Le sac à dos : ma crise existentielle à bretelles
Le sac à dos : ma crise existentielle à bretelles -Anne

C’est presque gênant de l’avouer, mais j’ai passé un temps indécent – et une quantité d’énergie mentale franchement suspecte – à réfléchir à ce que je devais mettre dans mon sac à dos.
Richard rit déjà. Combien de fois m’a-t-il vue brandir les bras, triomphante : « Mon sac est complet ! », pour ensuite tout redéfaire à cause d’un short en lin douteux ou d’un chandail qui n’avait pas le bon équilibre de coton et d’élasthanne.

Pourquoi tant de stress ? Aucune idée. ChatGPT, mon psy de poche, m’a expliqué que c’est normal : on cherche à se rassurer, à se sentir prête, à garder un peu de contrôle dans le chaos de l’aventure.
Grâce à ces réponses rassurantes et validantes, j’ai donc continué -obsessionnelle, mais rassurée.

Mon sac, c’est moi (en version compressée)

Ce n’est pas qu’un sac. C’est mon mini-dressing, ma pharmacie, mon studio d’art, mon kit de survie. Et il doit contenir deux ans de vie, entre jungles, volcans, temples, villes et mers.

C’est un Osprey Fairview 55 litres : en fait, ce sont deux sacs à dos qui donnent un total de 55 litres, l’un de 40 L et l’autre de 15 L.
Lorsque nous les avons testés aux îles Canaries, je me suis dit qu’il me fallait encore moins de choses. Il est petit. Très petit: du genre : “bonjour l’austérité textile”, et “cela fait trois jours que je porte le même kit”.

Objectif 1 : 7 kilos pour le 40 L et 3 kilos pour le 15 L
Objectif 2 : Avoir des vêtements pour le confort, le multi-sport et la météo floue.

Je me prépare à tout :
Randos, vélo, plage, plongée, surf, yoga…
De la canicule au froid de montagne.
D’un ensemble un peu chic “resto” ou “temple”,  à la randonnée en jungle qui risque de briser bien des vêtements.

Et bien sûr, les incontournables : foulard magique, masque d’apnée, laine mérino et vêtements qui sèchent vite.
Et non, je n’ai toujours pas tranché sur l’urinoir portatif. L’idée me séduit autant qu’elle m’effraie.

Le vrai dilemme : les vêtements

J’ai laissé derrière meubles, bibelots et maison… mais les vêtements, c’est plus dur.  Probablement parce-que c’est tout ce qui me reste, et donc j’y ai planté beaucoup d’attachements. De plus, j’ai dû mettre en entrepôt les chandails de mon père, ma soeur et ma mère, auxquels je faisais régulièrement des câlins de passage dans ma garde-robe…

Mon gros pantalon mou le plus confo au monde ? Niet.

Mes bas qui ne servent que sur le sofa avec une petite couverture et mon chum à côté ? = Bannis.

La leçon de tout ça ?
Moins, c’est plus.
Moins de choses, moins de décisions, moins de perte de temps à chercher son top préféré resté au fond du sac.
Et tout est (presque) remplaçable.

Je serai contente d’avoir avec moi ce petit kit à dessin et aquarelle. 

Si vous avez des questions au sujet du contenu de mon sac à dos, n’hésitez pas…

Suivi sac à dos, après le départ

Malgré que je suis contente d’avoir les aquarelles avec moi, c’est vrai que ça prend de la place. Mon sac 40 litres pèse 11 kilos et mon sac 15 litres en pèse 4 kilos. C’est un peu trop je pense, mais j’en suis au minimum en vêtements… saw

Sac à dos, mon futur coloc de galère -Richard

Faire un tour du monde, c’est partir à la rencontre de l’inconnu, des autres, de soi-même… et surtout de ses limites de bagage cabine. Entre 7 et 10 kg pour la grande majorité des compagnies aériennes « low cost ». Parce qu’avant même de mettre un pied hors de chez soi, la première vraie aventure, c’est de faire son sac.

Trois paires de bobettes roulées façon sushi, deux t-shirts techniques en fibre de licorne rose, une trousse de premiers soins capable de soutenir une expédition polaire… Et malgré tout ça, cette impression persistante d’avoir oublié l’essentiel. Et je le sais : au fin fond du Laos, un mardi, je vais me dire : « Merde… j’aurais donc dû l’apporter… je le savais ! »

Parce qu’en vrai, ce sac, c’est un peu ma bouée. Il doit contenir tout ce dont j’aurai besoin pour plusieurs mois, voire plus. Ma maison mobile. Ma garde-robe. Ma pharmacie. Mon kit de survie. Et aussi, apparemment, mon anxiété, soigneusement compartimentée dans un sac Ziploc.

Mais pour être bien honnête : le sac n’a jamais été le vrai problème pour moi. C’est mon besoin de tout contrôler. Je veux prévoir chaque météo, chaque inconfort, chaque imprévu — comme si une paire de sandales fermées allait nous sauver d’une invasion de moustiques ou d’une crise existentielle au fin fond du Sumatra avec les orangs-outans.

Alors, comme vous voyez, bien avant de partir, je dois déjà commencer à me délester. Me rendre, moi-même, plus léger.

Le vrai luxe, ce sera de me libérer de certains poids invisibles pour augmenter ma capacité à m’adapter. Parce qu’entre vous et moi, je me fous pas mal de devoir m’acheter un t-shirt moche dans un marché local parce que mon préféré est resté au fond d’un tuk-tuk à 800 kilomètres de là.

Je me fous pas mal aussi d’échanger ma serviette microfibre contre une feuille de palmier — à l’efficacité discutable, mais à l’esthétique garantie. Lol!

Au fil de cette préparation, et des nombreuses discussions avec Anne, on comprend peu à peu que voyager léger, ce n’est pas juste une affaire de kilos. C’est un état d’esprit.

Alors oui, rouler, plier, compresser, c’est important. Mais j’aime mieux me rappeler que si Bouddha a atteint l’illumination pieds nus ou en sandales (aucune idée), je peux probablement survivre à 18 mois de voyage sans mes vêtements “hi-tech”.

Bref, je ne suis pas encore parti, mais je commence déjà à apprendre à lâcher prise. Une paire de bas à la fois.

Ah oui ! J’ai aussi attaché un petit fil de métal avec un mousqueton entre mon sac et celui d’Anne. Vous savez pourquoi ?
Pour ne pas perdre Anne. LOL.

Si vous avez des questions d’ordre technique, n’hésitez pas !

Je retourne à mes sacs…

Richard

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