Coucher du soleil à Jeju
Richard

Arrivés directement de Taïwan, nous avons eu un énorme choc culturel. 

La Corée du Sud a tout pour devenir une destination internationale incontournable : Séoul est impressionnante, l’histoire est riche, la culture puissante, la nature souvent spectaculaire, et le système de transport est parmi les plus efficaces au monde. Alors qu’est‑ce qui cloche et nous écorche au quotidien ? 

Bienvenue au pays des « poker face ».
Parc Unesco Sokcho
Le peuple coréen

Oui, c’est dur à dire, mais c’est la vérité telle que nous la vivons : pour un touriste, la grande majorité des Coréens que l’on croise sont peu accueillants, froids, parfois carrément impolis, et frôlent l’impolitesse systématique. Et ce n’est pas un fait anecdotique, c’est le ton général de la rue, des commerces et des services publics.

Voici quelques exemples du quotidien, sans exagération :

– Vous leur faites un sourire : en retour, vous avez droit à un visage totalement impassible, parfois accompagné d’un regard vide ou chargé de jugement. 

– À l’hôtel, le « bienvenue » est une affaire de transaction, rien de plus ; tout est froid, sans chaleur humaine. 

– Dans les restaurants, le service se résume souvent à des écrans, généralement uniquement en coréen, et aux plats posés sans aucune attention ni la moindre politesse. 

– Dans la rue, beaucoup ne se gênent pas pour vous foncer dedans, vous bousculer, souvent sans un regard, sans un mot, sans s’excuser. 

À gauche, à droite, partout, ils ne respectent aucun sens de circulation, avancent en groupe, en regardant leur téléphone, comme si le reste de l’humanité n’existait pas, malgré une campagne officielle depuis 2009 qui leur rappelle de marcher à droite.

– Dans l’autobus, il n’y a aucune notion de priorité : celui qui pousse le plus fort passe, et l’on joue des coudes avec une impolitesse appuyée. 

– Au comptoir d’autobus ou de train, quand vous achetez un billet, les autres voyageurs coréens n’hésiteront pas à vous couper la parole, à parler par‑dessus votre conversation, sans le moindre égard.

Les exemples que je viens de citer ne sont pas des exceptions, ils reflètent le quotidien de vivre en Corée du Sud pour un touriste étranger. Et ce n’est pas une impression isolée : beaucoup d’autres voyageurs confirment exactement la même chose.

C’est donc un quotidien lourd, désagréable et parfois épuisant, ce qui est d’autant plus dommage que le pays possède un potentiel touristique énorme. On se retrouve à visiter un endroit magnifique tout en étant constamment malmené par l’attitude de la population locale.

Certains diront que tout cela provient de leur obsession pour l’efficacité, la rapidité et l’excellence. Ça, on peut le comprendre. Mais là encore, ils se plantent complètement avec les touristes : l’efficacité ne doit pas servir de prétexte à l’impolitesse et à l’indifférence.

Voici d’autres exemples, toujours sans fard :

– Les sentiers de randonnée pédestres sont presque tous mal indiqués, quand ils le sont. Sans exceptions notables. 

– Les lieux touristiques, y compris certains sites UNESCO, sont souvent mal balisés, peu clairs, et parfois quasiment sans aucune information utile pour un étranger. 

– Leur anglais est globalement nul, même si le gouvernement met l’accent dessus, l’enseignement reste centré sur la théorie et les examens, pas sur la communication réelle. 

– Leurs guichets automatiques et leurs sites web sont presque inaccessibles pour les touristes : interface compliquée, peu de langue étrangère, zéro assistance.

Côté alimentation, si vous êtes végétariens ou simplement amateurs de fruits et légumes, vous serez très mal servis. Il y a de la viande partout : hot pots, BBQ coréens ultra carnés, plats côtés, soupes en boîte au dépanneur bourrées de viande. La cuisine végétarienne, ici, c’est presque un concept étranger.

Vivre au quotidien ici avec ces « poker face » coréens est donc fatiguant, frustrant et parfois carrément désagréable, malgré la beauté des paysages et la modernité de la capitale. On se sent souvent comme un intrus, un simple numéro dans un système qui ne vous considère pas.

Et pourtant, on a bien vu que les Coréens peuvent être chaleureux. À deux reprises, sur des traversiers pour aller faire des randonnées sur les îles, nous avons croisé des gens incroyablement amicaux, généreux, pleins de joie de vivre. À ce moment‑là, on se dit que tout n’est pas perdu. Mais dès que vous remettez le pied à terre, ils remettent leur masque, retrouvent leur poker face et leur froideur habituelle.

En journée de congé et en groupe et fête (alcoolisée), beaucoup de sourires.

Donc, est‑ce que la Corée du Sud est à voir ? 

Oui, mais seulement si vous êtes déjà dans la région et avec un bon budget.  Un petit passage de deux semaines, le temps d’en voir l’essentiel à condition de faire abstraction de ces « poker face » coréens et de tout ce que cela implique.

