• Richard

    Un pays marqué au fer du passé. Le Cambodge est le troisième pays que nous visitons. On y retrouve certaines similitudes avec ses voisins, mais son histoire récente lui donne un visage bien à part  -un mélange de fragilité et de force tranquille, comme une fleur de lotus poussant dans la boue.  Le pays porte encore les cicatrices du cauchemar des Khmers rouges (1975‑1979), période durant laquelle près d’un quart de la population a péri.  Les intellectuels, les enseignants, les médecins — tout un pan de la mémoire collective — ont disparu dans un silence forcé. Ce passé hante encore les ruelles poussiéreuses, les écoles délabrées, les regards parfois lointains. On le ressent dans les infrastructures, dans l’éducation, dans une forme d’usure intérieure.

    Angkor Wat
    La douceur obstinée du présent

    Et pourtant, ce qui bouleverse, c’est la douceur du présent. Les sourires, francs et lumineux. Les enfants qui vous saluent du bord des routes en criant “hello!”, les vendeurs qui vous offrent un fruit sans calcul. On devine derrière ces gestes simples une incroyable force — celle d’un peuple qui refuse de se laisser abattre, même après avoir tout perdu.

    Angkor Wat
    Le prix du développement

    Mais la reconstruction a un prix. Le Cambodge vit aujourd’hui sous la dépendance de puissances extérieures, notamment la Chine, dont les investissements massifs redessinent le pays. Fin 2024, la dette publique s’élevait à environ 12 milliards de dollars, dont une grande partie envers des créanciers chinois. Faute de soutien soutenu de l’Occident, Phnom Penh s’est tournée vers Pékin, qui finance autoroutes, zones industrielles, barrages et surtout le port stratégique de Sihanoukville. Sihanoukville : mirage ou renaissance ?  Là-bas, la transformation est saisissante. Le front de mer se hérisse de tours de béton et de néons. Les casinos pullulent comme des champignons après la pluie, attirant une clientèle presque exclusivement chinoise. Mais derrière les lumières et les façades vitrées, la réalité est plus crue : pauvreté extrême, drogue, prostitution, trafic d’êtres humains. On croise des visages fatigués, des familles déplacées, des jeunes qui survivent en marge d’un rêve de prospérité qui n’est pas le leur. Voir un pays aussi meurtri se transformer en terrain de jeu pour les investisseurs étrangers laisse un goût amer. Les Cambodgiens, toujours si dignes et souriants, semblent parfois condamnés à sacrifier une part de leur âme pour avancer. Leur terre, leur culture, leur avenir se négocient dans des tours de verre où ils n’ont pas de voix.  Les îles cambodgiennes, miroirs d’un paradoxe. Dans les îles comme Koh Rong, la scène se répète, plus douce en apparence, mais tout aussi dérangeante. Les plages de sable blanc sont bordées d’hôtels et de restaurants appartenant à des investisseurs venus de l’étranger : français, italiens, russes, chinois… Sur les terrasses, on entend plus souvent parler anglais, russe ou mandarin que khmer. Les Cambodgiens, eux, servent, nettoient, construisent — figurants discrets d’un décor de carte postale. Quel paradoxe : un peuple si accueillant, réduit au rôle de spectateur dans son propre pays.

    Une des magnifiques plages de Koh Rong
    Les espoirs d’une nouvelle génération

    Et pourtant… on repart du Cambodge le cœur serré, mais empli d’admiration. Derrière chaque sourire, on sent une fierté inébranlable. Une jeunesse émerge : plus éduquée, plus audacieuse, avide d’apprendre et de bâtir autrement. Elle ouvre de petits cafés, des guesthouses familiales, des projets communautaires. On sent le pays prêt à se relever, lentement, mais avec dignité.On se prend à rêver que, bientôt, les richesses du Cambodge — sa culture, sa terre, son humanité — profiteront enfin à ceux qui les font vivre. Si les investissements et le tourisme se recentrent un jour sur les communautés locales, alors ce pays aura peut‑être trouvé le chemin d’une vraie renaissance.

    Merci, Cambodge. Et après avoir rencontré ses habitants, on ne peut qu’y croire.

    Merci, chers Cambodgiens, pour cette immense leçon d’humilité, de courage et de lumière.

    Anne

    Les enfants, libres!

    Ce qui m’a le plus frappé au Cambodge, c’est le sourire des enfants. Ils semblent jouir d’une liberté qui, au Canada, pour toutes sortes de raisons, s’est peu à peu éloignée de notre quotidien. Ici, ils vont à l’école à vélo ou en scooter, souvent sans casque, pieds nus, et sans qu’un parent plane en permanence au-dessus d’eux en mode « supervision constante ». Au Québec, on resterait sans voix en les voyant, mais eux ont l’air profondément heureux.

    Sophal, notre conducteur de tuk-tuk et guide. Un bon papa qui veut le meilleur pour ses enfants

    Ils se promènent, jouent, se chamaillent un peu, puis tout semble se résoudre de façon naturelle, sans comité parental ni politique officielle de résolution des conflits. On sent un tissu social solide, une solidarité née de la nécessité. Un soir au restaurant, j’ai observé deux enfants, l’un d’environ trois ans et l’autre de huit ans, jouer ensemble. J’étais fasciné par leur ouverture mutuelle : le plus grand suivait le plus petit, attentif à sa façon d’entrer en contact avec les autres, tandis que le plus jeune imitait ses gestes. Leur énergie commune baignait dans le calme et la patience, sans téléphones ni écrans, juste deux enfants qui explorent et s’amusent avec ce qu’ils ont autour d’eux. Ni l’un ni l’autre ne semblait dominer ou brimer son partenaire de jeu. Je m’attendais à voir surgir l’impatience, ou à les entendre réclamer à un parent parce qu’ils s’ennuyaient, mais rien de tout cela n’est venu.

    La pleine lune à Koh Rong Samloem

    Difficile de ne pas comparer leur sérénité avec ce qui ressemble parfois à un mal de vivre chez certains enfants nord-américains. D’après moi, quelque chose s’est perdu en cours de route. J’aurais tendance à dire que nos enfants ont peu à peu désappris à gérer le manque de stimulation, l’ennui. On tente souvent de les en sortir à tout prix, alors qu’il serait sans doute plus sain qu’ils apprennent à apprivoiser le vide, le calme, l’absence d’activité. Avec le temps, ils développeraient leurs propres mécanismes pour apprivoiser ce petit malaise qui accompagne la sensation de « n’avoir rien à faire ». Leur imaginaire et leur capacité de création pourraient alors reprendre la place occupée aujourd’hui par la stimulation creuse et sans relief de l’écran.​

    Ces enfants cambodgiens m’ont rappelé notre génération de baby-boomers. Nous aussi avons grandi dans un monde en mutation, avec peu de règles strictes et beaucoup d’espace pour être libres, courir, tomber, nous relever avec les genoux écorchés et quelques points de suture, loin des environnements de jeux ultra sécurisés d’aujourd’hui. Quand on s’ennuyait, nos parents nous disaient simplement d’aller jouer dehors. Faute d’amis, on passait du temps à observer les fourmis ou à dessiner à la craie sur le trottoir. Comme ces enfants cambodgiens, on jouait ensemble dans le quartier, sans adultes pour arbitrer nos différends : on apprenait à se débrouiller.

    Un des immeubles au palais royal à Siem Reap

    À mon sens, la différence majeure entre nos enfants et ceux du Cambodge se trouve dans l’expérience de vie de leurs parents. Là-bas, les journées de travail sont longues, dix à douze heures, et les semaines s’étirent sur cinq ou six jours. Quand les adultes doivent travailler aussi fort pour survivre, le tissu social devient indispensable : il faut une vraie vie collective, où le sens du lien et de la responsabilité partagée reste très fort. Un soir, une petite fille de six ans est venue à notre table de restaurant, simplement pour nous parler, nous dire son nom, son âge, et nous regarder. Notre réflexe a été de lui demander où étaient ses parents. Le serveur nous a rassurés : ils n’étaient pas loin, et lui aussi gardait un œil sur elle, tandis qu’elle s’aventurait seule entre les tables. Cette solidarité et cette co‑dépendance saine sont exactement ce qui manque souvent à nos sociétés nord-américaines, où la compétition et l’individualisme prennent trop souvent le pas sur la coopération et la bienveillance. Là-bas, dans les restaurants, on voit des équipes qui nettoient ensemble, rient ensemble, et partagent la même boîte à pourboires, peu importe le rôle de chacun. On ressent une vraie dynamique de collectif, que nous avons peut-être déjà connue, mais qui s’effrite peu à peu chez nous, au fil de la méfiance que nous avons dû développer -et que parfois peut-être nous avons de la difficulté à jauger- face à l’inconnu dans nos grandes villes.

    Un restaurant d’insertion sociale, où nous avons mangé trois fois!

    Tout cela met en lumière à quel point la liberté des enfants va de pair avec une véritable solidarité sociale. Là où nos enfants d’hier pouvaient grandir à la fois libres et reliés aux autres, ceux d’aujourd’hui évoluent souvent dans un univers plus normé, plus individualiste et parfois plus craintif. Il ne s’agit pas de blâmer qui que ce soit, mais plutôt de souligner que mes idées de ce qui fait un monde idéal pour un enfant ont été confrontées, et que nos sociétés ultra développées n’ont pas fait que gagner en liberté.​

    J’espère de tout cœur que ces enfants cambodgiens auront un jour accès à davantage de sécurité et à la prospérité des choix, plutôt que de demeurer dans un mode de survie.

    Pour ma part, ce voyage m’a aussi rappelé mes propres limites. Après une exposition beaucoup trop longue au soleil brûlant, j’ai dû m’arrêter complètement pour me reposer. Depuis, nous partons mieux préparés, à de meilleures heures, avec électrolytes et eau de noix de coco, pour mieux écouter et respecter notre corps.

    Le vélo est relaxant (pas de voitures!) au 4,000 îles

    Un jour, alors que je suivais Richard à vélo en bougonnant de faim, de chaleur et de fatigue, deux jeunes femmes croisées sur la route m’ont adressé des sourires éclatants. J’ai souri malgré moi, car ces sourires, incarnation de la douceur cambodgienne, remettent tout en perspective : parfois, un simple sourire suffit à dissiper le nuage gris au‑dessus de notre tête.  

