
Richard
Le Japon faisait partie de ces destinations que j’avais hâte de découvrir depuis longtemps. Entre ce qu’on voit partout sur les réseaux sociaux et sa réputation de pays fascinant, les attentes étaient élevées. Alors, est-ce que ça a été à la hauteur ? Oui… et même plus, mais pas toujours de la façon à laquelle je m’attendais.


Le Japon se définit avant tout par ses contrastes. C’est un pays insulaire composé de milliers d’îles, où la capitale, Tokyo, immense, vibrante et presque irréelle, coexiste avec des régions beaucoup plus calmes, parfois figées dans le temps. En quelques instants, le décor change complètement : les néons, les trains ultra rapides et les foules denses laissent place à des temples silencieux, des ruelles paisibles et des paysages qui semblent tout droit sortis d’une carte postale.
On a commencé par le classique : Tokyo, Osaka, Kyoto. Le fameux triangle du surtourisme. Et oui, c’est ultra bondé. Par moments, c’est même étouffant. Mais malgré ça, impossible de ne pas être impressionné. Je me rappelle être debout au milieu de Shibuya Crossing, entouré de centaines de personnes, et pourtant, tout était fluide, organisé, presque chorégraphié. Aucun chaos. Juste un mouvement collectif parfaitement maîtrisé. C’est là que tu comprends que tu n’es pas dans un pays comme les autres.
Kyoto, c’est autre chose. Très touristique, oui, mais il suffit de s’éloigner de quelques rues pour tomber sur un petit temple presque vide, entendre le vent dans les arbres et retrouver un calme inattendu. Ce contraste constant rend l’expérience unique. On passe du bruit au silence en quelques minutes.

Puis vient ce que j’appelle le « vrai Japon ». Celui qu’on ne voit pas forcément sur Instagram. Moins spectaculaire au premier regard, plus discret… mais profondément authentique. On a fait quelques randonnées, et les paysages étaient magnifiques, mais avec une réalité qu’on ne peut pas ignorer : les ours. Oui, des ours, et pas juste en théorie. Les panneaux d’avertissement sont partout. On avait nos clochettes, on faisait du bruit en marchant, et malgré ça, il y avait toujours une petite tension. Résultat : moins de sorties que prévu. Un peu frustrant, mais ça fait partie de l’expérience.

Ce qui m’a le plus marqué, au final, ce n’est pas seulement ce qu’on voit… c’est comment on le vit. Les Japonais, de façon générale, vivent simplement. Pas de fla-fla, pas d’excès. Les villes et les villages sont à leur image : sobres, fonctionnels, efficaces. Si tu cherches constamment à être impressionné visuellement, tu pourrais passer à côté. Mais si tu ralentis et que tu t’adaptes à leur rythme, il y a quelque chose de profondément apaisant qui s’installe.
Et puis il y a les Japonais eux-mêmes.
Honnêtement, c’est mon plus grand « wow » du voyage.
Je me souviens d’un moment tout simple dans un train bondé à Tokyo. Silence total. Pas un téléphone qui sonne, pas de conversation forte. Juste des gens présents, respectueux des autres. À un moment, j’ai échappé quelque chose par terre. Avant même que je réagisse, quelqu’un l’avait ramassé et me l’avait tendu avec un léger sourire et un signe de tête. Aucun mot. Juste du respect.

Mais sérieusement… qu’est-ce qu’ils mangent au petit-déjeuner pour être comme ça ?
Même face à des touristes clairement irrespectueux, et j’en ai vu, ils restent calmes, polis, dignes. Mais attention, ce n’est pas de la faiblesse. Il y a une fermeté tranquille derrière tout ça. Une façon de dire : ici, on fait les choses autrement.
Et ça se voit partout.
Dans les transports, où le silence est la norme, même aux heures de pointe. Dans les rues, où il y a très peu de poubelles, mais où rien ne traîne par terre, parce que chacun garde ses déchets avec lui. Dans les files d’attente, où personne ne dépasse, même quand le train arrive.
Ce sont des petits gestes… mais mis ensemble, ça crée une société incroyablement fluide.


Derrière tout ça, il y a une valeur forte : le collectif avant l’individuel. Chacun est conscient de l’impact de ses actions sur les autres. Ce n’est pas imposé de manière visible, c’est intégré. Naturel. Et c’est probablement ce qui m’a le plus fait réfléchir.
Parce qu’en comparaison, dans plusieurs sociétés occidentales, on sent que ce lien collectif s’effrite. On privilégie souvent le confort personnel, au détriment du reste.
Le Japon m’a impressionné, bien sûr. Par ses paysages, ses villes, ses contrastes. Mais au final, ce n’est pas ce que je retiens le plus.
Ce qui reste, c’est ce sentiment d’harmonie. Cette impression que tout fonctionne sans friction, non pas parce que tout est parfait, mais parce que chacun fait sa part, simplement, sans chercher à se mettre en avant.
C’est un pays qui ne crie pas pour impressionner. Il ne cherche pas à séduire à tout prix. Et pourtant, il marque profondément.
Il m’a rappelé qu’une société peut être à la fois moderne et profondément respectueuse. Qu’on peut aller vite, très vite même, tout en restant attentif aux autres. Qu’il est possible de vivre ensemble autrement, avec plus de considération, plus de retenue et plus de conscience.
Et surtout, il m’a fait réaliser à quel point ce sont les petites choses qui changent tout. Un silence respecté. Une file bien ordonnée. Un simple geste d’attention envers un inconnu.
Des détails, en apparence. Mais une fois additionnés, ils transforment complètement l’expérience.