Conclusion :

Ils veulent des touristes, pas seulement pour l’argent, mais pour faire parler d’eux, améliorer leur image mondiale, renforcer leur influence politique et économique, et donner une belle vitrine de la Corée du Sud.

Alors, assurément, la mission est échouée : dans la vraie rue, la chaleur humaine n’est pas au rendez‑vous, et politiquement comme socialement, ils restent des « poker face ».

Anne

Certains pays nous confrontent davantage que d’autres, pour toutes sortes de raisons. La Corée fait partie de ceux qui nous ont à la fois charmés par leurs paysages et déstabilisés par une certaine distance envers les étrangers. Bien sûr, ce ressenti est aussi lié à nos propres attentes et à notre façon d’être, façonnées en partie par notre culture d’origine. Mais ici, le contraste était particulièrement marqué.

Jusqu’à présent, nous étions habitués à de petits échanges spontanés : quelques mots lors d’un paiement, un sourire échangé, un léger hochement de tête en croisant quelqu’un. En Corée, c’était souvent… rien. Rien du tout. Une expérience un peu déroutante quand on voyage justement pour découvrir et créer des connexions — on avait parfois l’impression de frapper à une porte qui restait obstinément fermée.

Ajoutons à cela les contacts physiques fréquents : se faire dépasser en diagonale, bousculer, recevoir un coup de coude par-ci par-là… Comme si nous étions constamment au mauvais endroit au mauvais moment. Disons qu’on a fini par s’y habituer, un peu comme on s’habitue aux klaxons incessants à Ho Chi Minh — au début ça surprend, puis ça devient la trame sonore.

Après avoir lu un peu sur la réalité de vie en Corée du Sud, on comprend mieux certaines choses et on se sent moins visé. Il semble s’agir d’une société qui exerce une forte pression sur ses citoyens à toutes les étapes de la vie. Cela explique sans doute pourquoi nous les avons rarement vus détendus ou enclins à communiquer.

Comme le dit Richard, il y a eu quelques moments où l’on a entrevu un potentiel de connexion humaine — sur les traversiers, par exemple. Mais quelque chose (rythme de vie, pression sociale, méfiance, barrière linguistique?) semble freiner ces interactions. Le plus souvent, ce sont des regards neutres, presque vides, que l’on croise au fil des promenades, des achats et des déplacements.

On dit qu’on peut en apprendre beaucoup sur une société en observant son système de transport. Malgré les sièges réservés aux personnes âgées, il n’était pas rare de voir de jeunes passagers rester solidement installés, ignorant les aînés. Une scène que j’avais déjà observée à Montréal, et que j’associais à une certaine perte de sens collectif. Dans les autobus, à l’inverse, les “aunties” (femmes âgées entre 60 et 90 ans) n’hésitent pas à jouer du coude pour obtenir une place, comme si l’équilibre se rétablissait… à leur manière.

À Busan, Richard et moi sommes montés au sommet d’une montagne qui, selon l’IA, promettait une superbe randonnée ponctuée de temples. Une fois sur place : presque aucune signalisation bilingue, et très peu même en coréen. Aucun lien clair entre ce que l’on savait exister (temples, sentiers) et ce qui était réellement indiqué. Une expérience frustrante… qui s’est répétée plus d’une fois.

Je n’ai jamais autant utilisé Google Translate pour décoder des affiches. Malheureusement, les traductions étaient souvent aussi mystérieuses que les textes d’origine — mais parfois involontairement très drôles, ce qui ajoutait au moins un peu de divertissement.

Le genre de traduction comique de Google 🤣

Malgré ces défis, nous avons tout de même apprécié plusieurs moments marquants :

Séoul :  

Les cerisiers en fleurs étaient magnifiques, l’architecture impressionnante, et les palais ainsi que les parcs offraient de belles parenthèses de calme.

Sokcho :  

Le parc de biosphère UNESCO est absolument à voir. Des randonnées exigeantes, mais avec des paysages à couper le souffle — le genre d’effort qu’on oublie rapidement une fois au sommet.

Lorsque le vent passe entre ces rochers, ils chantent, d’où le nom « Howling Rocks »
300 mètres d’escaliers!

Tongyeong :  

Un vrai coup de cœur. Pouvoir prendre un traversier pour explorer différentes îles et y faire de la randonnée, c’était tout simplement génial.

Île de Jeju :  

Une belle île volcanique avec des attraits dans toutes les directions. Nous avons opté pour un tour organisé, car les transports en commun pouvaient être longs. La randonnée sur le mont Hallasan, la tête dans les nuages, restera un souvenir fort.

J’ai aussi été touchée par l’histoire des Haenyeo, ces courageuses plongeuses. Autrefois, elles subvenaient aux besoins de leur famille par un travail exigeant. Aujourd’hui, elles continuent de faire vivre leur héritage et de soutenir l’économie locale en partageant leur histoire à travers des spectacles.

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