    Pour ceux qui souhaitent découvrir le pays, je recommande quatre jours à Siem Reap — Angkor Wat est absolument à couper le souffle — et une semaine sur chacune des îles de Koh Rong et Koh Rong Samloem, idéales pour les amateurs de plage, de noix de coco et de farniente. Phnom Penh et Battabang méritent une courte halte, tandis que Sihanoukville, en pleine mutation accélérée, m’a plutôt troublé par ses contrastes très marqués.

    À mon avis, le Cambodge n’est pas encore une unique destination à envisager pour les Nord-Américains, qui doivent supporter un très long voyage en avion pour s’y rendre. Il gagne à être combiné avec un pays voisin. Pourtant, malgré ses contradictions, on en repart profondément touchés. La gentillesse et la bienveillance reçues donnent simplement envie de semer la même douceur autour de soi.

    Détail d’une murale immense au palais royal de Siem Reap
  • Richard

    Le Laos, un pays où le temps semble s’être un peu arrêté.

    Merci, Richard, d’avoir insisté…

    Marcher dans ses villages, traverser ses campagnes, c’est comme entrer dans un film des années 1950: tuk-tuks qui tanguent doucement, marchés hauts en couleurs, rythme lent et sourires sincères. Ce charme d’antan séduit, mais derrière cette douceur, la vie n’est pas toujours simple.

    Richard a eu 62 ans!

    En 2025, la croissance ralentit, l’inflation demeure élevée, et le Laos dépend fortement de la Chine pour ses routes et ses barrages. Parfois, on a l’impression que le pays qu’on aime perd un peu de son identité, comme un vieux livre entre des mains trop pressées et peu délicates.

    Pourtant, c’est la force des Laotiens qui impressionne le plus. Malgré les défis, ils gardent une sérénité profonde, presque méditative, comme un moine qui trouve la paix au cœur d’un temple bondé de touristes. Oui, les routes de terre rouge sont semées de trous et de creux, et sans exagération ici, chaque cahot résonne dans votre colonne vertébrale, pour rappeler que la vie est faite d’obstacles et que tout passe comme les nuages. Mais au-delà de tout cela, ces sourires restent discrets et vrais, ces regards bienveillants nous invitent à ralentir, à écouter et à partager.

    Kayak à Vang Vieng

    Et puis, surprise moderne: même dans les villages les plus reculés, les Laotiens ont adopté la technologie. Smartphones, réseau 3G, 4G et parfois même 5G s’immiscent là où on ne les attendait pas. On pourrait presque imaginer un tuk-tuk piloté par GPS dans un décor de rizières, ou un vieux sage faisant défiler son écran entre deux moments de méditation. La modernité détonne avec le charme traditionnel, mais elle accompagne aussi les espoirs d’un pays qui avance.

    Au final, ce qui fait battre le cœur du Laos, c’est cette merveilleuse proximité avec la terre, l’eau des rivières, le feu des marchés nocturnes. Ce lien humble avec les racines, les éléments naturels et les traditions, c’est ce qui donne au Laos son âme.

    Une jeune Taku photographie Richard

    Et même si le pays traverse des bouleversements, il conserve cet esprit vivant, chaleureux et profondément humain au cœur d’une nature très généreuse, mais pour combien de temps encore?

    Anne

    Eh bien, le Laos, pour moi, c’était bien plus qu’une simple destination sur notre itinéraire. C’est ici que j’ai eu une petite crise existentielle – rien de trop dramatique, juste une interrogation sur le sens de tout ça. Ma première impression du Laos, c’est comme entrer dans une véritable jungle. Toutes ces plantes qu’on peine à garder vivantes dans nos salons deviennent ici des arbres géants. Je suis certaine que si je plantais un noyau de mangue sur un bout de terrain en pleine ville, un arbre à fruits ne tarderait pas à pousser. L’air est humide, tout est luxuriant : la vie s’épanouit partout.

    Temple Wat Sisaket

    Au fil du chemin, on s’est laissé surprendre par des paysages de plus en plus spectaculaires. Vientiane, la capitale, n’a été pour nous qu’un point de départ, mais le musée du textile et le temple Wat Sisaket ont enrichi la visite. Ensuite, à Vang Vieng, on se retrouve plongés dans la nature variée et impressionnante du pays. Le Laos a une tranquillité rare, qu’on ne trouve pas chez sa voisine, la Malaisie, bien plus développée et peuplée. La beauté des paysages vue depuis une montgolfière nous a coupé le souffle.

    Luang Prabang, c’est la ville qui nous ressemblait le plus. On pouvait marcher sans fin, longer le fleuve, explorer la jungle et découvrir d’autres temples. C’est là que nous avons visité les éléphants ! Et le retour de notre visite guidée, sur le Mékong au coucher du soleil, restera un de ces souvenirs de couple que j’espère garder longtemps en mémoire. À Pakse, nous avons finalement séjourné dans un hôtel presque luxueux, proposé à bon prix parce qu’il n’était pas encore très fréquenté. Le rooftop bar au centre-ville nous offrait une échappée vers le ciel et le calme, loin du trafic.

    Elephant Cave

    Depuis Pakse, nous sommes partis en excursion sur le plateau des Bolovens avec Robin, de Tad Lo Tours. Nous étions cinq : trois Bretons vraiment sympathiques et nous deux. Ce circuit mêlait voiture, tracteur et marche, avec la découverte de villages qu’on n’aurait jamais vus sans guide. Robin nous expliquait les coutumes des Katus et on se retrouvait face à des réalités bien différentes de celles qu’on connaît chez nous.

    Par exemple, certains villages comptent plusieurs maisons inoccupées, simplement parce que l’esprit des personnes décédées y resterait. Lorsqu’une personne décède, toute la famille doit déménager de cette maison. Les cercueils sont déposés (pas enterrés) dans la jungle environnante. Si quelqu’un meurt sur la route, il ne peut pas être enterré avec ses proches, car il n’était pas sous la protection du village lors de sa mort. Quant aux nouveau-nés, ils ne quittent pas la maison avant le sacrifice annuel du buffle à la maison des esprits, au centre du village. Ce rite protège les bébés, et c’est le chaman qui supervise la santé spirituelle des habitants et anime les rituels. Découvrir tout cela était vraiment fascinant.

    Offrandes pour mon père, ma soeur et Alexis

    La randonnée dans les rizières était magnifique : une mer de vert et d’or qui méritait bien quelques photos. Nos compagnons de voyage étaient attachants. Le couple, comme nous, explorait plusieurs pays et nous avons pu échanger sur nos expériences. Leur amie, venue en vacances avec eux pour le Laos seulement, m’a impressionnée par son sens de l’aventure et de l’humour. Cela m’a fait du bien d’échanger et de rire. Robin, grâce à ses explications et ses traductions, nous a rapprochés du peuple laotien. En plus, grâce à lui, je sais maintenant comment entrer dans un temple en étant certaine de ne pas faire de faux pas.

    Un peu plus sur Robin. Ayant immigré moi-même (vers un pays beaucoup plus semblable au mien par contre), je ressends beaucoup de respect sur comment Robin a entrepris sa vie au Laos.  Il s’est installé avec sa compagne et leur fils dans un village et il a appris la langue et créé des liens.  Son entreprise comprend une collaboration avec les Laotiens, et il amène du tourisme dans des endroits qui sont plus isolés, ont beaucoup à offrir, et auquel on peut, en tant que visiteur, contribuer.  Donc merci Robin, pour ce qui semble être un modèle d’entreprise avec une éthique admirable et bienveillante.

    C’est dans les 4 000 îles que j’ai commencé à ressentir un malaise. Je ne savais pas s’il s’agissait d’un début de rhume ou juste de la fatigue, mais c’était plus profond qu’une simple lassitude physique. Nous logions dans une petite maison au bord du Mékong à Don Khon, avec des couchers de soleil splendides chaque soir. Je crois qu’on a croisé que trois véhicules grandeur nature sur l’île, puisque c’est presque entièrement des motos ou tuktuks que l’on voit, et pour cela, le vélo était le moyen idéal pour se déplacer en toute sécurité et tranquillité. L’île était paisible, endormie tôt, vers dix heures du soir ; même Don Det, l’île voisine, réputée plus animée, restait plutôt calme. C’est cette atmosphère de sérénité qui m’intriguait, car je n’arrivais pas à trouver mon propre calme intérieur.

    J’ai discuté en appel vidéo avec Mary-Ellen et Helen, deux amies de longue date. Parler de ce que je ressentais m’a aidée à comprendre mon état d’âme. Je me sentais presque coupable de me plaindre, car tout semblait réuni pour être heureuse : on échappait à l’hiver, on découvrait des endroits magnifiques, les gens étaient gentils, et nous étions en bonne santé et heureux en couple. Que demander de plus ! Mais en observant la vie ici — les enfants parfois vêtus de haillons, jouant dans une eau qui ne paraît pas très propre, quittant l’école tôt pour travailler, les animaux amaigris ou blessés — je me demandais pourquoi tout cela me bouleversait autant, alors que je n’avais pas à le vivre, mais uniquement à l’observer. Avais-je vraiment le droit de me sentir mal à l’aise ?

    Le soleil se couche sur les rizières de riz au 4,000 îles

    Helen, qui est très sage, m’a apporté une belle image : « Le voyage, c’est comme un muscle à entraîner. Il faut le travailler, mais parfois il mérite du repos. On sait, grâce aux reportages ou documentaires, que beaucoup de gens vivent sans le confort qui nous est familier, mais y être confronté jour après jour, c’est un vrai choc, ça demande de l’adaptation. »

    C’est vrai qu’on reste constamment sur ses gardes quand on voyage : ne rien oublier, vérifier qu’on est sur le bon chemin, repérer les insectes, serpents ou scorpions, dire merci et bonjour (dans le bon ordre et la bonne langue!), se faire comprendre, comprendre ce que l’on visite — le monument, le temple, les coutumes, la nourriture (viande ? végétarien ?), gérer ses sacs, son linge sale, ne rien oublier, ne rien oublier… Le muscle est en constante sollicitation finalement…

    Après cette conversation, je me suis sentie soulagée : mes amies m’ont permis d’assumer mes émotions, même si j’ai connu plus de privilèges que la plupart des gens. Elles m’ont accueillie sans jugement et aidée à comprendre que je peux absorber autant de beauté et parfois difficile réalité, et que c’est finalement essentiel car c’est un geste de solidarité.