Je repars avec plus que des souvenirs. Je repars avec une réflexion… et peut-être même une envie d’intégrer une part de cette philosophie dans mon quotidien.
Parce qu’au fond, le Japon ne se visite pas seulement.
Il se ressent. Et il laisse une empreinte en soi.
Et aujourd’hui, en étant en Malaisie, je peux le dire sans hésiter : ce qui me manque le plus du Japon, ce ne sont pas ses temples ni ses villes.
Ce sont ses gens.
心からありがとうございます。 (« Merci du fond du cœur »).

Anne
Le Japon, en trois observations:
1:
Ma fille. Elena et moi avons une relation assez fusionelle, merci, ce qui rend notre présence l’une à l’autre très intense. Notre séparation, dû au voyage, a crée le besoin de colles sérieuses et exclusives chez cette mère et sa fille, et cela n’a pas toujours été facile pour trois voyageurs. Pour chacun de nous, cela a été confrontant de façons différentes. Malgré cette bousculade d’émotions, et à cause de l’amour profond que j’ai pour ma fille, part, je ne peux que la remercier d’être venue si loin pour nous rejoindre. Elena avait choisi le Japon comme la destination où elle voulait nous rejoindre, et elle était pleine d’énergie et d’enthousiasme face à l’exploration. Richard et moi, avec dix mois de voyage dans le corps et une fatigue accumulée, avions ralenti notre rythme assez drastiquement, et j’avais peine à garder le pas. Des moments dont je me souviens: Elena dont le visage s’illumine devant tout ce qui est Japon, du thé Matcha aux vêtements flyés aux bidets Japonais. Les câlins généreux et uniques de ma fille. Les “I love you” prononcés à l’improviste, et lui tenir la main. Cette maman a été choyée.

2:
L’ultra fonctionalité Japonaise. Si quelque chose est fait dans ce pays, la façon de le faire a été pensé pour que ce soit avec logique et raison. C’était éducatif de voir comment les processus sont efficaces, demandant un effort raisonnable de ceux qui y participent. Résultat: les citoyens participent à la propreté de leurs rues, la circulation de tout ce qui bouge est fluide, que ce soit les piétons, les bus, les métros ou les trains. Comme dit Richard, on participe à une chorégraphie et tout est fluide et rassurant pour le touriste.

3:
Sa nature. Des randonnées dans ses montagnes et forêts sont accessibles et comfortables. Nous avons profité de la glorieuse nature du pays, en marchant dans des forêts de bambou et de magnifiques cèdres rouges. En plein milieu d’une forêt, il y aura quand même des toilettes avec sièges chauffés et des distributeurs de boissons, c’est paisible et comfortable.



Ce que j’ai préféré:
Hakone: village de bains Onsen, et point de départ d’excursion amusant, car il comprend un train de banlieue, un funiculaire et un téléphérique pour explorer les environs. Un parc de sculptures impressionant à même le village.
Tokyo, c’est fou. C’est accéléré, c’est dynamique, c’est moderne et ancien, c’est peuplé. On en a découvert une partie à travers sa mode, avec Elena. Les tendances se promènent du classique au complètement hors de ce monde. C’est des milliers de pas par jour à Tokyo, c’est une stimulation visuelle constante, on a à peine le temps de cligner les yeux, il y a tout simplement trop à voir.

Hokaido, avec sa côte et la mer bleu azur, ses rochers volcaniques noirs et sa verdure avec fleurs de printemps.

La ville a préservée bien des immeubles patrimoines, et la marche par ici nous permettait d’admirer le tout: des temples et églises, plusieurs bâtiments d’architecture soit typique ou d’époque du siècle passé.
Les 7-11 et Family Mart. Ce sont des dépanneurs pour de vrai: on peut y payer ses factures, retirer de l’argent, faire des photocopies et réchauffer la nourriture que l’on y achète. Et les choix de nourriture! Portions de tofu, edamame, toutes sortes de viandes, sandwiches variés, onigiris délicieux, soupes, smoothies que l’on fait sur place, suppléments de nutrition, articles de bureau et essentiels de voyage. Chaque excursion dans ces petits magasins nous faisait découvrir des nouveautés.

Aucun doute que le Japon m’a impressionnée au-delà de mes attentes. J’en retiens un profond respect et une grande admiration pour un peuple qui semble avoir compris comment créer des communautés fonctionnelles et responsables. J’ai appris du Japon, et j’en suis reconnaissante.

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