Richard
Assurément, si vous êtes du côté asiatique, il vous faut faire le détour par Taïwan. Ce n’est peut-être pas une destination qui brille par un glamour éclatant ou par un skyline vertigineux digne des grandes métropoles. Ici, pas de spectacles tape-à-l’œil ni d’attractions surfaites qui promettent monts et merveilles pour finalement décevoir. Taïwan ne cherche pas à impressionner artificiellement, et c’est justement là toute sa force.

Ce qui vous frappe d’abord, presque immédiatement, c’est la bienveillance des gens. Une gentillesse sincère, naturelle, qui ne demande rien en retour. Vous hésitez devant une carte ou cherchez votre chemin ? Quelqu’un s’arrêtera spontanément pour vous aider, parfois même sans parler votre langue, mais toujours avec le sourire. Cette attention constante crée un sentiment de sécurité rare, où l’on se sent libre de se promener, de se perdre même, sans jamais ressentir d’inquiétude.

La vie ici semble plus douce, plus simple. Se déplacer à vélo en ville devient un plaisir plutôt qu’un défi, loin du chaos que l’on peut retrouver ailleurs en Asie du Sud-Est. Tout est fluide, organisé et respectueux. On respire.
Mais Taïwan, c’est avant tout une immersion dans une nature grandiose et accessible. Ici, le spectacle ne se trouve pas dans des artifices, mais dans les éléments eux-mêmes. Le vent qui balaie les côtes, le soleil qui perce à travers les montagnes, la pluie qui nourrit une végétation luxuriante, la mer qui s’étend à perte de vue. Chaque instant est une invitation à ralentir et à observer.
Et le plus remarquable, c’est que cette nature est toujours à portée de main. Grâce à un réseau de transport d’une efficacité remarquable, il suffit de peu de temps pour passer de la ville aux sentiers de randonnée. Les montagnes, les plages, les parcs nationaux : tout est accessible, sans effort démesuré.
On réalise alors à quel point il est rare de pouvoir vivre autant de contrastes en si peu de distance, sans jamais ressentir de pression ou de précipitation.
Taïwan ne se visite pas seulement, elle se ressent. C’est un endroit où l’on redécouvre le plaisir des choses simples, où l’émerveillement ne vient pas du spectaculaire, mais de l’authentique.

Nous avons profondément apprécié nous retrouver ici après plusieurs pays d’Asie du Sud-Est où l’on reste souvent en alerte. À Taïwan, nous avons doucement déposé nos bagages, apaisé le cœur et retrouvé une sérénité précieuse, portés par la douceur de la nature et la bienveillance des gens.
En terminant, nous souhaitons à Taïwan de préserver longtemps sa paix, sa douceur et son identité.
Merci, Taïwan, pour cet accueil si sincère.
Anne
Budget et conseils pratiques
Nous avions prévu un budget de 266 $ par jour pour 41 jours, mais notre budget réel a été d’environ 179 $ par jour. En résumé, nous avons dépensé moins que prévu, notamment parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’activités payantes à Taïwan.
Les Family Mart ne chargent aucun frais pour retirer de l’argent. Les 7-Eleven facturent 100 dollars taïwanais, soit environ 4 $ CAD. La carte EQ, une carte bancaire canadienne, ne charge aucun frais : c’est une bonne carte à avoir en voyage.
Pour les déplacements, prenez une EasyCard ou une iPass pour faciliter vos trajets en MRT et en autobus.

J’ai installé l’application UBike et enregistré nos passes électroniques de transport (T-Pass) après avoir créé un compte. Il suffit d’avoir une carte SIM taïwanaise avec un numéro local. Après cela, c’est simple et très peu coûteux à utiliser. Le plus que nous ayons payé pour ces vélos, c’était 4 $. Nos trajets de moins de trente minutes étaient gratuits. Quelle façon intelligente d’encourager les gens à se déplacer à vélo !
Taïwan, ce sont d’abord les gens. Souvent, une personne taïwanaise nous observait pour voir si nous arrivions à comprendre une pancarte ou un mécanisme, puis s’offrait rapidement pour nous aider. Vraiment, on se sentait soutenus.
C’est aussi l’efficacité des infrastructures qui impressionne. Nous avons utilisé une même carte de transport dans plusieurs villes, pour les autobus, les trains de banlieue, le métro et les vélos. Le transport en commun est tout simplement remarquable.

Ici, on peut facilement remplir nos gourdes d’eau, il y a des toilettes publiques partout, on peut louer des parapluies : tout semble pensé pour améliorer le confort des gens. Il ne faut pas hésiter à visiter Taïwan.
Ce qui nous a marqués: j’ai décidé de faire une liste de mes dix moments préférés:
Yangmingshan National Park
Taipei
Nous y sommes allés en métro, puis avec un petit autobus local qui se remplit vite. Les jardins, le Flower Clock et les cerisiers étaient jolis, mais ce qui nous a le plus marqués, c’est la marche autour des chutes. Nous avons réalisé après coup que le sentier n’était pas recommandé en raison de glissements de terrain. Les pancartes étaient en chinois en haut, là où nous avons commencé, et bilingues en bas. C’est pour cela que nous ne voyions que des étrangers comme nous, haha. Trop tard, et nous avons survécu !