    Alors ici, à Pakse, pour nos derniers jours au Laos, on s’est offert une pause. On prend le temps de digérer tout ce qu’on a vu, et de se préparer à de nouvelles aventures. Le Laos est définitivement un pays à visiter. Son peuple et ses paysages ne s’oublient pas facilement. Je leur souhaite un développement économique sain et inclusif.

    Coucher du soleil, Mékong, 4,000 îles
  • Richard

    Débuter notre aventure asiatique par la Malaisie : pas pire pantoute comme choix ! 

    Imagine un pays où tu te sens en sécurité, où les cultures et les religions se côtoient sans chicane, et où tout le monde t’offre un grand sourire comme si t’étais de la famille. 

    Sérieusement, ils ont compris le concept du vivre ensemble mieux que bien des politiciens chez nous !

    Quartier Chinois à Malacca

    Côté bouffe… mon doux ! C’est un feu d’artifice dans la bouche. Tu peux manger chinois au déjeuner, malais au dîner, thaï au souper, et finir avec un dessert japonais si le cœur (ou le ventre) t’en dit. Ils cuisinent tout ici, sauf peut-être la poutine… mais on sent qu’ils en seraient capables.

    Côté circulation, disons que c’est du sport. On appelle ça du chaos organisé : personne ne semble suivre les règles, mais tout le monde sait où il va. Un peu comme sur l’autoroute 40 un lundi matin. Les piétons ? Pas rois. Les vélos ? Euh… invisibles. Les vrais boss ? Les autos et les scooters ! 

    Traverser la rue devient une mission qui te fait apprécier la vie à chaque pas.

    Night market à Kuala Lumpur

    Pour te déplacer, mise sur les autobus, les trains ou Grab – le Uber local, version beaucoup moins chère. Sérieusement, à ce prix-là, on dirait presque que le chauffeur te fait une faveur. Et une fois rendu, marche un peu… ça aide à justifier le troisième repas de la journée.

    Petit clin d’œil économique (merci la techno) :

    Le coût de la vie, c’est le rêve pour nos portefeuilles de Québécois. Avec notre dollar, on se sent presque riche comme un ministre. 

    En y allant mollo, tu peux bien te gâter sans avoir à vendre ton char au retour (le mien est déjà vendu lol!). 

    Et bon à savoir : si t’as passé la cinquantaine (avec fierté), traîne ta carte d’identité – ici, les rabais pour « jeunes d’expérience » sont nombreux !

    Croissance du PIB entre 4 et 4,8 % — pas besoin d’être économiste pour comprendre que ça va bien.

    Coût de la vie : environ 39 % du nôtre. Autrement dit, ici, ta bière coûte le prix d’un café à Montréal.

    Mallaca, mosque Masjid Selat Melaka

    Taux de chômage : 3,5 % — bref, tout le monde travaille, même les scooters.

    Conclusion:  

    La Malaisie, c’est un pays où j’ai appris que le désordre peut avoir son propre charme et où la diversité devient une source de fierté rassurante. 

    On s’en va le cœur plein de gratitude pour tous ces travailleurs, ces artisans du quotidien, qui rendent cette magie possible, du chauffeur d’autobus au marchand de marché, en passant par tous ceux qui œuvrent dans l’ombre pour que cette mosaïque d’expériences reste aussi vivante et authentique. 

    On se dirige vers le Laos le ventre plein, l’esprit léger, et la tête pleine de souvenirs colorés. 

    On se sent déjà privilégiés d’avoir vécu ça.

    Tan Jetty (village de pêche sur pilotis) à Penang
    Anne

    Les surprises ont été nombreuses pour moi : le peuple malais n’appartient pas à un groupe ethnique homogène. Par exemple, à Penang, environ 60% des Malais sont d’ascendance chinoise, tandis qu’à Desaru, nous étions presque exclusivement entourés de Malais musulmans. C’est en grande partie pour cette raison que l’on mange si bien en Malaisie : chaque communauté ethnique contribue à une incroyable diversité culinaire. Nous avons savouré des repas délicieux, encore et encore !

    Bouddha au temple Kek Lo Si, Penang

    Chaque ville présente un important quartier hindou et chinois, chacun avec ses temples, ses restaurants et ses magasins. Ce qui est encore plus étonnant – et vraiment admirable – c’est que tout le monde célèbre les fêtes de toutes les communautés. Il existe une acceptation et un partage qui suscitent respect et admiration : on sait combien il n’est jamais simple pour des peuples différents de bien s’entendre et de cohabiter dans un même pays. Tantôt notre chauffeur Grab était d’origine hindoue, tantôt chinoise, tantôt malaise musulmane ; ainsi, les conversations et les points de vue étaient particulièrement variés.

    Nous avons souvent eu l’occasion de discuter avec les Malaisiens ; ils semblent véritablement aimer échanger et apprendre à connaître l’autre. Je les ai trouvés chaleureux, dignes et souriants.

    Traverséé en ferry de Singapour à Desaru, Malaisie

    On peut calculer que notre dollar vaut environ trois ringgits, ce qui rend la vie peu coûteuse pour nous, touristes. Manger et se loger est facile, mais certains luxes restent plus chers : il faut prévoir un budget conséquent pour les cafés spécialisés ou l’alcool.

    Certaines villes ont plus à offrir que d’autres, et il arrive que l’on fasse rapidement le tour d’une destination en deux jours à peine. Si je devais refaire ce voyage, j’irais à Desaru pour la tranquillité et le repos, à Malacca et à Penang pour la richesse culturelle et l’architecture historique, et à Kuala Lumpur pour son énergie et son rythme effréné.

    Coucher du soleil à Port Dickson

    Je suis pleine de gratitude pour ce pays qui nous a accueillis si chaleureusement et où nous nous sommes toujours sentis en sécurité. Merci, Malaisie, pour ta bienveillance et pour la beauté de tes sites remarquables !

    Mur de pluie, ferry pour Penang
  • Richard

    Singapour se fait belle pour accueillir les visiteurs. Ici, un sentiment de sécurité permet de se promener partout sans avoir à regarder constamment derrière soi. Côté propreté, c’est impeccable, et dans le métro comme dans les autres transports, les gens sont polis et discrets.

    Ce petit pays de seulement 5,85 millions d’habitants, qui n’est pas très grand en superficie, offre pourtant une qualité de vie douce, loin du chaos qu’on pourrait imaginer. 

    C’est une ville ultra-urbaine : 100% de la population vit en ville, avec un profil démographique équilibré, autour de 48% de femmes et 52% d’hommes. La médiane d’âge est d’environ 36 ans, ce qui témoigne d’une population jeune et dynamique. De plus, 88% des habitants sont actifs sur les réseaux sociaux, prouvant que la vie technologique y est omniprésente, avec des visages souvent rivés sur leurs téléphones.

    Sur le plan économique, l’île est un véritable moteur sportif. En 2024, son PIB a frôlé les 548 milliards de dollars américains. Pour 2025, une croissance entre 1,5% et 2,5% est attendue, avec une jolie surprise au deuxième trimestre 2025, où la croissance a dépassé les attentes avec une impressionnante +4,3%, principalement portée par une industrie manufacturière en plein essor, qui a crû de plus de 5%. Une performance remarquable pour un pays qui navigue habilement au milieu des tensions commerciales mondiales.

    Cela dit, la vie ici n’est pas donnée. Le coût de la vie est nettement plus élevé qu’au Québec. Le plus gros poste de dépense est le logement : les loyers peuvent être entre 1,5 et 2 fois plus élevés, surtout dans les quartiers chics du centre-ville. Pour vivre seul, il faut compter au moins 2 000 dollars de Singapour par mois rien que pour les besoins de base, sans inclure le loyer.  Pour un couple dans un condo confortable, les dépenses peuvent facilement atteindre 8 000 SGD mensuels. Heureusement, les salaires élevés autour de 7 300 SGD en moyenne par mois permettent aux habitants de conserver un pouvoir d’achat relativement correct. Le dollar de Singapour vaut un peu plus que le dollar canadien.

    Jeux de dominos, quartier chinois
    Temple Sri Mariammman, Chinatown

    Pour une traversée vers l’Asie, c’est assurément un excellent point de départ. Bon, préparez votre portefeuille et votre sens de l’humour, car ici tout est impeccable… même vos chaussettes doivent être bien assorties pour ne pas détonner !

    Mais une chose est sûre : à Singapour, vous ne trouverez pas un chewing-gum collé sous votre chaussure, ni un coup de chaleur dans le métro, seulement un city-trip où la douceur rime avec efficacité. 

    Bref, une escale où le seul embouteillage que vous risquez, c’est celui pour prendre le selfie parfait dans les célèbres jardins.

    Anne

    Nous nous sommes logés au M Social Singapour à Robertson Quay, un quartier à la fois résidentiel et hôtelier.  La langue officielle étant l’anglais, et les groupes ethniques étant variés, chacun approche la conversation avec un certain anonymat, ce qui rend difficile de voir si l’on parle avec un singaporien ou un expat ou un touriste comme nous. Peu importe, on n’a qu’à entamer une conversation pour découvrir les autres, facilement fait. Il semblerait que Singapour a créé la possibilité pour que plusieurs cultures et religions se côtoient sans que l’une d’elle prenne le dessus.  

    En déjeunant, on observait certaines routines matinales chez les résidents de notre quartier: jogging le long de la rivière, enfants en bicyclette avec les parents à pied traînant derrière, poussettes et parents et bien des maîtres avec bien des chiens. Chaque matin, le ciel s’assombrissait, les parapluies sortaient, et malgré le tonnerre et les éclairs, les activités continuaient. 

