille!

    On avait prévu un budget de 300$ par jour pour Singapour, et on a dépassé notre budget de 5$ par jour. On s’est rendu compte qu’on dépensait moins que prévu côté activités et plus que prévu pour les transports. 

    Prochain pays: la Malaysie.