Comme nous n’avions pas assez marché après le circuit du parc, nous avons décidé de descendre la montagne à pied plutôt que de prendre l’autobus. Un peu plus bas sur le chemin, nous hésitions devant une pancarte écrite en chinois quand une femme s’est donné la peine de nous accompagner pour nous montrer le chemin qui quitte la route et longe les canaux d’eau détournés pour l’agriculture. Grâce à sa gentillesse, nous nous sommes retrouvés sur un sentier sans voitures, avec des vues superbes et les plus beaux cerisiers.
Nous avons marché 12 kilomètres.
Elephant Mountain et Thumb Mountain
Nous sommes facilement arrivés au pied d’Elephant Mountain en métro. Les montagnes autour de Taipei sont nombreuses, et un millier de chemins se dessinent sur leurs flancs. Il y aura souvent un temple, des arrêts de pèlerinage, des plateformes d’observation, et même des espaces avec appareils d’exercice, avec postes de défibrillateurs (pas juste un, plusieurs!). C’est fascinant de voir comment ces montagnes sont utilisées de différentes façons. Nous avons même vu un club de badminton en chemin !

Et puis, il y a les marches. Des marches, encore des marches, toujours des marches. J’ai grogné et résisté à la première montée de 500 marches, marmonné et soupiré à la deuxième randonnée de 2 600 marches, puis j’ai finalement abandonné et accepté de ne plus compter à la troisième montée. J’apprécie comment Richard peut magiquement devenir sourd à mes contestations, et me laisser le temps de me gérer.
Monkey Mountain
Le métro nous a menés facilement jusqu’à l’arrêt du zoo de Taipei. De là, nous avons pris des vélos UBike pour traverser l’immense campus universitaire, puis fait une petite marche jusqu’au pied de la montagne.
Comme presque toutes les enseignes et les cartes sont exclusivement en chinois, il nous arrive souvent de dévier de notre route planifiée malgré nous. Cela dit, nous étions en vacances, alors nous faisions simplement comme ça nous plaisait. Nous sommes donc allés jusqu’au fameux temple Zhinan, magnifique et grandiose, perché en haut de sa montagne.

J’ai beaucoup pensé à ma sœur Kathy en montant. Mon souvenir physique le plus puissant de ma sœur, c’est de lui tenir la main. Ce que j’aurais voulu lui tenir la main durant cette randonnée si magnifique, elle aurait adoré autant que moi. Alors, je l’ai invité à me joindre dans mes pensées et mon coeur. Une fois rendue en haut, je lui ai rendu hommage, ainsi qu’à mes parents, en allumant des bâtonnets d’encens. Un peu émotive de cette réunion avec eux, j’ai pu verser mes larmes autour d’un thé et des grignotines offertes gratuitement et avec grande gentillesse au temple. On a pu se reposer tranquillement.
Depuis le temple, nous avons décidé de ne plus suivre la route prévue, qui consistait à prendre la gondole jusqu’au mont Maokong, parce que le chemin de retour n’était pas clair pour nous. Nous avons choisi de redescendre la montagne à pied par la route pour changer de paysage. Au village, nous avons mangé de délicieuses soupes udon dans un café étudiant incroyablement silencieux.
Jiufen et Mount Keelung
Le trajet jusqu’à Jiufen était un peu plus long : métro, puis autobus pendant 45 minutes. Le chauffeur a essayé de nous expliquer, à nous qui étions les seuls deux passagers, qu’il devait faire un arrêt pour mettre de l’essence. Ensuite, il nous a demandé : « Are you hungry? », et j’ai répondu : « Yes! ». Il a alors dit : « Oh! Jiufen! Eat! Eat! Yum! Yum! »