    Tout frais arrivés à l’aéroport.  J’adore le pouce du monsieur qui a pris la photo, mdr.

    Un de nos chauffeurs Grab (Uber en Asie) nous a confirmé que nous ferions rapidement le tour de Singapour en quatre jours. C’est effectivement une grosse ville qui offre en fait peu d’activités de tourisme, du moins pour nous deux qui ne sommes pas du style Universal Studios ou ce genre d’attractions. 

    Qu’avons-nous fait durant notre séjour, et qu’est-ce que nous avons préféré?

    #1 Le jardin botanique. Un énorme espace paisible. Le jardin, avec des milliers d’espèces d’orchidées (4,500 en tout!), est un bijou. C’est ici que  nous avons obtenu notre premier rabais senior qui, pour les gens âgés de 60 ans et plus, est significatif. En bonus, d’énormes lézards se promènent ici et là.

    #2 Les vues en hauteur. On s’est rendu au Marina Sands pour pouvoir monter dans le fameux observatoire. C’est vrai qu’on a eu droit à des vues imprenables et de bons cocktails, mais c’est le Lantern, un bar rooftop situé dans l’hôtel Fullerton, qui nous a plu davantage. Depuis le Lantern, nous avions non seulement une vue sur la ville et ses dizaines d’immeubles, mais également sur le Marina Sands et sa baie, où est offert un spectacle de lumières et fontaines chaque soir. De plus, l’atmosphère au Lantern est plus “lounge” et relaxante.

    Cette magnifique architecture moderne, qui incorpore de la verdure sur plusieurs étages.

    #3 Les Hawkers markets, qui offrent une grande variété de repas à des prix bien plus raisonnables que les restos.

    #4 Le National Violet Oon. Un restaurant au décor et service classique avec des plats traditionnels modernisés. On y a fêté la retraite de Richard, donc on s’est gâté! Des options végétariennes gourmets, du bon vin. Un régal.

    Le Lantern, un rooftop bar qui nous a beaucoup plus plu que le Marina Sands. De belles vues et un meilleur vibe.

    Question météo, Singapour est humide et chaud. Les “wows” exclamés en Colombie-Britannique sont devenus des “Fait chaud!” à Singapour. Heureusement la ville a conçu de longs passages à l’ombre du soleil sans merci et des tunnels souterrains pour se rendre aux arrêts de métro (en passant le métro est super simple d’utilisation).

    Comme le dit Richard, à Singapour on se sent en sécurité partout et en tout temps.  Les gens sont souriants et courtois. Les métros sont faciles d’usage et la ville est propre.  Comme plusieurs villes neuves, par contre, on peine à trouver l’expression artistique et culturelle plus alternative, ou peut-être on n’a simplement pas trouvé les bonnes adresses.

    Le jardin des orchidées est une merveille!

    On avait prévu un budget de 300$ par jour pour Singapour, et on a dépassé notre budget de 5$ par jour. On s’est rendu compte qu’on dépensait moins que prévu côté activités et plus que prévu pour les transports. 

    Prochain pays: la Malaysie.

  • Ça faisait plus de 25 ans que mes bottines n’avaient pas foulé l’Ouest canadien, et tabarouette que ça fait du bien d’y revenir! L’immensité des paysages te gifle directement entre les deux oreilles : ruisseaux qui jasent, montagnes qui se pavanent, lacs qui n’en finissent plus… Une claque à l’égo, mais une caresse au cœur. T’as beau essayer de jouer au stoïque, ça sort tout seul : des « wow », des « ouf » et des « ben voit donc » à chaque tournant. Au point d’exaspérer ta copilote… mais pas grave, elle aussi lâche ses « oh my God » bien sentis, c’est contagieux ces affaires-là.

    Osoyoos

    Pis les gens, parlons-en ! Même dans le gros rush touristique, ils trouvent toujours deux minutes pour placoter, raconter un bout de leur vie pis te farcir ça d’un sourire. Mention spéciale à Michel et Marie Ellen (les amis d’Anne), qui nous ont reçus comme si on était de la parenté perdue depuis trois générations. Vélo, kayak, rando ou simplement détente à la plage de Nelson… vous êtes en or. Merci – parce que ça, ça s’achète pas à la SAQ.

    Les boules, à la plage de Nelson.

    Mais la vraie vedette-surprise du voyage reste… les Grizzlies. Sérieux, y’a pas moyen de respirer tranquille ou de tenter une petite méditation à la Josée Lavigueur sans tomber sur une pancarte rouge fluo : « Attention, ours ». C’est pire que la météo dramatique de TVA Nouvelles. Pis les locaux, ben relax : « Bah, y’a pas de danger ! » Minute, mon champion : si c’est si safe que ça, pourquoi la province est tapissée de pancartes à l’effigie de Winnetou à grosses griffes ? Vendez-nous donc un spray anti-ours en spécial à l’épicerie ou une corne de brume 2 pour 1 ! On a parfois l’impression d’être déposé dans un buffet à ciel ouvert… mais du côté invitée surprise au menu.

    Heureusement, quand tu sors des parcs, y’a les vignobles pour calmer tes nerfs (après deux verres, même un grizzly te semble sympathique). Bon, ok, faut quand même composer avec les feux de forêt qui redessinent l’horizon à leur manière. Dame Nature ici, c’est comme un ado du secondaire : imprévisible pis dramatique.

    Vignoble Quails Gate

    Côté hébergement, prépare-toi psychologiquement : les prix sont fous comme un original sur le Red Bull. Mais bonne nouvelle, manger au resto reste relativement raisonnable… surtout si t’as déjà quelques coupes de vin dans le nez. Bref, l’Ouest, c’est beau, mais c’est cher : ton portefeuille fond plus vite qu’un cornet de crème glacée sur la plage de Kelowna.

    Malgré tout ça, je suis heureux d’avoir repris rendez-vous avec ce coin de pays. Avant de penser aux plages du Sud, venez voir nos montagnes, nos lacs pis nos forêts (avec ou sans grizzlies). On oublie trop souvent les perles qu’on a chez nous.

    Rivière Fraser

    Sur ce, je vous donne rendez-vous à Singapour pour la suite du road trip. En attendant, portez-vous bien, pis comme on dit chez nous : lâchez pas la patate !

    Tourlou,
    Richard

    Retrouvailles: Anne

    Notre voyage dans l’Ouest aurait dû me permettre de visiter ma ville natale, Edmonton, pendant que Richard donnait ses dernières conférences. La grève chez Air Canada et le retard de mon vol pour aller le rejoindre m’ont finalement offert une opportunité différente: passer quelques jours supplémentaires à Montréal, chez mon amie Slim et son chien Chief. On a profité de balades en voiture et, durant l’une d’elles, nous sommes passées voir Anaïs, qui nous a accueillies chez Glucoz, sa superbe pâtisserie sur la Rive-Sud. Anaïs avait été mon élève en secondaire deux, mais nous sommes devenues proches au fil des années à FACE et par la suite. J’ai une immense admiration pour cette jeune femme que j’ai vu mûrir et qui a toujours eu une rigueur et un sens du « drive » innés. Sa réussite est franchement bien méritée.

    Anaïs (glucoz.ca)

    Quelques jours plus tard, je me retrouve enfin sur la route avec Richard, et oui,  je suis d’accord avec lui: je n’ai jamais autant dit « Wow » et « Holy Cow » pendant un road trip ! Les adjectifs me manquaient… Le parc des Glaciers m’a littéralement époustouflée. Ouah. Et comme Richard l’a si bien souligné, « c’est le paradis des amoureux de la nature et des pick-ups ici » des gros pick-ups, des petits pickups, des pimpés, – et étant donné les immenses distances sur des routes qui annoncent glace et avalanche à chaque tournant, j’en voudrais un moi aussi, un pick up, si je devais conduire en hiver ici.

    Que cette nature régale les yeux, avec ses lacs de glaciers, ses pics de montagne, ses forêts sans fin, oui c’est wow, wow, et encore wow (pas de mots) J’avais cette la mélodie du « Railroad Trilogy » de Gordon Lightfood sur repeat dans ma tête.

    Mary-Ellen, c’est une amie exceptionnelle — tout le monde devrait avoir quelqu’un comme elle dans sa vie. Notre amitié a débuté au Cégep et, en plus d’avoir vécu ensemble à Montréal et aux Îles Canaries, on s’est suivi de loin comme de proche tout au long de nos chemins de vie respectifs.  Richard l’a parfaitement décrite : « une soie ». Je confirme!  C’est une soeur pour moi. Merci du fond du cœur à Michel et Mary-Ellen pour l’accueil si généreux. Sans vous, on n’aurait jamais découvert d’aussi beaux endroits. Votre attention constante à notre bien-être nous a véritablement touchés. Je repars avec des souvenirs précieux : balades en kayak sur les lacs et les rivières, moments complices entre filles, jeux et cocktails sur la terrasse avec vue sur le coucher de soleil, et la boule… Bref, une visite merveilleuse.

    Balade inoubliable avec Mary-Ellen, Slocan Lake

    J’ai aussi eu la chance de retrouver Michael, un ami d’adolescence. Il m’a fait redécouvrir les endroits où nous avions traîné quand j’étais allée le voir à 18 ans. Un moment marquant : sur le bord d’une falaise, en bas, flottaient des billots de bois dans l’océan. Il me les a montré du doigt, me rappelant qu’on était descendus de la falaise pour aller sauter de billot en billot ! Aucun souvenir… mais selon lui, oui, j’étais plutôt casse-cou à cet âge-là. « Ouais, » qu’il dit, « mon chum Gord et moi, on avait aussi construit une plateforme très haute dans un arbre, et tu avais grimpé plusieurs mètres pour aller voir ça. » Un instant touchant : il s’est arrêté devant un immense arbre mature près de chez lui, précisant que, dans le temps, on s’était assis au pied de cet arbre-là, tout juste planté à l’époque. Reconnecter avec des amis de nos autres vies, c’est retrouver une aisance comme si on ne s’était jamais quittés. Lorsque nous dinions au restaurant,  j’écoutais Michael parler et j’ai eu un sentiment réconfortant en voyant dans le visage plus vieux de cet ami, le jeune adolescent pour qui j’avais beaucoup d’affection. Il est toujours aussi drôle et aussi loquace qu’il l’était à 16 ans.

    Mary-Ellen est une peintre et photographe accomplie @mellenmarshall

    Autre belle rencontre : Harvey, mon dentiste d’enfance. Ce monsieur m’a suivi depuis mes cinq ans, a soigné toute ma famille… et même mes enfants et plusieurs amis ! Cet homme-là semble éternellement jeune ; j’ai l’impression que l’enseignement universitaire et le bénévolat le gardent en forme. Je suppose que c’est une leçon : il m’a dit que Montréal était la ville à laquelle il était plus attaché, mais ses enfants et petits-enfants sont établis dans l’ouest et donc il pense bien y rester.  Lorsqu’il nous disait au revoir, il m’a vraiment émue : « Vous aurez toujours une place ici, si jamais vous repassez. » À la dernière minute, Il a ajouté : « N’hésitez pas à me contacter, peu importe la raison — même pour de l’argent, si jamais le besoin se présente. » Quel cœur en or, ce monsieur. J’ai depuis reçu un message WhatsApp de sa part, demandant de nos nouvelles.  Finalement, c’est l’homme qui m’aura donné le plus de bijoux (oui, en plastique, mais quand même), puisque j’avais le droit de piger dans la boîte aux trésors à chaque fin de visite dans sa clinique.

    Kookanee Creek Provincial Park

    Mes yeux se sont régalés de tes paysages, Ouest canadien, et mon cœur s’est rempli lors du temps passé avec nos amis.

  • Le sac à dos : ma crise existentielle à bretelles -Anne

    C’est presque gênant de l’avouer, mais j’ai passé un temps indécent – et une quantité d’énergie mentale franchement suspecte – à réfléchir à ce que je devais mettre dans mon sac à dos.
    Richard rit déjà. Combien de fois m’a-t-il vue brandir les bras, triomphante : « Mon sac est complet ! », pour ensuite tout redéfaire à cause d’un short en lin douteux ou d’un chandail qui n’avait pas le bon équilibre de coton et d’élasthanne.

    Pourquoi tant de stress ? Aucune idée. ChatGPT, mon psy de poche, m’a expliqué que c’est normal : on cherche à se rassurer, à se sentir prête, à garder un peu de contrôle dans le chaos de l’aventure.
    Grâce à ces réponses rassurantes et validantes, j’ai donc continué -obsessionnelle, mais rassurée.

    Mon sac, c’est moi (en version compressée)

    Ce n’est pas qu’un sac. C’est mon mini-dressing, ma pharmacie, mon studio d’art, mon kit de survie. Et il doit contenir deux ans de vie, entre jungles, volcans, temples, villes et mers.

    C’est un Osprey Fairview 55 litres : en fait, ce sont deux sacs à dos qui donnent un total de 55 litres, l’un de 40 L et l’autre de 15 L.
    Lorsque nous les avons testés aux îles Canaries, je me suis dit qu’il me fallait encore moins de choses. Il est petit. Très petit: du genre : “bonjour l’austérité textile”, et “cela fait trois jours que je porte le même kit”.

    Objectif 1 : 7 kilos pour le 40 L et 3 kilos pour le 15 L
    Objectif 2 : Avoir des vêtements pour le confort, le multi-sport et la météo floue.

    Je me prépare à tout :
    Randos, vélo, plage, plongée, surf, yoga…
    De la canicule au froid de montagne.
    D’un ensemble un peu chic “resto” ou “temple”,  à la randonnée en jungle qui risque de briser bien des vêtements.

    Et bien sûr, les incontournables : foulard magique, masque d’apnée, laine mérino et vêtements qui sèchent vite.
    Et non, je n’ai toujours pas tranché sur l’urinoir portatif. L’idée me séduit autant qu’elle m’effraie.

    Le vrai dilemme : les vêtements

    J’ai laissé derrière meubles, bibelots et maison… mais les vêtements, c’est plus dur.  Probablement parce-que c’est tout ce qui me reste, et donc j’y ai planté beaucoup d’attachements. De plus, j’ai dû mettre en entrepôt les chandails de mon père, ma soeur et ma mère, auxquels je faisais régulièrement des câlins de passage dans ma garde-robe…

    Mon gros pantalon mou le plus confo au monde ? Niet.

    Mes bas qui ne servent que sur le sofa avec une petite couverture et mon chum à côté ? = Bannis.

    La leçon de tout ça ?
    Moins, c’est plus.
    Moins de choses, moins de décisions, moins de perte de temps à chercher son top préféré resté au fond du sac.
    Et tout est (presque) remplaçable.

    Je serai contente d’avoir avec moi ce petit kit à dessin et aquarelle. 

    Si vous avez des questions au sujet du contenu de mon sac à dos, n’hésitez pas…

    Suivi sac à dos, après le départ

    Malgré que je suis contente d’avoir les aquarelles avec moi, c’est vrai que ça prend de la place. Mon sac 40 litres pèse 11 kilos et mon sac 15 litres en pèse 4 kilos. C’est un peu trop je pense, mais j’en suis au minimum en vêtements… saw

    Sac à dos, mon futur coloc de galère -Richard

    Faire un tour du monde, c’est partir à la rencontre de l’inconnu, des autres, de soi-même… et surtout de ses limites de bagage cabine. Entre 7 et 10 kg pour la grande majorité des compagnies aériennes « low cost ». Parce qu’avant même de mettre un pied hors de chez soi, la première vraie aventure, c’est de faire son sac.

    Trois paires de bobettes roulées façon sushi, deux t-shirts techniques en fibre de licorne rose, une trousse de premiers soins capable de soutenir une expédition polaire… Et malgré tout ça, cette impression persistante d’avoir oublié l’essentiel. Et je le sais : au fin fond du Laos, un mardi, je vais me dire : « Merde… j’aurais donc dû l’apporter… je le savais ! »

    Parce qu’en vrai, ce sac, c’est un peu ma bouée. Il doit contenir tout ce dont j’aurai besoin pour plusieurs mois, voire plus. Ma maison mobile. Ma garde-robe. Ma pharmacie. Mon kit de survie. Et aussi, apparemment, mon anxiété, soigneusement compartimentée dans un sac Ziploc.

    Mais pour être bien honnête : le sac n’a jamais été le vrai problème pour moi. C’est mon besoin de tout contrôler. Je veux prévoir chaque météo, chaque inconfort, chaque imprévu — comme si une paire de sandales fermées allait nous sauver d’une invasion de moustiques ou d’une crise existentielle au fin fond du Sumatra avec les orangs-outans.

    Alors, comme vous voyez, bien avant de partir, je dois déjà commencer à me délester. Me rendre, moi-même, plus léger.

    Le vrai luxe, ce sera de me libérer de certains poids invisibles pour augmenter ma capacité à m’adapter. Parce qu’entre vous et moi, je me fous pas mal de devoir m’acheter un t-shirt moche dans un marché local parce que mon préféré est resté au fond d’un tuk-tuk à 800 kilomètres de là.

    Je me fous pas mal aussi d’échanger ma serviette microfibre contre une feuille de palmier — à l’efficacité discutable, mais à l’esthétique garantie. Lol!

    Au fil de cette préparation, et des nombreuses discussions avec Anne, on comprend peu à peu que voyager léger, ce n’est pas juste une affaire de kilos. C’est un état d’esprit.

    Alors oui, rouler, plier, compresser, c’est important. Mais j’aime mieux me rappeler que si Bouddha a atteint l’illumination pieds nus ou en sandales (aucune idée), je peux probablement survivre à 18 mois de voyage sans mes vêtements “hi-tech”.

    Bref, je ne suis pas encore parti, mais je commence déjà à apprendre à lâcher prise. Une paire de bas à la fois.

    Ah oui ! J’ai aussi attaché un petit fil de métal avec un mousqueton entre mon sac et celui d’Anne. Vous savez pourquoi ?
    Pour ne pas perdre Anne. LOL.

    Si vous avez des questions d’ordre technique, n’hésitez pas !

    Je retourne à mes sacs…

    Richard

  • Kootenay Glacier Park, BC.
    Combien ça coûte de tout lâcher prise et voyager?

    La grande question que tout le monde (vraiment tout le monde) nous pose :
    « Ça coûte combien, votre voyage ? »
    Avec les variantes :
    « Vous devez être riches… »
    « Vous n’êtes pas pauvres… »
    Ou l’inverse :
    « Vous financez ça avec un prêt ? Une commandite ? Une carrière d’influenceurs en devenir ? »

    Bref, y’en a pour tous les goûts, et aussi pour tous les jugements 😉.
    Alors voici quelques éclaircissements sur notre réalité, avec des chiffres, des choix, et un brin de bon sens.

    1 – Tout vendre, louer, stocker… ou tout lâcher ?

    Nous, on a décidé de tout vendre. TOUT.
    Pas de « au cas où », pas de « un jour peut-être », pas de débarras psychologique.
    Liberté totale, sans arrière-pensée ni culpabilité envers nos proches qu’on aime… et qu’on ne voulait pas transformer en gardiens de bibelots.

    Résultat :
    ✔ Multiples ventes en ligne
    ✔ Dons à des amis (en mode : « Tiens, prends ce grille-pain, il est presque émotionnellement neutre »)
    ✔ Location d’un entrepôt 8×10… sauf pour deux meubles antiques chez un ami indulgent.

    💡Côté budget : entrepôt chauffé = 200 $/mois, notre seule dépense « côté Québec ».