Cet échange avec le chauffeur ressemble à bien d’autres que nous avons eus avec les gens à Taïwan. Il y a une belle volonté de partager et d’aider, et nous avons beaucoup apprécié cela. D’ailleurs, notre chauffeur avait raison : le petit village regorge de stands de nourriture, avec plein d’échantillons. Nous nous sommes arrêtés pour prendre un fish cake pour moi et un plat local de porc pour Richard. Ensuite, nous avons pris un Earl Grey milk tea pour moi et un cappuccino pour mon mec, puis nous avons commencé à marcher vers la montagne.
En chemin, Richard savourait son macaron aux framboises, et je me contentais de goûter des échantillons de biscuit, de nougat et de noix, comme nous l’avait dit le chauffeur : « Eat! Eat! Yum! Yum! »
Bon, assez mangé, et passons aux choses sérieuses : le mont Keelung. Après une petite marche pour sortir du village, on arrive au sentier, qui monte abruptement presque uniquement par des marches. Les vues sur l’océan et sur le port de Shen’ao sont superbes. En descendant, nous avons trouvé un sentier alternatif pour retourner au village. Cela valait le détour : un chemin de terre traversant la forêt et serpentant sur la montagne.
De retour au village, nous avons visité quelques temples et nous nous sommes reposés en attendant que la nuit tombe et que les lanternes s’allument. On dit que Jiufen aurait inspiré la ville dessinée dans Spirited Away. Je me souviens de l’avoir regardé avec Elena. Nous avions vu et beaucoup aimé Castle in the Sky du même réalisateur, mais Spirited Away m’avait semblé un peu trop lourd.
Au final, ce village, avec ses maisons et structures tassées sur ses rues et ruelles qui montent et descendent le flanc de la montagne, est assez magique et vraiment inspirant.
Marché de nuit Raohe et temple Songshan Ciyou
Sur notre retour de Jiufen, nous nous sommes rendus au temple, immense et magnifique, puis au marché de nuit. Nous avons goûté aux champignons king oyster, à un maïs rôti et épicé, et à du steak pour Richard. Tout était bon.
Sun Moon Lake, mon endroit préféré!
Pagode Ci’en et temple Xuang Zang et Zuanguang

Nous avons visité d’abord le temple Xuan Zang. Une moine était là pour nous accueillir, et elle m’a remis une bougie-lotus (4 $) ainsi qu’une prière pour ma famille, en anglais. J’ai lu cette prière devant la statue du moine Xuanzang, qui a voyagé en Chine pour rapporter des écrits bouddhistes. La prière demandait que les membres de ma famille soient protégés du karma négatif dans leur vie.
Je ne suis ni bouddhiste ni vraiment religieuse, mais quand nous visitons des temples ici en Asie, loin de ma famille et de mes amis, je suis souvent émue. Je suis dans des lieux si uniques et beaux que je pense souvent à une personne que j’aime, et à ce qu’elle apprécierait en voyant ce que je vois. Ces espaces me donnent des moments pour continuer mon deuil de ceux qui ne sont plus là, rendre hommage à ma mère et penser à mes enfants, ma famille et mes amis. J’apprécie beaucoup ces moments, car le temps s’arrête et mon cœur s’ouvre.

Nous avons ensuite continué vers la pagode. C’était une journée ennuagée, et les nuages étaient bas. Nous avions l’impression d’être seuls au monde. La pagode se dressait comme un fantôme dans la brume. C’était impressionnant, et photogénique!

Nous sommes descendus ensuite vers le deuxième temple, Xuanguang, juste à côté d’un arrêt d’autobus. Ce temple était petit et magnifique, avec son jardin de cerisiers en fleurs et des orchidées qui poussaient sur les arbres. Les vues depuis ce temple, surtout aujourd’hui avec le ciel si gris et l’eau si bleue, étaient superbes. Nous avons marché à peine 10 000 pas ce jour-là, mais le paysage nous a marqués.
Kenting

Randonnée dans la forêt de Kenting

Il faut absolument visiter cette forêt digne d’un conte de fées. C’est magnifique. La forêt est très très belle, avec sa variété d’arbres, ses grottes, ses fleurs, ses oiseaux, juste magnifique. Il y a une structure avec vue sur le toit et restaurant au sixième. Un tout petit autobus local monte là-haut, et il se remplit vite. Sinon, un taxi vous y conduit pour douze dollars. Nous avons pris le minibus pour monter, puis nous sommes descendus à pied. Il y a des macaques sur le chemin, mais comme ceux rencontrés dans le parc, ils ne sont pas agressifs du tout.

Kaohsiung
Pier 2
Tout autour, c’est beau, moderne et photogénique. On peut visiter le pont pivotant, de vieilles usines transformées en restos, boutiques et galeries d’art. Il y a des sculptures et des murales partout. Le marché de nuit offrait des options différentes : riz frit au saumon, tartelettes salées à différentes saveurs, cocktails en bouteille faits sur place. Il y avait aussi un espace vert où s’asseoir et écouter les chansonniers.

Lotus Lake
Un immense lac en pleine ville, entouré de temples : quelque chose à voir ! Nous en avons fait le tour avec des UBike. Les tempes sont “bigger than life”, avec des statues immenses. Il y en a aussi des plus traditionnelles à visiter.

Il y avait encore plus à découvrir dans cette ville dynamique, mais nous avons manqué de temps…
Un peu partout, les papillons!
Les papillons étaient présent à chaque randonnée. Je n’ai jamais vu une telle variété de ces insectes!
Pour résumer…
Taïwan nous a offert un beau mélange de douceur, de simplicité et de beauté discrète. Ce n’est pas un pays qui cherche à impressionner par des effets spectaculaires ; il séduit autrement, par sa fluidité, par ses paysages, par l’attention de ses habitants et par la facilité avec laquelle on s’y sent bien. C’est un pays qui est constant dans la beauté de sa nature et la bonté des ses gens. Merci, Taïwan, pour ta bienveillance et ta nature.
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