    2 – Avant de partir… il faut investir un peu pour partir léger (et en santé)
    CatégorieDétailsEstimation (CAD)
    Passeports / VisasRenouvellements, visas (Inde, Vietnam, etc.)
    300–1 000 $

    Vaccins / Santé

    Fièvre jaune, hépatite, malaria, typhoïde, tétanos, clinique voyage, pharmacie de base

    2 000 $

    Assurance voyage

    Médicale + annulation/interruption

    2 000 $/an

    Matériel de voyage

    Sac à dos, vêtements techniques, souliers, gadgets utiles

    500–1 500 $

    Électronique

    Téléphone débloqué, chargeurs, GoPro, tablette

    500–1 500 $

    Vols intercontinentaux

    Les premiers billets (souvent les plus chers)

    2 500 $
    Logement temporaire / stockage
    Préavis, sous-loc, résiliation bail
    Variable

    Frais divers

    Permis de conduire international, procurations, redirection du courrier

    100–300 $
    Sac à dos ou valiseSac à dos durable300$

    **Téléphone: on a choisit de transférer nos numéros de téléphone vers Fongo. Ceci nous donne accès en Voip. Au retour du voyage, on peut ré-importer le numéro vers une compagnie locale cellulaire.

    3 – Le choix des destinations : de 15 $ à 250 $ par jour, à vous de jouer !

    Oui, la planète est vaste, mais votre carte de crédit a ses limites.
    Une destination peut coûter 5 fois plus qu’une autre pour un même niveau de confort.

    🌏 Destinations abordables (15 à 75 $/jour/pers. en mode « confortable »)

    👉 Sans les extras, ni les billets d’avion long-courrier :

    • Vietnam : Street food divine à 2 $, cafés à chaque coin de rue et massages pas chers. Une vraie carte postale économique.
    • Cambodge : Angkor Wat pour 37 $ le billet 3 jours. Et oui, une soupe coûte moins cher qu’un espresso à Montréal.
    • Laos : Moins connu, plus zen, parfait pour ralentir… et votre compte bancaire aussi.
    • Thaïlande : Le nord (Chiang Mai, Pai) = wow + pas cher. Le sud = plage + touristes + prix qui grimpent.

    🧳 Destinations plus coûteuses (100 à 250 $/jour/pers.)

    • Hong Kong, Corée du Sud, Taïwan, Japon : Vous pouvez manger pour 3 $… ou 300 $. Question de choix (et d’appétit).

    Australie / Nouvelle-Zélande : Prévoyez 150 à 250 $/jour. Et encore plus si vous aimez le vin, les koalas ou les roadtrips.

    👩‍❤️‍👨 Voyager en couple : l’amour et l’économie

    Voyager à deux, c’est plus romantique, mais aussi plus économique (et parfois plus drôle que pratique).

    PosteÉconomie pour 2
    HébergementHébergement
    -50 % (même lit, même facture)
    Transport local
    -25 à -50 % (si vous partagez un taxi ou une auto)
    Divers
    -20 % (une SIM suffit parfois, et la lessive aussi)

    Repas et Activités
    Inchangés (sauf si l’un mange dans l’assiette de l’autre)

    👉 Économie globale estimée : 25 à 30 % par personne.


    On peut facilement trop dépenser, en déviant de notre budget initial, grâce à des options de voyages ou d’hébergement “coup de cœur.  C’est important d’avoir un budget décidé, et d’y coller.  De plus, durant le voyage, c’est une bonne idée d’utiliser une application porte-monnaie, qui permet aux voyageurs de tenir compte de leurs dépenses.

    Même si vous rêvez de vivre à Bali pour toujours, il y a fort à parier que votre carte d’assurance-maladie voudra vous revoir à un moment donné.

    En résumé en un clin d’œil

    Parador de Tejeda, Grande Canarie, Espagne.

    Non, on n’est pas riches.
    Oui, on a fait des choix.
    Et non, devenir influenceur n’était pas (encore) dans le plan… mais si quelqu’un veut nous offrir un code promo sur un hamac ou un tuk-tuk, on est preneurs. 😎

    On vous le dit franchement : voyager ne rend pas plus intelligent, mais ça fait drôlement réfléchir.
    Sur nos habitudes, sur nos possessions (t’sais, celles qu’on met dans un entrepôt pour oublier qu’on les possède encore), sur notre rapport au confort et à l’inconnu.
    Et surtout, sur l’importance de planifier un minimum pour ne pas finir à court d’argent, à court de Tylenol ou à court de Wi-Fi au pire moment.

    💸 Est-ce que c’est cher ?
    Ça dépend. On peut faire un tour du monde pour moins qu’un VUS flambant neuf… et avec une meilleure autonomie (surtout si on mange des nouilles instantanées et qu’on dort en dortoir).

    🎯 Est-ce que ça vaut le coup ?
    Oh que oui. Même quand on se retrouve dans un bus sans frein en montagne, ou à marchander un prix de bananes en langue des signes.
    Les galères deviennent des anecdotes, les imprévus deviennent des apprentissages, et le budget devient… flou (mais avec des beaux tableaux Excel à l’appui).

    🛬 Et le retour ?
    Il arrivera un jour. Avec un peu de poussière dans les bagages, des souvenirs plein la tête, et peut-être même… un frigo vide. Mais surtout une richesse intérieure qu’aucune carte de crédit ne pourra vous acheter. Et non, ce n’est pas taxable (pour l’instant).

    Alors si ce projet vous trotte dans la tête, sachez que ce n’est pas une folie… c’est un calcul. Et avec un peu de curiosité, de préparation et de lâcher-prise, c’est un des plus beaux investissements que vous pouvez faire.

    👉 Et si on peut vous aider à mieux le planifier — ou simplement vous rassurer que, oui, vendre (ou donner) son grille-pain peut être le premier pas vers une nouvelle vie — on est là.

    Les jeux olympiques, Paris 2024. Dans cette catégorie de choix bugétaires « YOLO »
  • Richard

    Pourquoi tout vendre pour partir pendant 22 mois ?

    Depuis de nombreuses années, une idée me hante, comme une voix douce mais insistante : celle de retrouver une vraie liberté. Pas celle que l’on revendique à tout-va dans les discours creux ou les slogans. Une liberté profonde, intérieure. Celle qui fait vibrer, respirer, être. Et cette liberté-là, je voulais la retrouver à la retraite.

    Une quête ancienne

    Je remonte à l’enfance, cette période bénie où la liberté a encore un goût pur. Malgré les petites contraintes imposées par les parents, il y avait de l’espace pour jouer, rêver, explorer. C’était un terrain fertile pour l’imagination, une préfiguration naïve mais douce de ce que je croyais que la vie serait plus tard.

    Puis, l’adolescence a débarqué. Et avec elle, son lot de charges émotionnelles, de devoirs, de performances. Dans mon cas, entre les attentes scolaires et sportives, la liberté en a pris pour son rhume. Discipline, rigueur, objectifs à atteindre, blessures émotionnelles et physiques. La spontanéité s’efface, remplacée par des impératifs de rendement et des peurs de l’échec.

    L’âge adulte : une illusion de liberté

    En tant que jeune adulte, j’ai voulu montrer que je pouvais réussir seul. Je voulais me détacher de l’influence des figures d’autorité : parents, professeurs, entraîneurs, mentors. Tous ceux qui pensaient savoir ce qui était bon pour moi, avant même de m’avoir écouté. Il y avait en moi cette volonté farouche de prouver que j’étais libre. Libre de penser, d’agir, de décider. Mais cette liberté, je la cherchais au mauvais endroit. Je la confondais avec l’affirmation de soi à travers la performance.

    J’ai alors foncé. Tête baissée. J’ai persévéré, franchi des obstacles, réussi parfois, échoué aussi. J’ai mis tant d’énergie à m’imposer que j’ai parfois blessé émotionnellement autour de moi. Parce que dans cette quête, je croyais qu’il fallait écraser, convaincre, dominer. Pour exister. Pour être libre.

    La famille : une nouvelle aventure, une autre forme de servitude

    La trentaine est arrivée avec une autre grande étape : les enfants. La vie de famille. Un moment magnifique, certes. Mais aussi une nouvelle mise entre parenthèses de ma liberté. Il fallait maintenant assurer. Être présent, travailler, nourrir, protéger. Les priorités changent. Le « je » s’efface encore un peu plus au profit du « nous ». Le rythme devient infernal : boulot, maison, devoirs, gestion du quotidien.

    Et là, sans m’en rendre compte, j’ai commencé à m’oublier. À oublier mes besoins, mes rêves. J’ai donné, sans compter. J’ai encaissé. Des coups durs. Des remises en question. Des fatigues profondes. Et j’ai continué. En espérant que les sacrifices servaient un but plus grand.

    Mais cette liberté que je chérissais tant dans mon imaginaire ? Elle se faisait rare. Parfois, je la retrouvais brièvement. Une promenade solitaire. Une baignade. Un silence. Mais elle me glissait entre les doigts. Sitôt entrevue, elle s’évanouissait.

    Les enfants partent, l’inquiétude reste

    La cinquantaine. Les enfants quittent la maison. Le nid devient vide. Et paradoxalement, le cœur reste plein… d’inquiétudes. Réussiront-ils ? Auront-ils la force de faire face à la vie ? Seront-ils heureux ? Je voulais les protéger, encore. Les épargner des douleurs, des nuits sans sommeil, des relations toxiques, des excès d’ego.

    Mais pendant ce temps, encore une fois, je m’oubliais. Toujours pas de véritable liberté. Oui, je commençais à rêver à la retraite. À des projets. Mais l’argent, encore et toujours, venait tout freiner. La peur du manque. De ne pas « avoir assez ». Je me faisais plaisir à l’occasion, mais l’essentiel me manquait : un espace de liberté intérieure.

    Puis vient la soixantaine

    Et là, un choc. Pas brutal, mais profond. Intime.

    La conscience que le ruban de vie se raccourcit. Que le « un jour » ne peut plus être éternellement repoussé. Alors je me suis posé cette question, qui a tout changé :

    C’est quand, la dernière fois que j’ai été vraiment libre ?

    Libre d’attaches.
    Libre d’obligations.
    Libre de paraître.
    Libre d’angoisses.

    Quand ai-je été sans port d’attache, ni contraintes financières, ni réunions imposées, ni peur de ne pas être à la hauteur ? Quand ai-je simplement été moi, en paix ?

    Et j’ai réalisé que cela faisait trop longtemps.

    J’ai longtemps été propriétaire d’un duplex, rempli de meubles et d’objets qui n’étaient pas tous choisis, ni même à moi. Ce mode de vie, combiné à celui de mère célibataire à temps plein, me laissait peu de répit. Et le peu de temps libre que j’avais, je le passais trop souvent à gérer des choses.

    Alors, j’ai décidé.

    J’ai décidé de tout vendre.
    Matériellement, mais aussi symboliquement.
    De me délester du superflu pour retrouver l’essentiel.

    Je ne fuis rien. Je ne renie rien.
    Je rends hommage à ce que j’ai été, à ce que j’ai vécu.
    Mais il est temps, enfin, d’honorer ma liberté.

    C’est ce que ce voyage de 22 mois représente pour moi.
    Un retour à moi.
    Un hommage à l’être.
    Un espace pour respirer, écouter, ressentir, vivre pleinement.

    Je vous reparlerai de ce périple, de ce cheminement.
    Mais ce que je peux déjà vous dire, c’est que ce voyage,
    c’est mon ode à la liberté.

    ANNE

    Peut-être que tout a commencé quand, à même pas trente ans, avec le père de mes enfants, on a décidé de tout vendre pour partir vivre aux Îles Canaries.
    Il y était né, sa famille y vivait, et l’appel du nouveau nous a poussé à faire le saut.

    Ce que j’ai retenu de cette immigration — au-delà de l’amour profond que j’ai développé pour ces îles et leurs habitants , c’est une certitude : je peux m’adapter, et j’ai cette capacité à plonger dans l’inconnu, à apprendre et à m’émerveiller. Mais ce choix, de me libérer d’une vie plus standardisée dans mon pays, elle avait un prix.

    Par exemple, à l’époque, il n’y avait ni cellulaires ni Internet. Chaque matin, j’attendais le facteur avec une boule d’espoir dans le ventre, espérant recevoir une lettre de ma famille ou d’un ami.  Parce que la famille de mon ex n’était pas la mienne. Et bon sang, comme j’aimais  la mienne et ce qu’elle m’a manqué! Et mes amis étaient très loin.  C’était le prix à payer dans cette nouvelle vie.

    Je ne savais pas, alors, que mes parents allaient vieillir et tomber malades. Que ma sœur allait tomber malade, puis mourir. Je ne savais pas que mon absence ferait que j’allais manquer des moments importants dans leur vie, dans notre vie. Je ne savais pas que j’allais regretter de ne pas avoir eu plus de temps avec eux.
    J’étais jeune, et j’avais soif d’aventure. Et c’est pour cela que l’on dit que la liberté a un prix. Il faut faire des choix, sans savoir comment ces choix vont tisser notre destin.

    Et voilà que je repars.
    Encore une fois, je laisse derrière moi des êtres chers.

    Cette fois-ci, j’ai un peu plus d’angoisse — parce que je suis une personne qui angoisse. J’aimerais à la fois partir, et à la fois rester pour continuer à partager des moments avec ceux que j’aime et je me sens déchirée.
    Une partie essentielle de mon identité, c’est d’être la mère de mes enfants. Et si ma fille veut un câlin ou des mots rassurants, si mon fils veut me parler ou me demander conseil, je veux être là.  Une autre partie essentielle de moi est d’être une personne qui veut découvrir et connaître…


    Oui, la liberté a un prix. C’est bien vrai.

    Entre ces deux départs, il y a eu une autre vie.

    Je crois que le déclic est survenu un jour banal, quand j’ai cogné et cassé mon petit orteil contre une boîte de trucs — pas à moi — que je n’avais pas encore rangée.  Dans cette douleur et frustration, l’idée est née que je n’allais pas toujours être obligé de gérer un duplex croulant, avec sa liste éternelle de réparations et rénovations, et J’ai eu une certitude rassurante : le jour où je le pourrai, je me débarrasserai de tout ça. De toutes ces choses.

    Je rêvais de simplicité. Et je me disais qu’avec une vie plus légère, j’aurais peut-être plus de temps pour… pour quoi, au fond?  Eh bien,  pour vivre plus librement et sans la responsabilité pour toute ces choses.

    Alors je suis partie vivre à Malaga avec mes enfants, pour une année scolaire. Deux valises chacun, une guitare pour mon fils, quelques jouets pour ma fille. Dans notre petit appartement de deux chambres, nous avions largement ce qu’il nous fallait. Oui, le couteau de cuisine fourni avec l’apartement meublé n’était pas celui que j’aurais choisi et les meubles étaient laids, mais nous étions à deux rues du bord de mer, et quel bonheur de marcher chaque matin avec ma fille en bord de mer pour l’amener à l’école, ou d’écouter mon fils jouer de la guitare sur le toit de notre appartement, au lieu de trier et ranger et gérer des choses.

    C’était une année sabbatique pour moi. Ne pas travailler, c’était goûter à une autre forme de liberté.
    C’était doux, c’était riche : approfondir ma connaissance de la langue, observer les gens, comprendre peu à peu ce que c’est d’être espagnol·e.
    Le temps passait lentement… et trop vite à la fois. L’expérience a été si belle, que j’attendais impatiemment de rèpéter.

    Et voilà que je repars, encore une fois. Et oui, j’ai réussi à me débarrasser de toutes ces choses, mais encore une fois, je dois me séparer de personnes très chères.

    Mais cette fois, il y a Internet, il y a les appels vidéo. Peut-être que ce sera moins difficile de les savoir si loin.

    Prendre cette opportunité de voyager avec mon compagnon de vie, de découvrir avec lui, d’avoir les yeux remplis de paysages, de cultures, de lieux insolites…
    Pour moi, c’est ça, la liberté.

  • Pour se différencier, j’écris en rouge et Richard en bleu.

    Donc, moi, c’est Anne, récemment retraitée après plus de vingt-cinq ans d’enseignement de l’anglais langue seconde. J’ai passé une grande partie de ma carrière à l’école FACE, un endroit où j’ai adoré échanger et travailler auprès des enfants. Enfin, j’ai terminé mes dernières années au collégial, qui, pour moi, était comme la classe privilégiée d’enseignement, avec un département de langues et plusieurs collègues avec qui collaborer sur les cours, des horaires de rêve et, bon sang, une piscine dans chaque Cégep: le Graal.

    En ce qui concerne cette retraite, je n’exagère pas quand je dis que j’ai dû m’adapter. Tout d’abord, je ne comprenais plus mon utilité, puisque je me sens bien quand je suis utile. En tant que parent unique à temps plein, enseignante à temps plein, et hôtesse pour parfois jusqu’à trois étudiantes étrangères chez moi pour arrondir les fins de mois, disons que je n’avais pas beaucoup de temps pour me poser des questions sur ma raison d’être. La première étape a été de vendre mon duplex, pour lequel il y avait une liste interminable de petits travaux à réaliser pendant les vingt ans où j’en étais propriétaire. La transition vers la vie en condo, où on n’a même pas à pelleter la neige, nous a donné tellement de temps. Mais ce temps qui se présente, qu’en faire ? Mes enfants sont adultes, plus que capables et bien installés dans leur propre vie. Nous n’avons pas de chat… enfin, tout ça pour dire que j’ai ressenti un peu d’angoisse à l’idée de ne pas savoir ce qui allait suivre pour moi.

    Heureusement, j’ai un compagnon qui marche sur les mêmes chemins, et avec qui le partage est rassurant et aidant. Entre nous, il y a un fil rouge de connexion qui s’est créé, se tend et se détend, et que je tiens fermement entre mes doigts. On parle des mêmes priorités : garder notre santé, nous soigner et explorer le monde tant que nos corps coopèrent avec nos plans. Car, oui, déjà, il y a quelques petits bobos qui nous obligent à ralentir parfois, et nous savons bien que le temps pour profiter n’est pas infini, alors pour les deux, c’est maintenant !

    Nous partons bientôt pour un tour de l’Asie, de l’Australie et de l’Eurasie, pendant 21 mois. Nous vendons et donnons tout. On s’est demandé si on voulait garder soit le condo, soit les meubles pour l’ »après », mais en fin de compte, cet « après » sera d’autant plus ouvert si on ne le définit pas avant même de revenir. C’est un autre ajustement que de lâcher prise, mais je suis de plus en plus à l’aise avec l’idée de ne pas savoir.

    Pour moi, c’est m’éloigner de mes enfants, de ma nièce, de ma famille et de mes amis que je trouverai difficile. J’espère que vous pourrez nous rejoindre quelque part. Viendrez-vous ? Dites oui !

    Ces jours-ci sont dédiés à fabriquer des listes : itinéraires, choses à faire (vaccins, banque, assurances, assurance-maladie, emballer des boîtes, entre autres).

    Ma valise, vous demandez ? Elle est déjà faite, et ce, depuis longtemps. C’est pour une autre page…

    Pourquoi un blog ? Pour partager avec vous, pour garder un lien et surtout pour s’écrire. Je partage aussi des photos sur Instagram.

    Donc, moi, c’est Richard, un passionné de la vie qui a toujours cherché à maximiser chaque instant. Récemment retraité après une carrière enrichissante dans le domaine de la gestion, je me retrouve à un tournant où l’exploration et le partage deviennent mes nouvelles priorités. Mon parcours professionnel m’a permis de développer une curiosité insatiable pour les cultures et les expériences humaines, et c’est avec cet esprit que je me lance dans cette aventure.

    Contrairement à Anne, ma transition vers la retraite s’est faite avec un enthousiasme immédiat. Pour moi, c’était l’occasion rêvée de sortir des sentiers battus et de renouer avec des passions parfois mises en veilleuse par les responsabilités du quotidien. Voyager n’est pas seulement une découverte géographique, c’est aussi un voyage intérieur, une quête de sens et de connexion.

    Ce blogue est donc une fenêtre sur notre périple commun, mais aussi sur nos perspectives individuelles. En bleu, je partagerai mes réflexions, mes découvertes et mes défis personnels. Mon objectif est de capturer l’essence des lieux que nous visitons, mais aussi de raconter comment ces expériences transforment ma vision du monde et de moi-même.

    Anne et moi avons décidé de tout lâcher pour ce voyage : possessions matérielles, routine familière et même quelques certitudes. Ce choix radical est pour moi une libération, une manière d’embrasser pleinement l’inconnu. Bien sûr, il y aura des moments difficiles – quitter nos proches, naviguer dans des cultures étrangères ou affronter les imprévus – mais c’est précisément dans ces défis que réside la beauté du voyage.

    À travers ce blogue, j’espère non seulement inspirer ceux qui nous lisent à suivre leurs propres rêves d’aventure, mais aussi créer un espace où nos amis et notre famille pourront nous rejoindre virtuellement ou physiquement. Alors préparez-vous à plonger dans nos récits en bleu et en cannelle – deux voix distinctes qui se complètent pour raconter une histoire commune.

  • Itinéraire de notre grand voyage : entre rêverie, réflexion et planification concrète.

    Organiser un grand voyage à deux, ce n’est pas simplement choisir des destinations sur une carte. C’est aussi discuter, rêver, faire des compromis, et surtout… beaucoup de recherches ! Ce projet de longue haleine nous a demandé des heures de visionnement de documentaires, de lectures de blogs, de consultations d’avis de voyageurs aguerris, et, bien sûr, une bonne dose d’intelligence artificielle. Une aventure qui a commencé bien avant notre départ.

    Mais d’entrée de jeu, une chose était claire : nous voulions un voyage à notre image, loin des clichés touristiques et des contenus aseptisés des influenceurs de réseaux sociaux. Nous avons donc volontairement tourné le dos aux contenus formatés des « instagramers », « tiktokeurs » et autres vendeurs de rêves souvent plus préoccupés par leur look que par la profondeur des lieux qu’ils visitent. Pour nous, un voyage, c’est une rencontre avec le réel, l’authentique.

    1. Choisir les destinations ensemble

    La première étape a été, sans surprise, le choix des pays. Nous avons commencé par réfléchir chacun de notre côté à nos coups de cœur, à ces endroits que nous rêvions de découvrir depuis longtemps. Puis, nous avons mis nos idées en commun.

    Heureusement, l’exercice s’est déroulé dans la joie et non dans le combat : inutile de sortir les gants de boxe ! Certaines régions ont été éliminées d’office : l’Europe, que nous connaissons déjà très bien (et que nous continuerons d’explorer plus tard), l’Inde (pas pour cette fois), et d’autres pays qui ne nous attiraient tout simplement pas ou qui sont actuellement déconseillés par les autorités canadiennes — ce qui rend les assurances de voyage impossibles.

    2. Construire une logique d’itinéraire

    Une fois la liste établie, il fallait construire un itinéraire logique, c’est-à-dire optimiser à la fois les déplacements (surtout les vols intercontinentaux) et respecter les saisons climatiques idéales de chaque région. Il n’était pas question d’arriver en pleine mousson ou saison des typhons !

    Pour cela, deux ressources se sont révélées extrêmement utiles :

    • A Contresens – Planificateur de voyage : un outil incontournable pour visualiser la météo, les prix, les festivités et la logique des déplacements autour du monde.
    • Tourdumondiste : ce site regorge d’informations concrètes, de retours d’expérience, de conseils pratiques, de budgets estimés (avec quelques réserves), et d’outils d’aide à la planification.

    Petit bémol : les budgets proposés sont parfois trop bas ou ne tiennent pas compte du confort souhaité par certains voyageurs. Nous y reviendrons dans un article dédié à la gestion financière d’un tel périple.

    3. S’inspirer par les images et les récits

    Nous avons passé des soirées entières à explorer le monde depuis notre salon grâce à une belle sélection de documentaires et d’émissions de qualité. Voici nos préférés, pour ceux qui voudraient s’inspirer à leur tour :

    • Documentaires & émissions
    • Les Échappées Belles un incontournable pour découvrir les cultures locales et les paysages hors des sentiers battus.
    • Des trains pas comme les autres–  idéal pour s’imprégner du charme des trajets ferroviaires, souvent poétiques et lents.
    • Tadam Vietnam une vraie immersion dans la culture vietnamienne contemporaine.
    • Tour de Thaï les mêmes hôtes nous font connaître la Thaïlande.
    • Street Food: Asia pour saliver d’avance et comprendre la culture en passant par l’assiette.

    En explorant ainsi, nous avons souvent eu l’impression de suivre un cours accéléré de géographie humaine et culturelle. Par moments, j’avais presque l’impression d’avoir complété un mineure en géographie tant j’ai parcouru de cartes, lu d’articles et pris des notes.

    4. Approfondir chaque pays et bâtir un itinéraire sur mesure

    Une fois les pays choisis, nous avons plongé en profondeur dans chaque destination : quelles régions visiter, quelles expériences vivre, quels paysages explorer, et surtout, dans quel ordre faire tout cela. Impossible de tout voir : il faut choisir, trier, et surtout se connaître soi-même.

    Quelques questions clés nous ont guidés :

    1. Combien de jours par pays pouvons-nous raisonnablement consacrer ?
    2. Sommes-nous plutôt du genre slow travel, à savourer chaque endroit, ou bien des curieux infatigables ?
    3. Souhaitons-nous limiter les déplacements ou en profiter pour traverser plusieurs régions ?
    4. Quels sont les incontournables de chaque pays (sans tomber dans le piège des « top 10 » trop touristiques) ?
    5. Quelles sont nos activités favorites (randonnée, vélo, yoga, street food, photographie, méditation, etc.) ?
    6. Avons-nous des quêtes personnelles à intégrer au voyage ? (Ateliers de cuisine, retraites spirituelles, défis physiques…)

    Ce travail de fond nous a permis de tracer un itinéraire équilibré, riche et personnel. Et pour nous y aider…

    5. L’intelligence artificielle, notre copilote numérique

    Oui, nous avons largement utilisé les outils d’IA pour peaufiner notre itinéraire. Et quelle belle surprise ! Bien utilisés, ces assistants peuvent devenir de vrais alliés dans la planification.

    Voici nos trois outils préférés :

    • ChatGPT (par OpenAI) : excellent pour créer des itinéraires sur mesure, valider des idées ou poser des questions spécifiques.
    • Perplexity : idéal pour croiser rapidement des sources et obtenir des synthèses.
    • Mistral AI : pour challenger les autres outils et croiser les avis.

    Notre méthode : soumettre une version de notre itinéraire à l’un, le retravailler, puis poser les mêmes questions à un autre pour voir les nuances. Chacun a son style et ses points forts. À force d’ajustements et de précisions dans nos demandes, nous sommes arrivés à un plan qui nous ressemble à 100 %.

    À noter : pas besoin de tout figer d’avance. Il est important de se garder une part de flexibilité, mais avoir une bonne idée de nos principales étapes nous permet de mieux gérer les réservations, les visas, et les saisons.

    6. Et maintenant ? Place à l’itinéraire !

    Voici donc notre itinéraire prévu, réparti sur environ 18 mois de voyage. Les durées sont approximatives et pourront évoluer, mais nous avons déjà une belle ossature :

    🌎 Notre itinéraire – 2025 à 2026

    • Canada (Vancouver) – 21 nuits (Départ le 17 août 2025)

    Pour retrouver nos amis, faire quelques projets professionnels et amorcer la transition en douceur.

    • Singapour – 5 nuits

    Une ville-État fascinante entre tradition et modernité, parfaite pour un premier contact avec l’Asie du Sud-Est.

    • Malaisie – 30 nuits

    Entre jungle, villes coloniales, plages paradisiaques et immersion culturelle (notamment un séjour yoga prévu à Langkawi).

    • Laos – 29 nuits

    Un coup de cœur annoncé pour ses paysages paisibles, ses villages authentiques et ses rivières mystérieuses.

    • Cambodge – 29 nuits

    Temples d’Angkor bien sûr, mais aussi le lac Tonlé Sap, Phnom Penh, la campagne profonde et un peu de côte.

    • Vietnam – 59 nuits

    Du delta du Mékong aux montagnes du Nord, en passant par la baie d’Halong, les ethnies, la cuisine de rue et les trains de nuit.

    • Hong Kong – 9 nuits

    Une pause urbaine entre tradition chinoise et modernité futuriste.

    • Taïwan – 45 nuits

    Île méconnue mais riche en nature, montagnes, temples, marchés de nuit et culture aborigène.

    • Corée du Sud – 33 nuits

    Randonnées dans les parcs nationaux, culture pop et traditions, temples en montagne et cafés concept.

    • Japon – 60 nuits

    Du Mont Fuji aux jardins zen, en passant par Hiroshima, les Alpes japonaises, Tokyo et les îles reculées. Le rêve total.

    • Indonésie – 60 nuits

    Bali, Java, Flores, Sumba… yoga, plongée, volcans, rizières et spiritualité.

    • Australie – 70 nuits

    De la Grande Barrière de corail à la Great Ocean Road, en passant par Sydney, les Blue Mountains et la Tasmanie.

    • Nouvelle-Zélande – 62 nuits

    Lacs turquoise, fjords, randonnées épiques et rencontre avec la culture maorie.

    • Thaïlande – 60 nuits

    Du nord spirituel au sud balnéaire, en passant par Bangkok, les marchés flottants et les parcs nationaux.

    Et peut-être, selon l’élan du moment :

    • Sri Lanka – 30 nuits ?

    Une île aux mille visages : plantations de thé, plages sauvages, parcs animaliers et culture bouddhiste.

    • Maldives – 7 nuits ?

    Pour clore l’aventure dans un écrin de corail et d’eau turquoise, avant le retour au Québec.

    7. La préparation, un voyage en soi

    Ce que nous retenons de cette longue préparation, c’est qu’elle fait partie intégrante du voyage. Elle nous a permis d’apprendre, de rêver, de nous aligner, de nous projeter. Ce fut parfois intense, souvent passionnant, et toujours enrichissant.

    Conseil final : amusez-vous à préparer. Parlez-en, explorez, ajustez. Le voyage commence dès les premiers clics sur la carte du monde.

    À bientôt sur les routes du monde 🌍

    Et si vous avez des questions sur notre itinéraire, sur l’utilisation des IA en voyage, ou sur nos ressources préférées, n’hésitez pas !

    Voyage en vélo le long du Rhin
    Randonnée aux Îles Canaries